‹ Récits de l'histoire romaine au Ve siècleChapitre 191 sur 251 · NuUa tamen idcirco suspicione grayatam. Zosini., v · texte numérisé non relu

NuUa tamen idcirco suspicione grayatam. Zosini., v

PREMIER SIÈGE DE ROME 3Zi7

durant le trajet, et ils arrivèrent à Rome avec leur double dépôt. Térentius y remplit sa mission en serviteur exact et scrupuleux; il ne repartit point sans avoir vu tomber la tête d'Euchérius et remis Tlmpératrice aux mains de sa mère^ Toutefois il se garda bien de revenir par le même chemin, tant il craignit une nouvelle rencontre des Barbares. Un navire frété au port d*Ostie le ramena, en longeant les côtes de la Campanie et des Abruzzes, jusqu'à son maître, qui le paya généreusement par la charge de grand chambellan; son compagnon Arsace eut le second rang parmi les eunuques du palais : tous deux devinrent les conseillers intimes d'Honorius, comme ils avaient été les instruments de ses méfaits^

Cependant les assassins de Stilicon, dans la première ivresse du succès, faisaient main basse sur toutes les places, se partageaient toutes les dignités de l'Empire d'Occident. Olympius s'attribua d'abord, sous le titre de maître des offices, le pouvoir absolu qu'avait possédé sa victime ^ L'officier romain qui avait rempli le rôle de bourreau lors de l'exécution du régent, Héraclianus, reçut pour cet infâme service le gouvernement des provinces africaines que régissait le comte Bathanarius,

1. Quam autem et in his eunucbi fecissent, quod jussi fueranti et Thermantiam, Honorii conjugem, matri reddidissent... Zosim., v,37.

2. Magno vero commodo reipublicœ futurum ratus Imperator, si hos eanuchos qui Thermantiam matri reddiderant, et Eucherium interfecerant, pro tam fortibus factis remuneraretur. Zosim., v, 37.

3. Olympius quidem ipse magistri potestatem accipiebat : caetera princeps in eos distribuebat, quos Olympius testimonio suo commendasset. Zosim., v, 35. — Olympiod., Fragm, 8, p. 59, ud sup.

mari de la sœur de Stilicon*. Arrivé à Carthage avec un rescrit de l'Empereur, il fit saisir Bathanarius, le mit à mort et s'installa à sa place. Sous la main de ce misérable, Olympius tenait Rome, dont la subsistance resta dès lors à sa discrétion.

Ce n'était pas tout que de s'emparer du pouvoir par un meurtre, il fallait encore justifier ce meurtre aui yeux du monde et convaincre Honorius qu'il avait été sauvé. Olympius avait pour cela besoin d'une conspiration : il se mit en devoir de la découvrir, et chercha des coupables avec une audace inouïe. On le vit jeter d'abord son dévolu sur deux personnages considérables attachés à la personne du prince, Pierre, primicier notaire, et le grand chambellan, Deutérius; mis en jugement comme confidents et complices des attentats de Stilicon, ils furent interrogés publiquement, puis soumis à toutes les rigueurs de la question. Comme ces hommes honorables protestaient, au milieu des supplices et avec une héroïque fermeté, de Pinnocence du régent non moins que de la leur, Olympius les fit assommer à coups de bâton ". Ses autres tentatives, ne réussirent pas mieux. Il eut beau choisir ses victimes dans tous les rangs, les bourreaux n'obtinrent aucun aveu, et le maître des offices aucun indice de la consplralion qu'il cherchait.

Arrêté ainsi dans son plan d'exécution en grand

1. Eain provinciam Heracliano tradidit, cui manu sua Stilichonem interfecit. Zosim., v, 37. — Tir. Pposp., Chron.

2. Qusestioni publicœ subjecti, de Stilichone quid dicere coguDtur, sed quum nihil haberent... ad mortem usque fastibus eos cœdi cortvit. Zosim., y, 35.

par le courage des accusés, Olympius se rejeta sur les confiscations, dont il élargit d'autant plus le cercle qu'il s'enrichissait en se vengeant. Un décret que nous avons encore déclara dévolus au fisc impérial les biens du brigand, de V ennemi 'public, et ceux de ses satellites ^ Ce dernier mot, d'une signification indéterminée, pouvait comprendre non-seulement les anciens amis de Stilicon, mais encore ceux qui avaient coopéré à ses actes et obéi à ses ordres quand il avait le droit d'en donner et, par une extension facile à prévoir, il atteignait quiconque osait résister ou déplaisait à Olympius. On mit d'abord la main sur les propriétés du brigand; ses intendants furent tenus, sous les plus fortes peines, de dénoncer tout ce qu'il possédait de meubles et d'immeubles, ainsi que l'endroit où ils se trouvaient*, et, pour prévenir toute dissimulation possible, le décret annula les créances que des tiers pourraient présenter sur le condamnée Les amis connus de Stilicon et ceux que, pour une raison ou pour une autre, on engloba dans la catégorie des satellites, furent frappés de semblables mesures. La plus grande rigueur était exigée des agents du fisc, et les ménagements, l'équité même, pouvaient tourner contre eux comme des prévarications taxées de complicité ou de connivence avec les proscrits. L'intendant des largesses sacrées, Héliocrates, chargé de la poursuite des confiscations à l'intérieur de Rome,

1. Prsedoni piiblico, vel ejus filio, ceterisque satellitibus. Cod, Theod,, IX, tit. xlii, 1. 22.

Page 1