‹ Récits de l'histoire romaine au Ve siècleChapitre 219 sur 251 · lUud est feralissimum et gravissimum, quod, dum consensu · texte numérisé non relu

lUud est feralissimum et gravissimum, quod, dum consensu

de Tertullus et de ses adeptes ne plaisaient guère plus aux ariens qu'aux catholiques, malgré le lien politique qui rattachait ceux-là aux païens, et l'évêque Sige-sar dut en gémir avec ses Goths. Las de tant de sottises qui compromettaient de plus en plus sa cause, Alaric regrettait Honorius et cet accord presque conclu, puis fatalement brisé. Avec la patience du Barbare qui sait attendre et poursuivre imperturbablement un but, il épiait Toccasion de renouer, oubliant Féchecde la veille, ou plutôt feignant de l'avoir oublié.

Elle se présenta plus belle qu'il n'eût osé l'espérer. L'Hiver n'avait apporté au fils de Théodose que des déceptions et des embarras imprévus. Honorius, harcelé de besoins, avait Xrtip compté sur l'argent de l'Afrique, et sans doute aussi sur ses secours en hommes, et il apprit qu'Héraclianus, loin de Taider, travaillait à se rendre indépendant dans sa province. Le nouvel Auguste des Gaules, Constantin, était bien descendu en Ligurie avec quelques troupes; mais, à Vérone, il avait rebroussé chemin subitement, effrayé des bruits qui couraient sur la situation de Ravenne.

Cette ville, en effet, avait été le théâtre d'une révolte des généraux contre les eunuques : le grand chambellan Eusébius ayant insulté le comte Aliowig, commandant des domestiques, celui-ci, qui était un Barbare d'une force prodigieuse, l'avait saisi à la gorge sous les yeux du prince et assommé à coups de bâton \ mais il avait bientôt payé cette audace de son sang.

publico aguntur, error paucissimorum fitcrimen omnium. Salvian., de Gubernat. Dei, \u

1, Olympiod., Excerpt,, ap. Scriptor. Hist, Byz,

àSU RÉCITS DE L'HISTOIRE ROMAINE

L'arrivée de quatre mille hommes envoyés par l'Empereur d'Orient ne suffit pas pour rassurer Honorius, retombé dans ses anciennes frayeurs. Alaric le trouva donc tout disposé à rouvrir les conférences lorsqu'il revint avec son armée occuper Ariminum vers le commencement du mois de mars. Le roi goth amenait avec lui deux gages dont il pouvait se servir en sens contraire, son Empereur Altale et la jeune Placidie, qu'il s'était fait livrer par les Romains, et qui était traitée dans son camp plutôt en reine qu'en captivQ^ Attale était un otage pour la guerre, Placidie pour la paix.

Les négociations, vivement reprises, parurent toucher enfin au dénouement. Tout l'annonçait favorable : Placidie se voyait prochainement rendue à sa famille, et Alaric pouvait se dire déjà dans son cœur le second Stilicon d'Honorius, quand on fit observer de la part de cet Empereur au maître des milices d'Attale qu'il n'avait encore fourni aucune preuve décisive delà sincérité de ses intentions, et que, tant qu'il garderait près de lui « son Empereur de théâtre* », ainsi qu'on l'appelait, le prince légitime pouvaitjustementsuspecter sa bonne foi. L'observation était fondée; Alaric en sentit la force. Quelle preuve plus éclatante donner à la face du monde que d'enlever à ce mannequin la puissance dont il l'avait revêtu? Il fit venir Attale en costume impérial dans un lieu voisin du port de Ravenne, et là, sous les yeux d'Honorius et des soldats romains, sous

1. Placidia quoque, soror Imperatoris, cum Alaricho erat, vicem illa quidem obsidis modo quodam implens, ita tamen, ut omoi honore cultuque regio frueretur. Zosim., vi, 12.

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