Lettre de Loarula du 5 septembre
laissent encore dans l'inconnu la question des sources de ce fleuve. Mais outre que M. Stanley n'a observé nulle part un bras se détachant du Livingstone avec un courant divergeant de ce même Livingstone, et qu'il affirme une bifurcation impossible, par suite de l'encaissement des montagnes sur le point du parcours où il faudrait la supposer, c'est-à-dire à l'ouest du 16e degré de longitude est de Paris, les crues des deux cours d'eau, qui se font à des époques très-différentes, semblent répondre par la négative à l'hypothèse émise. Le Livingstone et l'Ogôoué bien que relativement rapprochés l'un de l'autre auraient donc des bassins distincts.
Les explorateurs français, en quittant le bassin de ce dernier fleuve vers le 2e degré de latitude sud, sont remontés dans la direction du nord-est et ont fait connaissance avec deux cours d'eau très-importants allant de l'ouest à l'est et qui pourraient bien être des affluents du Livingstone. L'un deux, l'Alima, n'a pas moins de 100 mètres de largeur sur une profondeur de 5 mètres.
M. de Brazza est rentré au Gabon le 30 novembre 1878, après avoir fait en pays inconnu un trajet de 1 ,300 kilomètres, dont 800 à pied.
Nous n'insistons pas sur l'immense importance de la vaste voie de navigation intérieure ouverte par le gigantesque Livingstone et les autres cours d'eau qui s'y rattachent directement ou indirectement.
M. Stanley est pressé d'en voir prendre, dès aujourd'hui, possession par une puissance capable de développer efficacement le commerce et de répandre la civilisation dans le noir continent; et dans ses vues enthousiastes, il n'hésitepas à désigner à l'Angleterre, l'Afrique comme « une seconde Inde », comme une terre promise qui en tant que débouché commercial, devra, avant un grand nombre d'années, devenir plus importante pour les Anglais que l'inde elle-même '.