Ite mei quondam socii
Claud., In Ruf», ii, y. 251.
Tant que dura cette scène, Alarîc se tint prudemment enfermé dans son enceinte de chariots. Le même messager l'avait sans doute averti de ne point troubler des adieux qui lui assuraient la possession de la Grèce.
Le départ fut triste dans les deux armées; on remarqua toutefois que Tarmée orientale était plus sombre et plus irritée. Tandis que les Occidentaux reprenaient la route par laquelle ils étaient venus, celle-ci s'achemina vers Thessalonique, métropole de toute rillyrie orientale. Gainas y donna séjour à ses troupes. Rien ne pouvait être plus dangereux pour le soldat en demirévolte que son contact avec les habitants d'une ville si cruellement traitée par Théodose à T instigation de Rufin, et où le nom de ce ministre réveillait naturellement l'indignation et la vengeance. « Thessalonique était, suivant le mot d'un contemporain, un lieu favorable à la haine \ »
Gainas laissa ses compagnons s'y saturer tout à leur aise des sentiments qu'il leur souhaitait, et quand il les vit bien disposés à l'entendre, il leur fit part de son projet. Tout fut convenu entre eux, le temps, le lieu, la manière dont Rufln devait périr, et le complot fut gardé avec un tel secret que ni l'exaltation des esprits, ni les entretiens de la route, ni l'abandon de l'ivresse, ne décélèrent un dessein qu'une parole indiscrète pouvait déjouer : ce fut le secret d'une armée entière. L'eunuque Eutrope avait envoyé à Gainas pendant la route des émissaires chargés de le sonder au sujet de