‹ Récits de l'histoire romaine au Ve siècleChapitre 178 sur 251 · Nec magis insignis Pauli Mariique triumphus · texte numérisé non relu

Nec magis insignis Pauli Mariique triumphus

Claud. , de Bell. Getic. , v. 126. — Cf de Consul. Stilich, , prœfat.

toujours échapper, le réservant au saccagement de Rome^

Ces choses se dirent, s'écrivirent, se publièrent plus tard : on ne les avait pas encore imaginées ; le temps de rinjustice et de l'ingratitude n'était pas venu pour cet homme, dont les services étaient trop récents. La gloire qui l'environnait alors était donc sans mélange. Il voulut la reterser en partie sur son gendre en l'amenant dans Rome à la demande du sénat, comme pour rétablir la paix entre les Empereurs chrétiens et la ville des dieux. Honorius y vint de Ravenne, escorté par l'armée victorieuse, et son entrée se fit dans un char triomphal, Stilicon debout à son côté*. C'était la quatrièjne fois seulement depuis Constantin qu'un César adorateur du Christ visitait la cité de Jules César et d'Auguste. iMû par un sentiment respectueux dont Rome lui sut gré, Honorius ne souffrit point que les sénateurs marchassent à pied devant son char, quoique ce fût le cérémonial consacré; mais il y fit marcher l'un près de l'autre sa sœur Placidie et le jeune Euchérius, son beau-frère. Le sauveur de l'Italie était tout-puissaût; ^rien pour le moment n'osait résister à ses désirs, et il voulut engager irrévocablement le mariage qu'il souhaitait avec tant d'ardeur, en montrant à la face du

1. Taceo de Alarico rege cum Gothis suis, ssepc yicto, saepe conclusO; semporque dimisso. Gros. , vu, 37.

2, Tum tibi magnorum mercem Fortuna laborum Persolvit, Stilicho; curru quum reclus eodem Urbe triumphantem generum florente juventa Conspiceres...

Claud., de Sexto consul, Honorii, v. 578 etscqq.

monde son fils et la fille de Théodose réunis côte à côte comme deux fiancés. Avoir brisé le caractère de l'orgueilleuse jeune fille ne fut peut-être pas la moindre victoire de Stilicon; mais ce fut son dernier triomphe.

Rome, en efl'et, sembla s'être réconciliée avec les Empereurs chrétiens : Honorius y prît son sixième consulat au 1'^ janvier /|04, et la date de ses lois témoigne qu'il y demeura une grande partie de l'année: c'était une exception notable et rare que des lois romaines fussent datées de Rome^ Le sénat eût souhaité l'y retenir toujours, et le poëte, interprète du sentiment public, osa dire au prince, en faisant parler la Ville éternelle : «Cent ans se sont écoulés depuis que les Césars ont déserté mes murs ; pendant ces vingt lustres je ne les ai revus que trois fois^ et chaque fois ils venaient m'oflfrir en spectacle les roues de leur char rougies de sang romain^ comme si une pieuse mère pouvait se réjouir dans le deuil de ses enfants I Ceux qui avaient succombé étaient des tyrans, soit ; mais leur perte n'en était pas moins une blessure à mon sein. Entre enfants de la même patrie, frères naguère sous le même drapeau, la victoire est sans honneur, et la défaite digne

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