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Clartssimum terrarum omnium lumen exstinctum est, imo ro

Zl56 RÉCITS DE L'HISTOIRE ROMAINE

Les villes de l'Orient et de TOccident portèrent pour ainsi dire le deuil de ses funérailles; les peuples barbares eux-mêmes furent frappés de stupeur, comme si le sort leur eût enlevé plutôt un guide qu'une ennemie. Dans rintérieur de l'Empire, les partis désarmèrent un instant, sous une môme impression de surprise, de pitié, de douleur. Augustin pleura. « Je ne poux^îs, assure-t-il, me consoler. » Jérôme, au fond de son ermitage de Bethléem, sentit sa langue se dessécher dans sa bouche et le style échapper de ses mains-, il rejeta loin de lui le commentaire d'Ézéchiel auquel il travaillait alors. « Je me lus, nous dit-il lui-même, car je compris que c'était le temps des larmes K »

Le sac de Rome dura trois jours et trois nuits', puis Alaric donna à son armée le signal du départ. Les bagages, des Goths étaient pleins d'un butin immense, dont il est souvent mention dans l'histoire; le chef, pour sa part, obtint les objets les plus rares, qui composèrent après lui le trésor des rois wisigoths. Entre autres choses curieuses, on signale un vase resplendissant de pierreries, dépouille lui-même d'une autre ville fameuse, et rapporté de Jérusalem par l'empereur Titus. Le chrétien scrupuleux qui avait respecté le trésor

mani Impcrii caput truncatum, et, ut verius dicam, in una urbe totus orbis interiit. Hieronym., Commentai', in Ezech., i, Prolog. — Quid salvum est si Roma périt? Hieronym., Ep. 91. — Ipsa suis populis et mater et sepulcrum. Hieronym., Commentar. in Ezech.y m, Prolog.

1. Diu tacui sciens tempus esse lacrymarum. Hieronym., Ep. 78. — Voir mon Saint Jérôme, 1. XII.

2. Die tertia Barbari quam ingressi fuerant sponte discedunt. Gros., Tii, 39, et II, 19. — La chronique de Marcellin dit qu*AIaric demeura six jours dans Rome; mais c'est une erreur.

de l'Apôtre Pierre fit bon marché de celui du roi Salomon. Alaric emmena avec lui, comme une conquête non moins précieuse, la jeune sœur d'Honorius, Placidie\ dont il se faisait accon^pagner depuis quelque temps, non que celte merveilleuse beauté eût touché son cœur comme elle toucha plus tard celui d'Alaùlf : il la gardait comme un otage réservé pour des événements imprévus. Un autre otage le suivit volontairement, Altale, ce vil Romain qui ne pouvait plus avoir de patrie que le camp ennemi.

Pendant que ces choses se passaient à Rome ou autour de Rome, Honorius concluait avec Sarus un arrangement qui livrait à ce chef de bandes la maîtrise des milices d'Occident, refusée au roi des Goths*. Sarus maintenant dominait en tyran la cour de Ravenne : il se* vantait, dans son orgueil grotesque, d'avoir fait fuir Alaric et le peuple des Golhs devant deux cents hommes à peine armés, et les flatteurs applaudissaient à ce mensonge. Sous l'épée de ce grand général, le fils de Théodose pouvait désormais dormir à l'aise et se reposer de ses terreurs passées : aussi reprit-il avec bonheur des amusements naguère interrompus. Jamais sa volière ne fut mieux garnie, ses oiseaux plus régulièrement nourris. On raconte qu'un malin l'eunuque chargé de ce service impérial, et qui avait accès à toute heure près du maître, l'aborda le visage décomposé en annonçant que Rome était perdue : « Comment cela se peut-il ? s'écria l'Empereur

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