Hujus adoratis altaribus
Prudent. , Contr, Symm, , ii.
'2. Sauli improbitate reverendissimi dies ot sanctum Pascha violatum est, cedentique hosti propter religionem, ut pugnaret exortam est. Oros., vu, 37.
DÉFAITE D'ALARIC A POLLENTIA 303
Le combat une fois engagé, Stilicon dut le soutenir, et fit sonner le plairon d'appel. Les légions se rangèrent en bataille, précédées du labarum, que portait le draconnaire de la première cohorte, et chaque chrétien traça le signe de la croix sur son front, comme ane sauvegarde et un acte de foi ^ Stilicon parcourait k cheval les rangs, infanterie et cavalerie, animant de » voix les officiers et les soldats, et donnant ses instructions aux chefs auxiliaires. Quand il arriva au commandant des Alains, au lieu d'éloges et d'encouragements, il n'eut pour lui que paroles de défiance et iaretés. C'était un homme petit et faible de corps, en juî la nature avait mis un grand cœur et une énergie indomptable ^ Sous les soupçons du général, il comprima son indignation, mais ses yeux lançaient de ombres éclairs. Au moment de charger, ramassant toute sa force, il fait signe à ses escadrons de le suivre, 5t se jette tête baissée sur les Golhs, là où il voit les bataillons les plus serrés. Il les enfonce, les culbute, Bt fait face lui même à vingt ennemis à la fois; mais H)n corps n'est bientôt plus qu'une vaste plaie. Stilicon, îflfrayé de son audace, lui envoie l'ordre de revenir : l'enfant du Caucase obéit, revient, montre ses blessures, 3t tombe aux pieds de son chef, mort et justifié.
i. Bt, cruce fronti
Inscripta, cecinere tubsB : prima hasta draconcs Praecurrit, quœ Christi apicem sublimior offert.
Prudent., contr. Symm.f ii.
2* Cui natura brèves animis ingentibus artus
Fiûxerat, immanique oculos infecerat ira.
Claud., de Bell. Getic, v. 584, 585.
30i RÉCITS DE L'HISTOIRE ROMAINE
Cet incident faillit tout perdre, car la cavalerie alaine, privée de son guide et ne sachant que devenir, tourne bride et se débande. L'armée entière eût élé entraînée, si Stilicon, prenant une légion avec lui. n'eût arrêté les Goths, qui se croyaient déjà vainqueurs, et laissé aux escadrons auxiliaires le temps de se reformer. Le combat se rétablit; mais la journée fat rude et sanglante. Stilicon se portait sur tous les points qui semblaient menacés, remplissant le double rôle de général et de soldat. Une manœuvre heureuse amena les légions jusqu'au camp d'Alaric, qui fut attaqué et pris : le roi goth perdit alors courage et donna le signal de la retraite.
Tout le butin des Barbares resta au pouvoir du vainqueur : c'étaient des chariots pleins d'or et d'argent, des vêtements somptueux, des vases, «les statues, fruits des dévastations de la Grèce. Les Goths fugitifs semaient ces trésors devant les pas des Romains pour arrêter leur poursuite ; mais le légionnaire songeait plus à tuer qu'à piller . Le butin le plus précieux aux yeux de Stilicon fut la femme d'Alaric, prise avec ses enfants dans sa maison roulante^ On trouva aussi dans le camp une foule de captifs italiens ou grecs, dont cette victoire brisait les fers. Rendus à la liberté après de longues souffrances et ne sachant comment exprimer leur joie, ces malheureuxembrassaientlesgenouxdeleurs libérateurs et couvraient de baisers des mains dégouttantes de sang.