Sed pigaora nobis
Romanus carasque nurus, prœdamque tencbat.
Claud. , de Sexto consul, fionoriiy v. 297, 298.
DÉFAITE D'ALARIC A POLLENTIA 305
Alarîc, pendant ce temps-là, faisait retraite le long du Tanaro ; abrité par la forêt, il se réfugia dans les murs d'Asti. Stilicon vint l'en débusquer, il y eut encore sur les bords de la petite rivière appelée la Ville un combat où les Romains eurent l'avantage. Passant alors le Tanaro, Alaric se retrancha dans une position formidable sur un des mamelons de l'Apennin. Il eût été difficile de l'y forcer, et une bataille perdue ou bien une marche désespérée du Balthe pouvait mettre la Toscane, Rome môme en danger : Stilicon préféra ouvrir l'oreille à des propositions. Pour témoigner d'un sincère désir de conciliation, il renvoya au Barbare sa femme prisonnière, ne gardant près de lui que ses fils. Ce fut Stilicon qui posa lui-même les conditions de la paix, et il ne les dicta pas trop dures . Il fut convenu qu'Alaric sortirait de l'Italie par le même chemin qu'il y était entré, sans commettre ni vexations ni dégâts : ses enfants devaient servir de gages à la fidélité de ses promesses.
Il repassa donc le Pô dans l'attitude d'un vaincu, et traversa de nouveau la Ligurie sans s'arrêter. L'armée romaine le suivait en bon ordre avec toute la confiance de la victoire et le ferme propos d'exterminer les Goths, s'ils faisaient mine de violer le traité. Gependant toutes les humiliations pleuvaient sur cet homme, jadis si fier; la désertion se mit dans son armée; les soldats lui redemandaient leur butin et leurs familles et il avait à subir chaque jour les reproches de ceux dont il avait repoussé les avis'. L'idée de reparaître