‹ Récits de l'histoire romaine au Ve siècleChapitre 171 sur 251 · Donec pulvereo ^b turbine sideris instar · texte numérisé non relu

Donec pulvereo ^b turbine sideris instar

Emicuit Stilichonis apex, et cognita fulsit Canities...

Claud. , de BelL Getic, v. 458 et seqq. 2 .... Gavisa repens prr mœnia clamor

Tollitur, h>sE venit!

Claud., de Bell. Getic, v. 460, 461.

DÉFAITE D'ALARIC A POLLENTIA 295

convenait mieux, et le fils du grand Tliéodose pouvait s'y rassurer à l'abri de marais impénétrables ^ Stilicon l'y conduisit et disposa une partie de ses troupes dans la Cispadane, couvrant les abords de Ravenne et surtout ceux de Rome, si les Goths, ce qu'on pouvait craindre, tentaient une percée sur l'Apennin par la route de Bologne.

L'ensemble des mesures prises par le régent consista d'un côté à défendre l'Empereur, de l'autre la cité, tête et cœur de l'Empire, et à observer les mouvements d'Alaric, en laissant cette armée désordonnée se consumer d'elle-même. Pour cela il fallait abandonner les villes de la Vénétie et de la Ligurie à leur propre défense : Stilicon n'hésita pas à le faire, et la suite prouva qu'il avait raison. Bloqué en quelque sorte dans la Transpadane orientale, la pillant, la saccageant tout à son aise, Alaric n'en avait pas moins renoué ses négociations avec Honorius. Les propositions du Balthe étaient toujours les mêmes, avec plus d'impudence que par le passé : « 11 venait se mettre au service de l'Empereur d'Occident, il demandait, suivant son habitude, soit qu'on lui octroyât un cantonnement en Italie, soit qu'on le fît passer en Gaule, afin de garder les provinces occidentales contre les entreprises des Barbares, ennemis de l'Empire. »

La situation des Goths, tout maîtres qu'ils fussent du pays, n'était pourtant ni sans fatigue ni sans danger : à chaque pas des rivières profondes, des villes closes, des

1. Cod, Theod., VU, tit. xm, 1. 15; XII, vi, 29; VII, xvii,i. — Cf. Gothofred., Chronogr,^ p. 145.

plaines inondées, à l'aide desquelles parfois les habitants savaient se défendre. Quand les chariots furent remplis de butin et que les chaleurs du printemps commencèrent à se faire sentir, une partie de l'armée se dégoûta et voulut retourner en Illyrie. Alaric s'y refusa obstinément, ^t, comme plus d'un chef influent approuvait le départ, il se tint sous la tente du roi un conseil dont les délibérations orageuses, divulguées au dehors, ont donné matière à un des plus curieux tableaux de Claudien. Le poète nous peint sous un aspect assez imposant ce sénat de Barbares courbés par l'âge, à la chevelure fauve et pendante, au visage couture de cicatrices, aux manteaux de peau ^ : élite de ces hommes qui avaient épouvanté l'Orient pendant un demisiècle, tué un Empereur et dépouillé la Grèce du trésor des arts. Chacun d'eux tenait dans sa main une haute lance à poignq.e d'ivoire, tout à la fois son bâton, son ■ arme et l'insigne de son rang.

L'orateur du conseil, qui comptait parmi les plus considérables et les plus âgés des Goths, avait été, au dire du poëte, le père nourricier d'Alaric, son tuteur dans l'enfance, son soldat dévoué plus tard. C'était lui dont la main avait attaché le premier carquois aux épaules du jeune homme aujourd'hui son roi. Par tous ces titres il se croyait le privilège de lui parler librement, etil voulut plaider cette foispourle salut commun. « Alaric, lui dit-il, il y a trente hivers déjà que notre

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