Qui nos aut turpibus Hunnis
Aut impacatis famulos prœstabit Alanis.
Claud.. In fittf.,ii, N. 'Il^-'rvV.
des aigles qui doivent voler ensemble^? Non, nous sommes un même corps, on ne nous divisera pas! » Et les deux armées confondaient leurs rangs. Malgré la défense de combattre, on préparait ses armes; on menaçait de loin les remparts des Goths; on demandait l'assaut à grands cris.
Arrivé avec Gainas au milieu de ce désordre, Stilîcon se voit assiégé par des furieux qui le pressent, qui embrassent ses genoux en pleurant, tandis que d'autres lui défendent de partir. « Mène-nous où tu voudras, lui criaient-ils; où sera ta tente, là sera la patrie M » Stilicon eut besoin de toute sa fermeté pour calmer une effervescence dangereuse ; quelques moments de plus, et il devenait l'instrument forcé d'une sédition qu'il n'avait pas voulu faire. « Quittez cette attitude menaçante, leur dit-il en les écartant; la victoire ne m'est pas si cbère que je veuille paraître avoir vaincu pour moi seul", » Il commanda aux chefs de l'armée d'Occident de rallier leurs soldats et de plier les tentes sans délai; puis, se tournant vers l'armée orientale, il s'écria, comme accablé de douleur : « Adieu, fidèle jeunesse, vous qui fûtes mes compagnons, adieu M )>
1. Quid consanguineas acies, quid dividis olim Concordes aquilas?...
Claud., In Ruf., ii, v. 237-238.
2. Et quocumque locoIStiliclio tentoria figet, Hic patria est...
Claud., In Ruf., ii, v. 246-247^