IV PRÉFACE
minant et en quelque sorte providentiel de Rome, la part du second Empire a valu de bien près celle du premier. Si celui-ci, par le goût et la science des armes, a reculé ou maintenu les bornes du monde romain, Tautre, quand l'esprit militaire s'était alTaibli chez les Romains, a façonné les Rarbares à la défense de l'Empire : il a fait de la demi-Rarbarie un bouclier pour couvrir la civilisation en péril. Si le Haut-Empire a donné aux peuples de l'univers soumis à ses lois un droit civil admirable, qui estl'expression la plus élevée et en même temps la plus pratique des relations sociales parmi les hommes, le Ras-Empire leur a donné par le christianisme la loi religieuse la plus parfaite. 11 a étendu la puissance de Rome par l'autorité de l'Évangile, quand la vieille épée romaine s'est émoussée. C'est encore lui qui a soutenu la lutte contre la plus dangereuse des Rarbariesqui menacèrent jamais l'univers, contre ces hordes innombrables venues d'Asie, sur lesquelles les idées et les mœurs occidentales n'avaient aucune prise, et dont le triomphe aurait été la ruine de toute civilisation. Grâce à lui, les sciences, la religion, les arts, le dépôt enfin des grandes traditions humaines n'ont point péri dans ce déluge. Môme au sein de la plus profonde décadence, et sous sa dernière forme byzantine, le Ras-Empire fut encore pour le monde un protecteur et un guide.