AugoBt., Ep.91, Opp., t. II, col
Les trois lois que je viens de citer furent les principales. Gomme Faction et le but n'en étaient pas moins politiques que religieux, et se liaient d'ailleurs étroitement aux éyénements qui devaient suivre, je m'arrêterai quelques instants sur chacune de ces lois, afin de bien montrer l'attitude et Tesprit du parti vainqueur au lendemain de la chute de Stilicon.
J'ai parlé précédemment* de la juridiction civile des évoques, de ce for ecclésiastique imprudemment introduit par Gratien et Théodose au sein de la société romaine. Les lois de Stilicon Pavaient réduit à un simple arbitrage, limité d'ailleurs dans son exercice à certaines matières de médiocre importance. La loi du 13 décembre lui rendit son ancien caractère de juridiction proprement dite, et l'aggrava encore en faisant cette juridiction sans appel et l'étendant à toutes ou presque toutes les matières civiles, ce qui mettait l'évêque audessus des gouverneurs de provinces et l'assimilait au préfet du prétoire'. Un privilège si exorbitant ne causa pourtant pas dans le clergé une reconnaissance enthousiaste. Le clergé n'y voulut point voir un octroi du prince, mais la restitution d'un droit inhérent au caractère du prêtre. La justice vient de Dieu : or, qui peut la mieux dispenser sur terre que les chefs du sacerdoce, qui lient et délient au ciel? Saint Paul ne recommande-t-il pas aux fldèles de ne point porter leurs différends devant les tribunaux du siècle, mais de prendre pour juges des choses de cette vie les saints qui jugent jusqu'aux