Alternamque âdem non illaudata lacessit Seditio
Claud., In Ruf., il, v. 226-227.
soldats. « Allons, disait l'un, que la Grèce périsse, puisque Rufin l'ordonne! Nous sommes faits pour subir tous les opprobres, et les Barbares pour profiter toujours de nos maux, — Point d'assaut! point de bataille! disait un autre. Enseignes, abaissez -vous! clairons, faites silence! Que nos flèches rentrent dans le carquois, que l'épée se soude au fourreau : Rufio le veut, respectons l'ennemi M — Ah! disait un troisième, enfant de la Cappadoce ou de l'Arménie, le tyran ne nous rappelle que pour nous punir d'avoir aimé Stilicon. Il ourdit déjà ses trames infernales contre nous. Que nous sert de revoir notre patrie, nos familles, nos pénates? Bientôt nous serons livrés aux implacables Alains, nous deviendrons les esclaves des Huns, cette honte de l'espèce humaine *. »
Puis, à l'idée de se séparer, Orientaux et Occidentaux se mettaient à fondre en larmes. Contraste bizarre du cœur humain! ces hommes qui s'entr'égorgeaient avec rage quelques semaines auparavant s'embrassaient maintenant comme des frères que l'on veut arracher l'un à l'autre. « Encore des présages de guerre civile! répétait-on de tous côtés. Pourquoi nous séparer? pourquoi diviser des armées qui ne font qu'une famille.
1. Flectite signa duces : redeat jam miles Eois. Parendum : taceant litui; prohibete sagittas; Parcite contiguo, Rufiaus prœcipit, hosti.
Claud., In Ruf., ii, v. 217 et seqq.