‹ Récits de l'histoire romaine au Ve siècleChapitre 180 sur 251 · justisque furoris · texte numérisé non relu

justisque furoris

Externi spoliis sontes absolve triumphos.

Claud. , de Sexto con$uU Honorii, v. 405, 400.

2, Theodorus enim, vir illustris, Mediolanensinm legatione suBcepta, eniti dicitur, ut senatus potitionibus provinciale desiderium pne* feratur. Symm. , Ep. vi, 53.

plîquaient assez Torgueil et l'intérêt municipal. Honorius les mit d'accord en choisissant Ravenne, séjour qui convenait à son caractère timide et à ses occupations puériles, bien mieux que Milan, où Ton courait risque d'être surpris par un coup de inain, et que Rome, où, après tout, la postérité de Théodose se trouvait mal à l'aise en face d'une aristocratie hautaine, exclusive, polythéiste par situation ou par devoir.

L'année suivante, — car les périls s'accumulaient sur Stilicon comme pour éprouver son génie — un danger nouveau et plus grand, parti non plus de Test, mais du nord de l'Empire, fit oublier dans Rome Alaric et les frayeurs de Pollentia. Les Huns, maîtres des steppes du Dnieper, d'où ils avaient balayé les Visigoths, s'avançaient vers la frontière romaine par un progrès irrésistible. Chaque année, le camp de chariots où siégeait leur roi faisait un pas de plus le long du Danube. Ils occupaient maintenant le grand amphithéâtre des Garpathes et fondaient au milieu des marécages de la Theiss cette domination qui fut si longtemps le fléau de l'Europe. Tout cédait ou fuyait devant ces hordes hideuses où l'imagination des Germains croyait voir une armée de démons, issus du commerce impur des sorcières avec les esprits infernaux ^ Des peuples de toute race, refoulés, déplacés, encombraient la vallée du Danube, se croisant, se choquant, se culbutant les uns les autres. Comme un lac soulevé qui se creuse un passage, cette masse de nations, pressée à l'est et au nord, déborda vers l'ouest

1. Voir mon Hist, d^ Attila, de ses fils et de ses successeurs, t. I.

et le midi. Deux grands courants d'émigration se formèrent : y un qui menaçait l'Italie par les Alpes, à travers la Pannonie, l'autre qui, remontant le Danube sur ses deux rives, marchait dans la direction de la Gaule.

Le premier courant déboucha sur la Ligurie par les Alpes tridentines, à Timproviste, et avant qu'aucune mesure eût été prise pour fermer lespassages\ C'était une multitude confuse d'hommes, de femmes, d'enfants, appartenant à toutes les races, parlant tous les idiomes barbares*. On y comptait, les uns disent deux cent mille', les autres quatre cent mille hommes armés*; douze cents chefs les commandaient et obéissaient à leur tour à un roi de guerre, qui se nommait Rodogaîse ou Radagaise*.

Radagaise était Goth de naissance, mais son nom rappelait celui d'une divinité vendo-slave, Radegast, dieu de la guerre et des conquêtes, auquel peut-être ce chef d'aventuriers s'était lui-même consacré, car il était prêtre et roi. On lé voyait chaque jour consulter

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