‹ Récits de l'histoire romaine au Ve siècleChapitre 72 sur 251 · Primo conamine ruptse · texte numérisé non relu

Primo conamine ruptse

Thepmopylœ...

Claud., de Bell. Getic, v. 187-188.

2. Bœotia quidem universa, cjeterique GrîBcorum populi prostrati jacebant..., solis Thebanis partim ob urbis munitionem conscrvatis. Zosim., V, 5.

3. ^ihil jam AthenîB splendidum habent, prœter ccleberrima locorum nomina. Synes., Ep. 135, p. 272.

science, mais on a foulé le pavé du portique et senti sur son front Tombre des jardins d'Académus * . »

Toutefois les souvenirs mêmes d'Athènes étaient depuis longtemps mis au pillage par ses maîtres, et récemment enc6re un des proconsuls romains avait fait détacher des portiques du Pœcile une peinture murale de Polygnote pour décorer on ne sait quel palais de Constantinople *. Le passé s'en allait ainsi pièce à pièce sous la main des hommes. Il est vrai que la ville de Minerve revendiquait, outre ses gloires séculaires, une illustration vivante, comme foyer de ce paganisme philosophique qu'on appelait alors hellénisme, dernière forme du polythéisme grec uni aux superstitions de la théurgie. Si la doctrine symbolique, au moyen de laquelle les philosophes pythagoriciens et platoniciens prétendaient expliquer les fables du culte païen, trouvait dans les écoles d'Alexandrie de savants et courageux interprètes, ceux d'Athènes l'emportaient en considération, par le siège même de leur enseignement. On s'y croyait en communication plus directe avec les divinités et les génies, surtout avec Minerve, dont cette ville célèbre portait le nom.

Sans être, comme Stilicon ou Fravitta, un Barbare civilisé par l'étude, et sans nourrir à cet égard aucune prétention, Alaric avait assez entendu parler d'Athènes pour éprouver un vif désir de la voir-, mais, quoique chrétien, il ressentait en même temps une secrète

1. Restât ut oberrando Academiam ac Lyccum mireris. Syiies., Ep. 135, p. 272.

2. Proconsul tabulata sustulit, in quœ artcm omnem suam Polygnotus Thasius contulerat. Synes., Ep. 135, p. 272.

frayeur à Tidée de la profaner. Il lui semblait sans doute que les grands dieux qui s'en montraient jadis les protecteurs assidus pouvaient se réveiller au bruit de la violation de leurs temples. En vain des fanatiques en manteau noir — c'est ^insi que les païens désignaient les moines* — vim-ent le trouver dans son camp pour Texciter à détruire ce dernier habitacle des démons, le Balte s'y refusa, et d'ailleurs les magistrats de la cité surent à propos le désarmer par leur soumission. Déjà maître du Pirée, il se proposait de bloquer hermétiquement la ville, où se faisait sentir un commencement de famine*, quand les archontes apportèrent dans son camp des propositions de paix. Ils consentaient à recevoirAlaric, mais seul, ou suivi d'une simple escorte, demandant que non seulement son armée ne pénétrât point dans leurs mure, mais qu'elle évacuât au plus tôt le territoire de l'Attique, en s'abstenant de tout dégât' : à ces conditions, la ville ouvrait ses portes et payait poilr sa rançon une somme considérable en or et en objets précieux. Alaric accepta des propositions qui allaient au-devant de ses vœux ; le traité fut juré de part et d'autre, et le lendemain le chef d'une armée Barbare, fédérée de l'Empire de Constantinople, faisait son entrée dans Athènes, par la même porte qui avait autrefois donné passage aux légions de Sylla.

Reçu en grande pompe par les magistrats, le roi golh fut installé dans la splendide demeure qu'on lui avait préparée. II lui prit alors la singulière fantaisie de me-

l.Impia natio fuscis utentium vestibus. EuDap.^ Vit, Maximi, p. 52.

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