‹ Récits de l'histoire romaine au Ve siècleChapitre 32 sur 251 · Tripudiare pqpulum et sertis uti... jubé t. Zosim., v · texte numérisé non relu

Tripudiare pqpulum et sertis uti... jubé t. Zosim., v

5. Qusenam principis futura conjux esset, ostcnderviiit. TàOsVai.^N ^'^.

Elle était hautaine, hardie, impérieuse, et les historiens du temps l'appellent la Barbare^. Bien que Bautho fût resté païen, païen zélé, en correspondance intime et fraternelle avec Symmaque, Tami de Théodose était trop habile pour faire de sa fille une adoratrice de Thor ou de Freya; il Tavait fait élever très-chrétiennement dans la communion catholique, où elle avait reçu au baptême le nom d'Eudoxie. La belle Franke porta môme plus tard dans une religion qui n'était pas celle de ses aïeux une ardeur de controverse et des prétentions théologiques qui troublèrent plus d'une fois la paix de l'Église*. Pour le moment, elle ne songea qu'à s'emparer du cœur de son époux, afin de gouverner avec lui ou par lui, à renverser d'abord Rufln, qui lui faisait obstacle, et à se débarrasser ensuite d'Europe, dont elle ne voulait pas avoir été la protégée.

Pour tout autre que Rufln, la défaite eût été complète : tout autre eût ugé que la lutte était trop inégale contre l'amour conspirant avec l'astuce, et se serait hâté de mettre à l'abri sa tête et ses biens dans quelque province éloignée; mais le préfet du prétoire d'Arcadi us n'était pas homme à faire honteusement retraite devant une femme et des eunuques. Connaissant à fond son pupille, il savait bien qu'il y avait en luj un sentiment plus puissant que l'amour, celui de la peur. Leseunuques avaient usé du premier, il résolu de se servir du second, et de devenir pour l'Empe-

1. Inerat ci nonnihil barbaricœ audacise. Philostorg., xi, 6.

2. Voir mes Récits intit'tlés : Jean Chrysostome et l* Impératrice Eudoxie, — i\estoriu8 et Eutychès»

reur et pour TEmpire plus indispensable que jamais. 11 y avait entre les Orientaux et les Occidentaux une question brûlante, celle de rillyrie orientale : Rufin s'en empara comme d'un bon moyen d'établir sa popularité à Gonstantinople et sa nécessité au palais. On ouvait appréhender de la part des Occidentaux quelque tentative de revendication à main armée de ces belles provinces; il exagéra à plaisir ces craintes et ce danger, pressant Arcadius de faire occuper militairement la Thessalie ou l'Épire, avant que Stilicon fût en mesure de les occuper lui-même ^ Pour cela il fallait des troupes et de l'argent, et Arcadius n'en avait point, l'élite de l'armée orientale ayant suivi Théodose en Italie, et le trésor de Gonstantinople, emporté par l'Empereur défunt, se trouvant, comme les légions byzantines, sous la main du régent d'Occident. La moitié des fonds laissés par Théodose appartenait sans contestation possible à l'Empereur d'Orient : Rufin la réclama au nom de son maître, de même que le renvoi des troupes orientales*. Arcadius écrivit lui-même à son frère avec vivacité : ses lettres, comme celles de son ministre, restèrent à peu près sans réponse. Stilicon déguisait son refus sous des défaites dérisoires : pressé eiTûn de s'expliquer, il déclara que la situation de l'Italie ne lui permettait pas encore de diviser ses

1. Zosiiiie parle de chefs romains institués par Arcadius dans cette préfecture. Zosim., v, 5.

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