‹ Récits de l'histoire romaine au Ve siècleChapitre 22 sur 251 · Bar., Ann. eccl,, an. 388, S · texte numérisé non relu

Bar., Ann. eccl,, an. 388, S

considération de justice et d'honneur. Il n'y eut plus de sûreté pour quiconque s'était montré son ennemi ou possédait quelque bien digne d'être convoité \ car la soif de l'or se développait en même temps que l'esprit de vengeance dans le cœur du parvenu*. On vit donc disparaître l'un après l'autre, par des coups imprévus, tous ceux qui l'avaient offensé ou s'étaient opposés à sa fortune, quel que fût d'ailleurs leur crédit ou leur rang, et dans les exécutions de sa colère la victime ne périssait jamais seule; le père entraînait avec lui ses fils, le mari sa femme.

En 391, Rufin fait enlever en pleine guerre, par un parti ennemi, le maître des milices Promotus qui, dans un moment de colère, l'avait frappé au visage, et le fait massacrer'. En 392, il attaque le préfet du prétoire Tatien qui lui pprtait ombrage; il l'accuse de péculat, le juge lui-même, le bannit, et fait décapiter son fils sous ses yeux^ Quand il ne jugeait pas lui-même, il avait des juges à sa dévotion; il composait les^ tribunaux d'hommes pervers qui partageaient avec lui les dépouilles des condamnés*. Il les tirait souvent de la dernière classe du peuple. L'histoire cite un de ses favoris qui avait été valet de taverne, valet infime employé à laver les bancs et à balayer le pavé, et qui se pava-

1 Si forte alicui prsedîum aliquod fuisse! locuples et fertile»

Kunap., Fraflfm., ap. Scriptor, hist, byz,j Bouu., 1829.

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