‹ Récits de l'histoire romaine au Ve siècleChapitre 202 sur 251 · Greg. Tur., Hist, Francor,, ii · texte numérisé non relu

Greg. Tur., Hist, Francor,, ii

3. Quum Alaricus missis ad Honorium legatis, de pace, repulsam tulisset. Sozom., ix, 6.

4. Vcl differendum erat bellum, induciis modica pecunia quadam impetratis. Zosim., y^ 36.

maît cette administration, tout occupée de questions de parti, qui provoquait de gaieté de cœur la guerre étrangère à l'instant même où, par l'expulsion des Barbares fédérés, elle brisait le nerf de Farmée romaine.

Ce n'était, en effet, ni Turpillion, ni Varane, qui pouvaient rendre la confiance aux troupes , désorganisées, et la présence de Vigilantius à la tête des cohortes palatines n'était bonne qu'à discréditer une milice brave, habituée à servir sous des chefs éprouvés*. Olympius, malgré tout, se mita concentrer une armée qu'ir re nferma dans Ravenne, derrière les marais et les fossés qui entouraient la place; il ordonna en outre des levées d'hommes en Italie, mais sans succès. L'esprit de suite et de direction intelligente manquait à ce gouvernement pour les petites, comme pour les grandes choses : les mouvements de troupes s'opéraient au hasard, sans vue d'ensemble, en dégarnissant la plupart des villes fortifiées du nord; on laissait libre le débouché des Alpes en face d'Alaric; on ne songea pas davantage à fermer les gorges de l'Apennin, qui livraient à l'ennemi la route de Rome. Les mesures prises n'eurent qu'un but : couvrir dans leur repaire impénétrable Honorius, ses ministres et ses eunuques; Rome et l'Italie furent abandonnées.

Lorsqu'Alaric eut mis ainsi de son côté l'apparence du droit, il n'hésita plus à marcher, et, sans attendre l'arrivée de son beau-frère, il gagna la frontière italienne

i. Duces exercituj dédit eos, qui sui contemptum in animis oxcitare possent, equitatui Turpillione, pedestribus copiis Varano praefecto, itidemque domesticorum alae Vigilantio. Zosim., v, 36,

avec autant de précipitation qu'iravait montré jusque-là de lenteur. Entré en Italie, il passa près d'Aquilée sans l'assiéger; Concordia, Altinum, Crémone ne le retinrent pas davantage: il franchit le Pô dans cette dernière ville, avant d'avoir rencontré un seul ennemi. « On eût cru assistera une fête militaire\ » disent les historiens, tant il y avait d'ordre et de régularité dans la marche du Barbare, de calme dans les populations qu'il traversait! Sur la rive droite du Pô, près de Bologne, il prit et démantela le château d'Œlcubaria, àont la garnison, vaillante et animée, à ce qu'il parait, avait gêné sa marche et pouvait gêner sa retraite ^ puis, longeant les marais de Ravenne jusqu'aux portes d'Ariminum, il présenta à l'armée impériale un défi que celleci n'accepta point. Il ne fit pourtant que passer, laissant Ravenne à sa gauche; mais il dévasta cruellement le pays vers Ancône et jusqu'à la frontière du Picénum, brûlant, pillant détruisant tout, afin qu'il ne restât rien après lui de ce qui pouvait ravitailler Tennemi, 11 franchit ensuite le col de l'Apennin qui conduisait dans la vallée de la Nera et de là dans celle du Tibre. C'était la principale route d'étape de Rome à l'Adriatique : des villes importantes, des châteaux forts la garnissaient dans tout son parcours; il saccagea les premières et rasa les seconds^ Tout fuyait devant lui ; les habitants se cachaient, les garnisons se repliaient sur Rome avec une partie des populations fugitives. Il parcourut ainsi

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