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Regio cum sateUitio pergit ad Palatium. Zosim.^ vi

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simulacre d'Empereur\ » comme l'appelle un contemporain, reposa tranquille sous le toit qui avait abrité Auguste, Trajan et Marc-Aurèle.

Le sénat se réunissait le lendemain. Attale y débita un long discours tout parsemé de ces fleurs de rhétorique ampoulée que Féloquence latine empruntait alors aux sophistes grecs de TAsie Mineure et de la Syrie. Il parla du bonheur dont Rome allait jouir, de son antique grandeur qu'elle allait recouvrer ;r Empire d'Occident reconquerrait bientôt ses limites, mais ce n'était lien que la Bretagne réduite, les Barbares et les tyrans chassés de la Gaule et de l'Espagne; il voulait ramener rOrient sous les lois de TOccident, et faire que Rome redevînt comme autrefois la seule tête de l'univers*. Il dut s'étendre alors en paroles pompeuses sur Alaric et sur les Goths, sans lesquels cette entreprise de reconslitaer le vieil Empire romain ne pouvait avoir lieu, puisque Alaric en était Tâme et son peuple le bras.

Au reste, le roi des Goths, devenu maître suprême des milices d'Occident sous l'Empereur du sénat, ne tenait pas un autre langage, et il Je tenait sincèrement. Tous étaient dans la même illusion d'alliance fraternelle et d'efforts communs dont Rome serait le but. Ces sentiments de coopération dévouée à l'Empire, qu'Ataûlf exprima plus tard sous le charme de son amour pour

i. Inane Imperii simulacmm. Oros., vu, 42.

2. Postridie, senatum ingressus, orationem singularis arrogantiae pleDam habuit, qua se Romanis universum orbem terrarum acquisîtarum, et his etiam alia majora, magnifiée jactitat. Zosim., vi, 7. — Orationem habuit prolixam et splendide elaboratam, qua senatuî proraittebat se patria omnia conservaturum, et ^gyptum insuper et universum Orientis Imperium Italis subjecturum. Sozom., ix, 8.

Placîdîe, Alaric, on n'en peut douter, les resssentait alors sous la séduction de la gloire. De ce thème de la grandeur nationale qui ne touchait plus guère les Romains, Attale passa, suivant toute vraisemblance, à un autre plus émouvant pour les générations contemporaines, celui de la liberté religieuse, ou, pour parler plus exactement, de la prééminence à rendre aux cultes actuellement proscrits, sur le catholicisme qui les opprimait, et il fit entrevoir des projets qui remplirent les païens d'allégresse. « Celui-là, se disaient-ils entre eux, rétablira les usages de nos pères, les fériés, les sacrifices^ ; les dieux vont revenir. »

Comme un gage donné aux polythéistes, le nouvel Empereur fit disparaître de ses médailles le labarum, qui ornait, depuis Constantin, les monnaies impériales, et le remplaça par l'image de la Victoire, accompagnée de ces fières légendes : « Victoire des Romains, rétablissement de la République, gloire de l'Empire, Rome éternelle, invincible *. » En même temps qu'il caressait Topinion païenne, le néophyte arien donnait à ses coreligionnaires Tespoir de voir l'Église d'Arius dominer bientôt toutes les communions chrétiennes et accaparer les faveurs de l'État, comme au temps de Constance et de Valens ^ Tout ce monde mélangé, sans cohésion dô doctrines, qui ne se tenait que par

1. nii, ducta conjectura ex Attali tum proposito et priori educatione, prorsus existimabant illum palam paganismum amplexurum, et ipsis templa patria restituturum, et ferias, et victimas. Sozom., ix, 9.

2. Eckel, Doctr. nummor, — Mionnet, Descript. des médailles antiq.

3. Hi vero Ariani se primatum ia Ecclesiis, sicuti tempore Gonstantil ac Valentis, rursus consecuturos arbitrabantur. Sozom., es:, 9.

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UQ seul lien, la haine du christianisme, se remuait et poussait des cris de triomphe.

La joie était grande surtout parmi les charlatans des superstitions en vogue, thaumaturges, devins, astrologues, ou mathématiciens, — ces mots étaient synonymes; — leur tourbe, détestée des chrétiens plus encore que des vieux païens, rentra de toutes parts dans la ville : ce fut une vraie prise d'assaut. Eux et leurs adeptes proclamèrent comme l'ère de la félicité publique la révolution qui venait de s'accomplir, et ce mot est encore répété par les écrivains païens plus d'un siècle après. « Une seule famille, dit à ce sujet Zosime, celle des Anices, la plus riche des familles romaines, se tenait à l'écart et semblait voir sa disgrâce particulière dans le- bonheur de tous^ » Les Anices étaient chrétiens, et leur mécontentement se conçoit; mais rhistorien se trompe quand il signale cette illustre maison comme la seule qui murmurât contre rétablissement nouveau : d'autres maisons sénatoriales encore, quoique moins dessinées dans leur opposition, donnaient la main aux Anices et créaient au gouvernement d'Attale des embarras qui ne tardèrent pas à se manifester.

Attale, Empereur à Rome, ne Tétait pas en Italie : son maître des milices se chargea de l'y faire reconnaître en commençant par l'Étrurie, que les Goths occupaient. Ce ne fut pas l'incident le moins bizarre de

1. Solam illam familiam, qui Anicii dicuntur, quse publiée vide* bantur universis conducere, mordebant, quod fere inter omnes il soli magnas opes possidentes, felicitatem publlcam permoleste ferrent» Zosim., VI, 7.

ATTALE EMPEREUR DU SÉNAT UiS

ce drame sans exemple dans Thistoire, que de voir des officiers barbares, revenus du siège de Rome, prêchant aux Italiens Tobéissance du sénat, et exposant en mauvais latin comment l'Empereur de leur choix était beaucoup plus Romain que l'autre, et, avec l'aide des Goths, restaurerait l'Empire dans sa prospérité passée : tout cela dit, colporté, imposé par des gens qui portaient sur leurs poitrines les peaux de brebis teintes en pourpre, livrées par Rome éternelle pour sa rançon. Les Italiens acceptèrent tout ce qu'on voulut ; divisés par les mêmes partis que les habitants de Rome, ils supportaient, en outre, une occupation étrangère dont ils crurent accélérer la fin par une prompte soumission. Au milieu de cette confusion inexprimable, le gouvernement d'Attale semblait néanmoins prendre racine, et celui d'IIonorius tomber en dissolution, quand surgit, d'un point où on ne l'attendait guère, un dissentiment qui, grossissant par l'opiniâtreté des hommes, prit l'importance d'une scission dans ce gouvernement à peine formé : voici de quoi il s'agissait.

L'Afrique avait pour gouverneur, depuis le meurtre de Stilicon, Iléraclianus, bourreau de Tinfortuné régent et bras droit d'Olympius : en d'autres termes, la subsistance de Rome se trouvait à la discrétion du plus mortel ennemi du sénat, da L'adversaire le plus

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déclaré de la tolérance religieuse, et, pour tout dire enfin, d'un assassin. Qu'allait-il se passer quand les nouvelles de Tltalie seraient connues à Carthage, quand Héraclianus apprendrait en même temps la déposition d'Honorius, Télévation d'Attale à l'Empire, et la promotion d'Alaric au grade de généralissime des armées d'Occident, Alaric au nom duquel il avait tué Stilîcon? Cette question, qui était dans toutes les bouches, recevait de toutes la même réponse : Héraclianus mettrait l'embargo sur les navires stationnés dans les ports d'Afrique, arrêterait le départ de la flotte annonaire et affamerait du même coup les Italiens et les Goths. Nul ne douta que ce ne fût là son premier acte. En vue d'un pareil malheur, la plus simple prudence ordonnait qu'on mît, sans perdre un instant» la main sur l'Afrique, dont les dispositions, en les supposant mauvaises, seraient contenues par un nouveau gouverneur.

Alaric, qui. siégait au conseil d'Altale comme généralissime romain, proposa d'envoyer sur-le-champ une division de ses Goths sous la conduite d'un officier nommé Druma, homme intelligent, alerte, capable de bien diriger un coup de main et de bien régler les choses après le succès. « Le soldat goth, disait-il, offre pour une entreprise de cette nature plus de sûreté que le soldat romain^; il n'est point accessible comme celui-ci à la séduction des partis qui divisent dans l'Empire l'armée aussi bien que le peuple; il ne connaît point Héraclianus, et ne balancera jamais entre Honorius et

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