August., de Civ, Dei, i
LE SAC DE ROME hll
victimes l'ironie et l'insulte. II compare la prise de Rome à un grand crible^ où fut vannée par la main d'Alaric la population de cette ville rebelle ; a dans les églises, le bon grain sorti des greniers du Dieu vivant* ; hors des églises, la paille, le fumier immonde, condamné d'avance, pour son incrédulité ou sa désobéissance, à l'extermination et à Fincendie^ » L'altération des faits s'ajoute à Toutrage pour accabler les vaincus : c( ces mêmes sénateurs que Sylla s'amusait à égorger et à proscrire, Alaric lésa épargnés : un seul est mort, et encore celui-là cherchait à se cacher, et fut tué sans avoir été reconnu*. »
Cette assertion, peu croyable au fond, est d'ailleurs formellement démentie par les historiens du temps : plusieurs sénateurs périrent dans les supplices *. « Il suffisait de faire le signe de la croix ou de prononcer le nom du Christ dans les rues ou dans les maisons pour être respecté des Barbares ^ » Mais ces vierges outragées dans des asiles ecclésiastiques, mais Marcella, Proba, Démétriade et tant d'autres chrétiennes n'avaient donc pas invoqué le nom qui pouvait les sauver?
t. TaDquam magnum cribrum fuisse arbitrop. Oros., vu, 39.
2. EfiQuxere grana viva, sive occasione, sive veritate commota, ooinia tamen de praesente salute credentia, ex horreo dominicse praeparationis accepta sunt. Oros., vu, 39.
3. Reliqua vero,sicut stercora,et velut paleae, ipsa vel incredulitate vel inobedientia prsejudicata, ad exterminium atque incendium remanserunt... Oros., vu, 39.