‹ Récits de l'histoire romaine au Ve siècleChapitre 206 sur 251 · xàç 4^uxà<:. Zosim., y · texte numérisé non relu

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2. Alarichum non solum pecunias, verum etiam nobilium filios obsides accipere velle, et hoc modo non tantum paccm^ sed et belli societatem cum Imperatore initarum. Zosim., v, 42.

Le sénat était engagé, TEaipereur ne Tétait pas, et sa signature seule pouvait rendre la convention régulière. Ilonorius la donna sans difficulté en ce qui concernait la contribution, l'argent demandé ne sortant point de son trésor et ses ministres lui affirmant que les richesses de la Ville éternelle suffiraient bien et au delà à remplir son engagement. Pourtant lorsqu'on en vint à Tcxéculion, on s'aperçut que la chose n'était pas si facile que la, cour impériale s'était plu à le croire. Les finances urbaines étaient épuisées, la caisse du sénat fut bientôt à vide; les sénateurs à leur tour durent contribuer personnellement en proportion de leur fortune. Un d'entre eux, Palladius, fut choisi pour régler la part contributive de chacun; mais soit que les riches parvinssent à dissimuler une partie de leurs biens, soit qu'après tant de révolutions et de souffrances la plupart fussent réduits à la pauvreté, on ne put se procurer par ce moyen la somme entière. Il la fallait pourtant, sous peine de ruine, de ruine complète.

Les magistrats se décidèrent alors, pour la dernière ressource, à faire enlever des temples et des images des dieux les ornements d'or et d'argent qui les recouvraient, et le sénat ne s'y opposa point. Rien ne fut plus cruel aux vrais païens que cette mesure, « inspirée, disent leurs historiens, par le mauvais génie dont les caprices régissaient alors le monde*. »

En effet, d'après les doctrines du polythéisme, les ornements symboliques des divinités, consacrées par

1. Scelcratus illo Genius, qui tune sortitus res humanas erat. Zosim., V, 41.

certains rites, constituaient une partie essentielle de leur puissance : les simulacres dépouillés n'étaient plus que des statues sans âme et des dieux morts. Parmi les statues d*or ou d'argent massif livrées aux fourneaux pour les fondre, un hasard inexplicable comprit celle de la vertu guerrière, du courage, Ylrtus, cette première divinité de la vieille Rome. Le sénat et le préfet ae firent point exception pour elle, tant la peur les pressait. Ce fut le coup suprême porté au culte national par ceux qui se vantaient de le conserver, et pour beaucoup de Romains la perte de la dernière illusion patriotique. « Tout est fini, purent-ils dire ; Rome renie a vertu qui Ta fait vivre tant de siècles, et provoque îUe-méme sa destinée K » L'histoire nous a conservé lans quelques pages des écrivains polythéistes un écho le ces secrètes, mais profondes douleurs. #

On livra immédiatement une partie de la rançon, les termes furent pris pour acquitter le reste. Alaric lonna trois jours aux habitants pour venir dans son »mp se pourvoir de vivres, et désigna les portes de la 'ille par lesquelles il leur serait permis de sortir et de •entrer; il rendit libre également la navigation du ribre. Le peuple affamé vendit aux Barbares ce qui ui restait de plus précieux pour avoir du pain, et ces échanges firent affluer aux mains des Goths une autre )artie des richesses de Rome. Par jactance de généroité, le roi goth leva le siège avant le parfait payement lu prix convenu, et se retira en Étrurie pour y atten-

1. Quidquid fortitudinis atque virtutis apud Romanos superabat, ixtincium fuit. Zjsim., v, 41.

dre une entière satisfaction et quant au complémende la rançon et quant à la remise des otages.

Une des clauses du traité concernait la libération des esclaves barbares renfermés dans la ville : ceux qui voulurent être libres le purent, et la plupart d'entre eux allèrent rejoindre les assiégeants. Il arriva, sur ces entrefaites, que des maraudeurs goths, descendant le long du Tibre, arrêtèrent un convoi de blé qui se rendait à Rome, et le pillèrent. Alaric les punit exemplairement, disant que ce méfait avait été commis contre sa volonté. Tel fut son dernier acte en s'éloignant de la Ville éternelle, dont il emportait dans ses bagages les trésors et les dieux.

Tandis que ces choses se passaient à l'ouest des Apennins, Honorius faisait à Ravenne les préparatifs de son huitième consulat, qui fut célébré avec autant de pompe que le permettait la pénurie du trésor impérial. Le second fils du grand Théodose ouvrit ainsi, de concert avec son neveu Théodose II, consul et Empereur d'Orient, la nouvelle année i09.

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