‹ Récits de l'histoire romaine au Ve siècleChapitre 21 sur 251 · Bre?i principem Tidebunt. Zosim. ^ iv · texte numérisé non relu

Bre?i principem Tidebunt. Zosim. ^ iv

goths, fugitive devant les Huns, Valens n'avait su ni lui assurer une hospitalité honorable, ni la contenir parla force dans les cantonnements qu'il lui octroyait^ Une suite de mesures absurdes ou injustes souleva ces Barbares, qui, de la condition d*hôtes suppliants, passèrent à celle de maîtres arrogants et superbes, et Ton vit, — chose étrange et nouvelle! — un peuple entier errer sur la terre romaine, avec ses rois, ses lois, ses prêtres, sa langue barbare, rançonnant le pays qui lui avait donné asile et menaçant sa capitale et son Empereur. Tel était le fruit de la politique de Valens.

En matière de religion, sa partialité passionnée pour les doctrines ariennes mit le désordre dans l'Église orientale ; il n'y eut plus ni règle, ni frein dans la fabrication des symboles de foi; la cour impériale devint une officine de formulaires que les soldats imposaient aux évéques et aux moines, et contre lesquels la subtilité grecque réagissait par d'autres formules non moins arbitraires. Chaque Église se fit sa règle particulière et anathémalisa les autres. Les païens, relevant la tête avec impunité, bravèrent les lois prohibitives du polythéisme, et le catholicisme seul trouva des exils et des bourreaux. Aussi, quand cet insensé mourut sous les coups des Goths à la bataille d'Andrinople, en 378, et que Gratien offrit à Théodose l'Empire d'Orient, qui était à reconstituer et presque à reconquérir, celui-ci hésita longtemps*. Il ne céda qu'au devoir de servir une cause qui était pour lui la vérité.

1. Voir mon Histoire d^ Attila, de ses fils et de ses successeursj t. I. 2; Ambros., de Obit, Tkeoéos.^ 53, Opp,^ t. II.

ROME ET CONSÏANTINOPLE 17

Son épée suffit pour rétablir Tunîté politique, balayer le» bandes de Goths qui ravageaient les provinces romaines des deux côtés de l'IJémus, et emprisonner cette nation dans les limites qu'il lui traça; mais la reconstruction de Tunité religieuse demandait d'autres qualités aue celles d'un soldat. Ce fut surtout Tœuvre de Rufin. Sous sa main ferme et hardie, elle marcha sûrement et rapidement : les sièges épiscopaux épurés, le clergé catholique reconstitué sous des chefs illustres, l'arianisme resserré, traqué dans quelques positions inexpugnables et les hérésies immorales ou antichrétiennes frappées d'interdiction absolue, le culle païen enfin restreint aux cérémonies publiques, les mystères prohibés, les temples les plus fameux ruinés et démolis, — voilà ce qu'on vit s'opérer dans l'Empire d'Orient, d'année en année, à partir de 388, et sous l'influence toujours croissante du nouveau ministre.

La révolution pourtant ne s'accomplissait pas sans réclamations ni violences. Des émeutes répondirent souvent aux mesures du pouvoir, et les ariens, en 388, voulant brûler la maison de Nectaire, évêque catholique de Gonstantinople, mirent le feu à la villes En dépit de ces désordres, l'unité s'établissait, et elle finit par triompher. Théodose, entraînée la poursuite d'un grand but, ne voulait voir dans son ministre qu'une utilité démontrée par le succès, et involontairement il fermait les yeux sur tout le reste.

Rufin, devenu tout-puissant et participant pour ainsi dire de l'inviolabilité impériale, foula aux pieds toute

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