Quasi ex gravi soporo excitatus. Zosim., vi
ATTALE EMPEREUR DU SÉNAT bXl
prochaine se répandit parmi les habitants : or le peuple ressent la disette dès qu'il la soupçonne. Des troubles éclatèrent dans plusieurs quartiers de la ville; on accusa le sénat de trahison ou d'impéritie, et le nom d'Attale ne fut plus prononcé qu'à travers les malédictions et les menaces. Un jour, dans une représentation du grand Cirque, pendant les acclamations d'usage faites au nom du prince, une voix s'écria : tt Très clément César, mets un prix à la chair humaine \)) Et des milliers de voix répétèrent en chœur ces odieuses paroles.
Alarmés de l'exaltation croissante des esprits, les magistrats et le sénat lui-même engagèrent Attale à se rendre à Rome sans délai, s'il voulait prévenir de grands malheurs. Attale partit donc : mais Alaric demeura dans les murs d'Arlminum, surveillant le blocus de Ravenne et observant surtout ce qui se passait autour du prince. Les orages s'accumulaient de tous les points de l'horizon sur ce malheureux Empire d'Occident. Théodose II, pour empêcher l'esprit de révolte de passer des États de son oncle dans les siens, venait de fermer ses frontières par une ligne de soldats, de telle sorte que les Italiens ne pouvaient plus pénétrer sur les terres de l'Empire oriental sans une autorisation du gouvernement de Ravenne ou la signature d'Honorius*.