Dividit ossa duûm tiberis, sacer ex utraque ripa
Prudent., Peristeph. hymn., 6.
3. Hucusque cruentus sœviebat inimicus... August., de Ciu. Dei, ir, 1 et 7.
4. Romanse vero urbis mœnia ex Ammonis geometrae diineusione.
LE SAC DE ROME Zi55
feut-il ajouter qu'ils appartenaient dé droit aux seuls <5hrétiens.
Ailleurs sévissait la Barbarie dans ce qu'elle avait de plus hideux. Non-seulement on pillait, mais on tuait, on massacrait partout, hors de la ville comme au dedans. Le nombre des morts fut si grand, qu'on ne songeait pas même à les enlever. Ces riches familles du patriciat, dont l'histoire nous peint soiis de si vives couleurs Textrême mollesse et le luxe, eurent le privilège des plus abominables traitements. « Le feu, Tépée, les chaînes, se partagèrent, suivant le mot énergique d'un contemporain, la destinée des superbes dominateurs du monde. » Les distinctions de la naissance et du rang n'étaient qu'un aiguillon de plus à la brutalité dés vainqueurs ; beaucoup de sénateurs périrent dans les tortures ; on sait quel supplice était réservé trop souvent à Jeurs femmes et à leurs filles, même chrétiennes.
Voilà le tableau de cette première chute de Rome, tel qu'on peut le recomposer à l'aide de faits disséminés dans les écrits du temps. Cette catastrophe, à laquelle personne n'avait sérieusement songé, — tant l'éternité de la ville de Romulus était devenue une •croyance religieuse, — sembla ébranler l'univers entier. On crut que la société humaine allait crouler avec cette flère cité, qui en avait été pendant six siècles la lumière et la tête. « Rome, s'écriait saint Jérôme, est devenue le tombeau des nations dont elle a été la mère M »
•quo tempore Gothi illam priore incursione infestarunt, viginti et unius
milliarii spatiam in circuitu habcre comperta sunt. Olympiod., Excerpt,