Tôt nos bella docent nulli seryire tyranno
Claud., In Ruf,, ii, v. 390.
2. Hac petit, hac Stilicho, quem jactas pellero, dextra Teferit...
Claud., In Ruf., ii, y. 403.
MORT de; RUFIN 77
la promène au bout d'une lance, une pierre dans la bouche ^ Un autre s'empare de sa main droite, encore soudée à Tavant-bras, la force à se creuser comme celle du mendiant, en ramenant les nerfs sur eux-mêmes, et avec cette hideuse coupe il va quêter de spectateur en spectateur, puis de porte en porte dans la ville : « Une obole, disait-il, donnez une obole à celui qui n'eut jamais assezM » Cet homme fit sa fortune. Après les soldats, ce fut le tour du peuple; les femmes ellesmêmes venaient insulter à ces restes difformes, et tremper leurs pieds dans le sang'. Gaïnas, ralliant sa troupe, entre enfin à Gonstantinople, et Eutrope, maître absolu du palais, le devient aussi de l'Empire. Les biens de Rufin furent confisqués par un édit, et comme les gens qu'il avait dépouillés accouraient avec joie reprendre possession, celui-là de son champ, celuici de sa maison de campagne ou de son palais, une loi leur expliqua que ces objets étaient sacrés comme appartenant au fisc, que cependant l'Empereur, dans sa clémence, examinerait les droits de chacun ^ or Eutrope n'était pas un juge facile. De peur d'être enveloppées dans son malheur, l'épouse et la fille de Rufin
1. Porro milites cum Rufino caput amputassent, lapidem ori ejus immiserunt : hastaeque infixum circumferentes, quaquaversum discurerere cœperunt. Philostorg., xi, 3. — Zosim., v, 7.
2. Dextramejus praecisam gestantes, per singulas officinas urbis circamtulenint, lisec addentes : <( Date stipem inexplebilis avaritise viro. Niceph. XIII, 1. — Philostorg. xi, 3.