‹ Récits de l'histoire romaine au Ve siècleChapitre 204 sur 251 · Opinioni suae salutem Urbis anteponens. Zosim., v, il · texte numérisé non relu

Opinioni suae salutem Urbis anteponens. Zosim., v, il

poserait pointa ce que d'autres que lui pouvaient juger utile au salut commun, mais qu'il y mettait pour condition que la cérémonie n'eût point un caractère public. C'était se tirer habilement d'un piège, car les païens, sur sa réponse, ne pouvaient accuser les chrétiens de comploter leur ruine et d'être d'intelligence avec l'ennemi et d'un autre côté l'évêque était bien sûr qu'aucun chrétien ne se souillerait par sa présence à de telles solennités. Cependant que devenait, avec cette condition, le concours du sénat, que l'aruspicine voulait unanime? Les chrétiens n'avaient point à s'en inquiéter, et leur évêque ne leur imposerait jamais une obligation qui équivalait à l'apostasie. Tel fut l'avis d'Innocent.

On se demande ce que fit Pompéianus, dont la situation était rendue plus critique par l'habile conduite du prêtre. Les historiens ne s'accordent pas à ce sujet. Un écrivain chrétien affirme que les sacrifices eurent lieu et ne produisirent rien* ; un païen au contraire fait entendre que Pompéianus y renonça, et renvoya les aruspices toscans ^ Si opposés que soient ces témoignages, on peut les concilier en admettant que les choses se pratiquèrent, mais non publiquement, aux termes des rites, ce qui enlevait à l'incantation son efficacité, de sorte que les chrétiens purent dire aux païens : « Vos aruspices sont des imposteurs, » et les païens répondre qu'on leur avait refusé d'agir. La question restait entière.

Cependant aucun secours ne venait de Ravenne, au-

-1. Verum istos nihil Urbi profuturos fuisse, ipse exitus declaravit. Sozom., IX, 6.

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