Pervenit ad fluviuin (miri cognominis) Urbem
Claud. , de 8eU, Getic, » v. 555.
302 RÉCITS DE L'HISTOIRE ROMAINE l
dit, qui contenait la femme et les fils du roi, avec : son trésor, ainsi que les familles et le butin de rarmée. •
Stilicon avait dressé le sien à l'opposite, interceptant à son ennemi l'accès des Alpes, et le resserrant entre la forêt et le fleuve. Le soleil levant les trouva dans cette position. Ce jour, ainsi que nous l'avons dit, était celui de la fête de Pâques, la première des solennités chrétiennes; et comme si, par un accord tacite des deux chefs, il était convenu qu'on ne profanerait point la sainteté du jour par une effusion de sang humain, aucun mouvement ne s'apercevait ni dans un camp ni dans Tautre. Les Romains purent même en toute assurance vaquer à leurs devoirs religieux, et, suivant l'expression d'un contemporain, « adorer les autels de Dieu^; » mais cette quiétude fut interrompue tout à coup par des cris accompagnés d'un grand tumulte: c'était le corps de l'infanterie gothique auxiliaire qui engageait le combat. Avait-elle été provoquée? provo- , quait-elle elle-même? L'inimitié des Goths d'Alaric contre les Goths de Saûl avait-elle amené d'abord des menaces, puis des attaques aux avant-postes des deux armées, ou le défenseur païen de la cause catholique se riait-il des scrupules chrétiens, -quand s'offrait à lui une bonne occasion de combattre? On ne le sut jamais. L'histoire témoigne seulement que le général romain fut étranger à cette prise d'armes*.