‹ Récits de l'histoire romaine au Ve siècleChapitre 55 sur 251 · Apprensa veste morantem · texte numérisé non relu

Apprensa veste morantem

Increpat Augnstum : Scandât sublime tribunal. . .

Claud., In Ruf., ii, v. 381-382.

Arcadius restait immobile et muet; Rufin croit qu'il hésite : il le saisit par son manteau, et semble lui adresser des reproches.

A cette vue, toutes les épées sortent du fourreau, et une voix terrible, sans doute celle de Gainas, fait entendre ces mots : « Misérable! tu veux donc nous faire porter des chaînes, et tu comptes sur nos bras pour en donner aux autres ! Ne sais-tu donc pas d'où nous venons? ou crois-tu qu'après avoir renversé deux tyrans au delà des Alpes, nous soyons bien pressés d'en faire un troisième^? )) A cette voix, que couvrent bientôt d'autres clameurs, Rufln, comme réveillé en sursaut, reste stupide; il ne peut songer à s'échapper, car partout brille à ses yeux une forêt de pointes menaçantes. Il se rapprochait d' Arcadius, pour se mettre à l'abri sous l'inviolabilité de la pourpre, quand un soldat s'élance hors des rangs, et, lui plongeant son épée dans le côté : (( Tiens, lui dit-il; reçois ce coup, c'est Stilicon qui te le donne*! »

L'Empereur, éperdu, souillé du sang de son ministre, cherche à s'enfuir; les soldats protègent sa retraite. Alors l'œuvre de vengeance s'achève. C'était à qui frapperait l'ennemi étendu, à qui le foulerait aux pieds ou plongerait une arme dans ses entrailles. On s'arrachait ses lambeaux comme les chiens ceux d'un animal tombé sous leur dent. Un soldat détache sa tête du tronc et

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