‹ Récits de l'histoire romaine au Ve siècleChapitre 214 sur 251 · Pellita ecclesia. Hieronym · texte numérisé non relu

Pellita ecclesia. Hieronym

lliO RÉCITS DE L'HISTOIRE liOMAlNE

Attale réunissait d'ailleurs, par Téclat de sa race, pnr son opulence, par son mérite personnel, par son crédit, qui n'était pas moindre auprès du peuple qu'auprès des grands, toutes les conditions qui pouvaient le rendre acceptable comme Empereur : son nom sortit donc des suffrages du sénat, et les comices du peuple, consultés sans doute à leur tour, confirmèrent le choix sans opposition.

Pendant ce temps, des délégués d'Alaric s'étaient tenus aux portes de la ville, attendant le résultat de l'élection. Us furent alors introduits, et vinrent déclarer, au nom de leur maître, qu'ils reconnaissaient Priscus Fiavins Attalus pour Empereur du peuple romain. Attale parut, et sous leurs yeux, on couvrit ses épaules d'un manteau de pourpre, et on attacha un diadème de perles autour de sa tête^ Dans cet appareil, il prit place sur la chaise curule ornée d'or et de pierreries qui servait de trône aux Augustes lorsqu'ils étaient à Rome, et procéda sans perte de temps à l'organisation de son gouvernement. Il fit d'abord la part des Goths ainsi qu'il convenait à leur candidat. Alaric fut nommé maître de l'une et l'autre milice, comme autrefois Stilicon ; son beau-frère Ataûlf eut la charge de comte des domestiques, qui mettait sous sa main l'élite des troupes romaines et la garde du prince '. Vint ensuite le tour

1. Exceptis Alarîchi legatis, Attalum, prsefectam urbis, sublimem in augasto solio, purpura coronaque cinctum, collocant. Zosim., 71, 7. — Diadcma et purpuram addidit, cseteraque imperii insigaia. Procop., Hist. Vandal,, i. — Philostorg., xii, 3,

2. Alarichus magister ntriusque militiœ constituitur, Ataalfus yero frater uxoris ejus, cornes domesticorum eqoitam. Sozom., ix, 8.

ATTALE EMPEREUR DU SÉNAT liii

des partis romains, à qui Attale donna des représentants dans son conseil. Jean eut la maîtrise des offices, Lampadius la préfecture du prétoire, Marcianus celle de la ville, et Tertullus fut désigné consul pour Tannée suivante : tous ces hommes étaient païens déclarés ou chrétiens très-douteux.

Lampadius appartenait à cettedernière classe. Catholique entiché des plus fortes superstitions, vivant avec des devins et des astrologues et consultant lui-même les astres, il n'en était pas moins Tami de saint Augustin, qui avait composé pour sa conversion de savantes lettres sur le destin et la fausseté de l'astrologie : la présence de Lampadius dans ce ministère d'opposition au catholicisme fait voir combien était restée vaine la sollicitude du savant docteur. Quant à Tertullus, il ne cachait pas sa croyance. 11 n'existait pas dans Rome de païen plus fanatique, plus hardi, plus militant; toujours prêt à outrer par défi ou par orgueil de dévot les pratiques superstitieuses auxquelles renonçaient la plupart des polythéistes même très-convaincus, il était, pour le parti païen, un danger tout aussi bien qu'un gage. Sa désignation surtout donna couleur au nouveau règne. Les fonctionnaires inférieurs furent choisis de la même façon que ces hauts personnages, et pour le même but

Lorsque Attale eut ainsi constitué son gouvernement sous le contrôle des officiers goths, il partit de la curie pour aller passer la nuit au mont Palatin, dans ce palais des Césars peuplé de si grandes images ^ a Ce

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