Quascumque paravit
Hic Auguslus opes, et quas post bella rccepit, Solus habet, possessa seoiel non reddere curât.
Claud., In /iuf., u. \, Vo'à, «>^^c^.
forces, mais que, lorsqu'il en serait temps, il irait luimême à Conslantinople remettre à l'Empereur, en main propre, sa part d'argent et de soldats, et s'acquitter des engagements pris par lui en face de Théodose mourant pour la protection de ses deux fils^
C'était précisément ce que redoutait Arcadius, qui ne voulait pas plus de tuteur en Occident qt 'en Orient ; c'était aussi ce que craignait Rufin, qui voyait Stiiicon arriver en triomphateur à Gonstantinople, maître du trésor, des troupes et bientôt de l'Empereur, le chassant honteusement lui-même pour étendre sa suprématie aux deux moitiés de l'Empire. A cette seule pensée il frémissait de rage. Un seul parti lui restait : précipiter les choses en Orient, tandis que des difficultés graves retenaient encore Stiiicon en Italie, et il se proposa de créer tant d'embarras et de périls autour d'Arcadius que souverain et sujets fussent obligés de se jeter dans ses bras en le proclamant leur sauveur ^
La frontière de l'Empire d'Orient, entre les Palus- Méotides et la mer Caspienne, avaient pour voisins des peuples barbares aisément contenus par les garnisons romaines, toutes faibles qu'elles fussent. Ces peuples ou plutôt ces tribus appartenaient à la grande confédération des Huns, qui, ayant son siège sur TOural, atteignait déjà en Occident les bords du Pruth et du Danube ^
1. Ad Ârcadium proficisci cogitabat... Quippe dicebat ab Theodosio morituro sibi datum in mandatis, ut omni cura principem utrumque complecteretur. Zosim., v, 4.