‹ Récits de l'histoire romaine au Ve siècleChapitre 222 sur 251 · Familise suœ pnecepisse ut noctu portam panderent Custo · texte numérisé non relu

Familise suœ pnecepisse ut noctu portam panderent Custo

dibus de improvise occisis Àlaricbum omnemque ejus militem ad-

misere. Procop., Hist, VandaU, i.

des Goths ni sa personne, mais une étrange folie de charité, et plus probablement, on peut le supposer, la passion religieuse et l'esprit de parti.

Les Goths ûrent leur entrée au son des trompettes et au bruit des chants sauvages qui d'ordinaire signalaient leur approche^ Tout en marchant, ils mettaient le feu aux maisons, et les jardins de Salluste, cette^ merveille des arts, disparurent bientôt sous des monceaux de cendres*. Réveillés en sursaut par le tumulte, les habitants comprirent, à la lueur croissante de l'incendie, que la ville était au pouvoir de l'ennemi. Au moment de franchir la porte Salaria, Alaric, à ce qu'il paraît, ressentit en lui-même une terreur secrète. Enproie à un de ces mouvements intérieurs par lesquels l'homme demi-civilisé et chrétien combattait chez lui le Barbare, il se dit que Rome, qu'il allait saccager, n'était pas seulement la métropole du monde, mais aussi la Ville des apôtres, qu'il fallait donc compter avec le ciel, et il envoya Tordre à toutes les divisions de son armée de respecter les basiliques de Saint- Pierre et de Saint-Paul avec ce qu'elles renfermeraient de peuple et de richesses',

1. Pelag., Ep. ad Demetriad,, 30, ap. August., Opp», U II, in Append., éd. Benedict. .

2. Barbari in proxima portœ œdificia iocendio grassati, quœ înter domus Sallustii, nobilis quondam historiarum scriptoris, semusta ad nostram œtatem mansit. Procop., Rist, VandaL, i.

3. Dato prsecepto, ut si qui in sancta loca, prsecipueque ad sanctorum Apostolorum Potri et Pauli basilicas confugissent, hos in primis inviolatos securosque esse sinerent. Oros., vu, 39. — Ob reverentiam erga Petrum Apostolum, basilicam quse circa illius tumulum magna est et spatiosissima, inviolatam esse jussit. Sozom., a, 9. — August., de Civil, Dei,

LE SÂG DE ROME Ukb

Hors ces deux asiles, Alarîc abandonnait tout à la rapacité du soldat, lui recommandant toutefois d'épargner le sang^ « Je fais la guerre aux hommes, je ne la fais pas aux Apôtres*, » répéta-t-il aux chefs qui l'entouraient, comme s'il eût voulu, par ces paroles, justifier son ordre et en prouver la nécessité. Les deux refuges qu'il indiquait étaient d'ailleurs situés à l'extrémité opposée de la ville, en deçà et au delà du Tibre : la basilique de Saint-Pierre sur le Vatican, celle de Saint-Paul dans les terrains marécageux voisins de la porte d'Ostie,

Cependant la flamme, poussée par un vent d'orage, gagnait de proche en proche, plus rapide que la marche de l'ennemi, et dévorait indistinctement les demeures des pauvres et celles des riches, les ergastules d'esclaves et les palais, les églises et les temples. Il s'élevait, des îlots de maisons que l'embrasement atteignait ou menaçait, comme un concert de clameurs sinistres et de lamentations qui couvraient le bruit de la bataille ^ Les habitants se précipitaient dehors pêlemêle, hommes, femmes, enfants, esclaves et maîtres, s'apjelant par leurs noms, s' entraînant, se heurtant les uns les autres, et ceux qui échappaient aux flammes rencontraient dans la rue l'épée des Goths. Au plus fort de l'incendie, l'orage qui s'annonçait éclata avec une

1. Tum deinde, in quantum possent, praedse inhiantcs, a sanguine temperarent. Oros., vu, 39. — Suis copîis permisit ut singuli quantum possent Romanorum opes diriperent^ et universas domos deprsedarentur. Sozom., ix, 9.

2. Dicens cum Romanis gessisse bellum, non cum Apostolis. Isid., Chron.

Page 1