Eunap. ap. Suid.^ voc. Eùrpcomoç
verser de temps à autre cette âme sombre et désespérée. Il était chrétien sincère et catholique ardent \ quoiqu'on lui niât plus tard ce titre, lorsqu'il eut à lutter contre l'Église, et il aimait avec passion une sœur, née comme lui dans la servitude *. Tout ce que cet homme pouvait concevoir d'aflfection, il le reporta sur cette femme , son égale par le sang et par la misère. Elle avait été sa consolation dans les jours de détresse; aux temps de la prospérité, il mit sa fierté à la rendre riche et puissante, à lui faire partager ses honneurs, son palais, à lui donner une cour, à humilier devant elle les plus nobles matrones. Exempte des mauvais instincts de son frère, elle n'abusa point de sa puissance, et mérita d'être épargnée quand la roue de la fortune vint à tourner. On l'appelait par dérision la femme de l'eunuque '.
Le premier maître d'Eutrope, ou du moins le plus ancien dont l'histoire se souvienne, fut un certain .Ptolémée, préposé aux haras militaires de l'Egypte, soldat brutal, qui mêlait quelques qualités à sa grossièreté, et se fit aimer de son esclave *. Celui-ci commençait à s'attacher, quand un beau jour Ptolémée renvoya au marché et le vendit : ce fut un des pre-