‹ Récits de l'histoire romaine au Ve siècleChapitre 223 sur 251 · Pelag., Ep» ad Demetr,, 30; ap. Âugust., Opp,, t. II · texte numérisé non relu

Pelag., Ep» ad Demetr,, 30; ap. Âugust., Opp,, t. II

Zi46 RÉCITS DE L'HISTOIRE ROMAINE

violence inexprimable, dominant de sa voix toutes les clameurs; la foudre, à coups répétés; sillonnait l'obscurité de la nuit : on eût dit que la main du ciel se joignait à celle des hommes pour anéantir cette ville in^ fortunée.

Plusieurs grands édifices furent frappés \ particulièrement des temples et des monuments consacrés aux dieux, ce qui remplit d'une horreur superstitieuse le cœur des païens : le Forum fut foudroyé, et les statues qui le décoraient arrachées de leurs bases et semées sur la place. Cette double destruction laissa partout des marques, et durant les jours qui suivirent, quand le feu cessa de brûler, les maisons calcinées croulaient encore. Les yeux alors n'apercevaient plus au loin que poutres d'airain branlant dans les murs, toits entr'ouverts, frontons brisés, colonnes couchées à terre, simulacres noircis ou fondus. Saint Jérôme, dans son âpre et dur langage, nous peint en quelques mots l'effet de ce grand désastre, où les colères du ciel et de la terre semblaient s'être conjurées pour envelopper du même linceul la ville et ses habitants. « Par un seul embrasement, nous dit-il, Rome fut ensevelie tout entière dans sa cendre*. »

Où le feu ne sévissait pas, le meurtre, le viol, le pillage s'avançaient comme un troisième fléau d'un quartier à l'autre. Aucune femme ne fut à Tabri des outrages ; rien ne les garantissait, ni le rang, ni l'âge, ni la religion : plusieurs vierges consacrées par l'Église

1. Clarissima urbîs loca fulminibus diruta sunt, quse inflammari ab hominibus nequiverant. Oros. , vu, 39.

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