OS
«CENES D E LA VIE AMÉRICAJNE
peut servir d'indicati™ r ■ , rain P lus mou, les bestiaux Si Genéralem ent l'eau trahit
trois „„ „ , P»»' y arriver. U ce soet
a Pcr elT T*" '»- à fo„a de M, j » pourscc d „„ pellt groupe de bœi]fe
la" d ce p e „ le rapi(ie , „ * «°
««ta»™* de la préseilc 4 e icaccoul ! T
des difficultés du terrain dp,! ^^
troncs renversés a ' ^^ Ct deS
* 'averses qui le coupent.
Ces hommes sont de vrais centaures et d*n,
mesç.a la d, stance entre |e b «
Po.n» opp„ 8é 0(l répMl , du «'
« ^creer ; ce«e d is ,,„ oe dcpassa „ , ^
99Q LES BANCHEMEN DU FAR-WEST. ~
L'homme n'eut pas d'autre mal qu'une commotion bien vite passée, et au milieu des moqueries de ses compagnons, qui sont toujours sans pitié en pareil cas, il se releva et, prenant son revolver, il tua sur place le malheureux broncho, qui, lui, avait les jambes brisées.
Les bouviers peuvent se diviser en deux classes: ceux qui viennent du Texas et ceux qui se recrutent dans les Élats de l'Est, du Missouri principalement ou des versants des chaînes du ladfique- l'Orégon fournit un assez grand nombre de webfeet (pieds-palmés), nom qui leur vient de l'humidité du pays avec ses longs hivers pluvieux. Les Texiens, en tant qu'il s'agit de vrais cowboys, sont sans rivaux: ce sont les me.lleurs cavaliers, les hommes les plus hardis, les plus rompus au métier; le seul revers de la médaille, c'est leur réputation de sauvagerie. Les autres sont moins capables, mais plus disc.phnes. Le mauvais renom des Texiens leur vient surtout de leur caractère emporté ; le fait est qu'ils sont toujours prêts à jouer du revolver.
Arrivons maintenant aux côtés pratiques de la question. Le premier point à signaler par le rancheman qui s'établit, lorsqu'une fois il a chois! son range, est de savoir quels bestiaux il achè-
SCÈNES DE LA VIE AMÉRICAINE
tera. Il y a trois grandes sources de production d'où sont tirés annuellement d'innombrables troupeaux : le Texas, l'Utah etl'Orégon ne sont entrés en ligne que très récemment, donnant ainsi une preuve nouvelle des gigantesques aptitudes du Grand-Ouest. II y a trente ans, alors que l'Orégon était un parfait désert et que l'Utah — à l'exceplion de la colonie du lac Salé, toute petite encore — était dans la même condition, il n'y avait pas une tête de bétail dans ces régions, sauf le pelit nombre d'animaux que chaque famille de colons amenait avec elle de l'Est, et dont la moitié, sinon plus, succombaient aux fatigues du voyage et à l'absence de nourriture et d'eau sur le désert inhospitalier et sans fin.
L'élevage, oomme spéculation, était alors et demeura longtemps à l'état de lettre morte; il n'en était pas même question et personne n'amenait plus de bêtes qu'on n'en pouvait conduire commodément — en moyenne dix bêtes par famille d'émigrants, racontent les vieux guides. Ces bêtes, toutefois, ont multiplié, dans les vallées de rOrégon, dans une proportion énorme, et l'on compte aujourd'hui des centaines de milliers de bestiaux là où, il y a trente et même vingt-cinq ans, il n'eu existait que quelques centaines eu
LES RANCHF.MEN DU FÀR-WEST.
tout; et, chose curieuse, la progéniture des ancêtres originaires est aujourd'hui reconduite en immenses troupeaux dans la direction de l'Est, sur cette même route mormonne qu'ont suivie ses grands parents, il y a quinze ou vingt ans, dans leur voyage vers l'Ouest, leur nouvelle patrie.
Pour en revenir au choix à faire des races, la voix commune déclare les races de l'Orégon et de l'Ulah infiniment supérieures à celle du Texas. Tandis que les fermiers ranchemen du Colorado, du Wyoming et du Montana n'avaient que celle-ci, le bétail de l'Orégon élevé dans les deux derniers de ces Territoires, en 1879, dépassait en nombre trois ou quatre fois au moins le bétail du Texas. Tout d'abord on avait douté que les bestiaux élevés sur les versants regardant le Pacifique, et principalement sous le climat humide et modérément chaud de l'Orégon pussent supporter les hivers du Wyoming et du Montana, avec leurs tourmentes de neige. L'expérience toutefois a établi non seulement que le bétail de l'Orégon pouvait résister aux rigueurs de l'hiver, mais aussi qu'il prospérait sur le sol du Wyoming. Comme les bestiaux de l'Ulah et de l'Orégon atteignent des prix relativement beaucoup plus élevés à Chicago etsurles autres grands marchés, ces races sont aujour—
If
232 SCÈNES DE LA VIE AMÉRICAIKB
d'hui classées les premières, et, conséquence naturelle de l'accroissement considérable de la demande, les bêtes à cornes de l'Orégon ont monté de 75 pour 100 de leur valeur dans les trois ou quatre dernières années qui viennent de s'écouler. ^ Le choix du bétail décidé, il y a trois moyens différents de se le procurer. On peut tout d'abord l'acheter sur le range ; c'est le moyen le plus rapide, c'est aussi le plus sûr lorsqu'on prend les précautions voulues, mais c'est en même temps le plus dispendieux. Les bestiaux sont achetés en un bloc de tant de têtes, « plus ou moins » ; mais comme il n'est naturellement pas facile de recenser et de contrôler de vastes troupeaux appartenant à différents propriétaires et paissant sur un immense parcours, ce moyen laisse la porte ouverte à la fraude, et beaucoup de nouveaux venus en sont souvent viclimes.
Le second moyen, celui que doivent préférer de beaucoup les nouveaux colons, c'est de faire marché avec un des grands éleveurs établis, pour un nombre déterminé de bêtes de telle race et de tel âge, 75 pour 100 environ des vaches devant être pleines et le troupeau devant être livré à une époque donnée, sur votre ranche. Il est bon de stipuler un fort dédit (souvent 75,000 ou
wm
LES RANCUEMEN DU FAR-WEST
100,000 francs) en cas de non exécution du contrat. En outre, l'acquéreur doit se réserver le droit de repousser toutes les bêles qui ne seraient pas en parfait état de santé ou conformes aux conventions stipulées. Généralement, cependant , il s'écoule une année avant que vous receviez votre troupeau, car si vous signez, par exemple, votre marché dans le Wyoming en automne, le bétail ne sera acheté par l'entrepreneur dans l'Orégon qu'au printemps, et tout l'été se passera avant que le troupeau ait atteint le Wyoming.
Le troisième moyen, le seul originairement, de se procurer son bétail est d'aller soi-même au Texas ou dans l'Orégon, d'y acheter ses bêtes de différents propriétaires, et de partir avec elles pour son ranche lointain dès que les rayons du soleil de mai ont fait verdir la plaine. La tâche de conduire un troupeau de bestiaux est une des entreprises les plus pénibles qui soient ; nous aurons à en parler un peu plus loin. Ce dernier moyen de se procurer un bétail, quoique le moins coûteux, est aussi celui qui est le plus chanceux pour les débutants, les pieds tendres, comme on les appelle.
Il est aujourd'hui deux manières d'exploiter l'industrie de l'élevage des bestiaux dans l'Ouest. L'une, sur laquelle nous ne nous étendrons pas
SCÈNES DE LA VIE AMÉRICAINE
autrement, consiste à acheter de jeunes taureaux, à les garder deux ans sur le range et à les vendre sur le marché comme des bêtes de quatre ans. L'augmentation de valeur par tète varie de 10 à la dollars (50 à 75 francs). Cette opération permet au rancheman de doubler presque son capital dans ce court espace de temps, pourvu que ses pertes n'excèdent pas 5 pour 100 et qu'il ait la chance pour lui.
L'autre manière est d'élever un bétail en achetant des vaches du Texas, de l'Orégon ou de 1 Utah, et le nombre de taureaux nécessaire des Étals de l'Est ou de l'Angleterre. Cette méthode, si vous vous décidez à ne pas vendre un seul animal pendant les trois premières années, est à la fois beaucoup plus profitable que le simple engraissage des troupeaux. Autrefois c'est elle qui avait le moins d'adeptes, en raison du plus grand capital exigé pour pouvoir rester trois ans sans tirer de revenus ; mais les grands bénéfices procurés étant devenus plus connus dans l'Est, les capitaux ont afflué dans ces dernières années sur une plus grande échelle, et cette méthode est aujourd'hui la méthode adoptée de préférence par les gens que tente la chance de faire fortune en cinq ou six ans en allant dans l'Ouest.
T,R9 RANCHEMEN DU FAR-WEST
Rien ne peut mieux donner l'idée de la fortune d'un éleveur dans ces régions sauvages qu'une esquisse sur nature. Écoutons l'hisloire de M. Iliff, un des cattlemen du Colorado et du Wyoming les plus connus, récemment décédé. M. Iliff était du nombre de ces hardis pionniers qui, lors de la grande fièvre de l'or des gisements de Pike's Peak, en ï 859, traversèrent par milliers le grand Dénerl américain, comme on appelait encore alors la vaste région inhabitée située entre le Mississipi et le Colorado. A l'inverse de la majorité de ses compagnons qui, après un court et ingrat apprentissage, reconnaissant que l'or ne se ramassait pas à la pelle, ou revinrent chez eux ou poussèrent plus loin vers la Californie occidentale, rencontrant sur leur chemin les prodigieuses mines d'argent du Nevada, M. Iliff resta sur les lieux, jeta là, pelle, pic et passoire à or et se mit en mesure de s'installer et de cultiver une petite superficie de terre près de Denver, alors ville d'une centaine de baraques misérables, peuplée de gens de la pire espèce ; car, à cette époque, les nombreux arbres à pendaison, qui les années suivantes avaient servi à épurer un peu la société de ces régions, n'étaient pas encore poussés.
Iliff n'était pas plus passioané que de raison
ii r
XÈms * ■» ™ «tau».
Pour ce côté sombre de la »,'» j„ , -
™volver, ilsedéciS , g ' q '"" iàka "«
'e Nord Se dVn er 'f*? "* ^pénales vers •ou 1 e simp ::: ae ,r;,;;';»-ea„e affaire * loulouand il arriva P arfa "0">enldé„ué
qu'il récoliai, se V e„ daien ° ", e ; **» '^™ es 1er un cheval H„. e "' ^ "ï uoi acl 'e-
- h te Ten cir" 6 ?' UneCar,bi " e - Pre "»»' o-j. "iavai, servi de ,„ gi s p e^:;r: o r" ,ïe
une caûane de troncs d'arbres m,'ii .*k
mip i o „ • «'"'es, qu il acheva avant
que les mauvais temns d* vu; ..
Iln«. -, biem P s ael hiver! 'eussent surpris
JJ « avait, raconta-t-ij nlus farH „ ,
peute prov.sion de ubac, objels à l'aide desquels
aZ:":r r , u " cw " m -«™c,es m „::c!
passai " ra " ,S ' "'"• da " s '" »o„„e saison,
fo s dW " T r ° U,e dés0fe ' au """""o pa^ fois d une cenlai „ eparjou| . ]tandu P
LES RANCHEMEN DU FAR-WEST
s'écoulait des mois sans qu'on y vit un être civilisé — le courrier à cheval et plus tard la malleposte suivant la route méridionale, située beaucoup au sud de son établissement.
Avec les émigrants, généralement aussi pauvres que lui, il trafiqua de son genièvre, de son tabac et des autres denrées que peu à peu il finit par se procurer, prenant en échange des bestiaux, marchandise vivante que tous les émigrants dans l'Ouest emmenaient avec eux en aussi grand nombre que leurs moyens le leur permettaient; car non seulement ces bestiaux leur fournissaient du lait dans les régions totalement inhabitées à travers lesquelles ils voyageaient durant cinq ou six longs mois, mais en même temps ils constituaient les plus précieux objets de commerce des nouveaux colons dans leurs lointaines résidences. Nombre de bestiaux élevés dans l'Est, malgré l'abondance de la nourriture et de l'eau, succombaient aux fatigues du voyage. Aussi Iliff fit-il beaucoup de bonnes affaires, donnant contre une vache éreintée ou un taureau amaigri et pantelant, soit une livre de tabac, soit quelques verres de son précieux genièvre, qui, pour les malheureux émigrants, épuisés, en route depuis deux ou trois mois déjà avant le moment où ils passaient devant le
magasin dïliff, semh , a; , , . .
A quelques milles de ,, «,i
™«. »» milieu d'un „,"! bMe ' " arail *«>»-
considérable de bons „!, ''" : u " e Rendue
««*>< a,„,> „ „ r " *j* »te'» ,oe sen,.
*"»< leurs condi, ionsprenil .^ s SeUI «« m e llr e
'e dérnoui™, les dollar s '«1 n si "^ C °""" e la "» da " £ «« proporli.. e„ ' 2 1CCSS ' aCCl,m ° ,êre »'
, «^e 1 30p„„ rr0 V. a 7™ 8O " de ^"* ^l-es occidentales p»^!?'* 'W* *»
«Peces, «ma,, Me» T n l P °" r * dé " ôls »" dc l'argenl de la senta ' C ' é ' ail Yasser
^e.LesPta ins Se ; èrepe " M, ™^'«
«laie»l, chacun se le ,! t " '" Miss °"«.
* massacres sacs "rrr^ '--«- « 'rtlée deux f 0is bir ™ „ La cab «"e «1» fui
avec ja vie sauve. A
LES RANCHEMEN DU FAR-WEST
l'inverse des chevaux et de toutes les autres choses possédées par les blancs, le bétail, à celte époque, aux yeux des Indiens, était sans valeur. De là vient que, si, d'une part, son logis avait été saccagé avec tout ce qu'il contenait, ses richesses bovines lui restaient toujours et paissaient tranquillement au milieu des collines, à 25 ou 30 kilomètres de la route, sans avoir le moins du monde excité l'envie du Peau-Rouge, qui, encore alors heureux possesseur de territoires de chasse vierges, tenait les bœufs eu souverain mépris, comme « gibier de squavv ».
Pendant dix ans, lliff, comme tant d'autres esprits aventureux, brava les périls des Plaines, et la première locomotive qui fit entendre son sifflet sur le chemin de fer du Pacifique, tout à côté de son ranche, le trouva passé à l'état de richard. Nor.-seulement il avait trouvé un superbe débouché à ses produits vivants dans les innombrables campements d'ouvriers, installés pour la construction de la voix ferrée, mais, alors qu'autrefois l'habitation humaine la plus voisine de la sienne était à 60 kilomètres, une ville de 10,000 habitants, Cheyenne, était née un beau jour à moins d'une vingtaine de kilomètres de chez lui.
Son range, sur la frontière du Wyoming et do
240 SCÈNES DE LA VIE AMÉRICAINE
Colorado, s'étendait déjà, en 1872, d'fnterburg à Greely, distance de plusde 240kilomètres, sur une largeur d'environ 160. Sur cet immense domaine paissaient 40,000 (êtes de bestiaux, représentant une valeur de 4 millions de francs, tous appartenant à l'homme qui, dix ans à peine auparavant, avait planté dans ces parages le premier pieu de sa cabane.
Ce qu'il y a de plus instructif dans cette étonnante carrière, c'est qu'liiff n'avait en aucune façon à remercier la bonne chance de son succès. Ses pertes ont été souvent très grandes. Ainsi, dans l'hiver exceptionnellement froid et long de 1871-72, il perdit, en bêtes mortes de faim, 025,000 francs, et au printemps il dut dépenser plus de 525,000 francs pour rassembler les animaux égarés, auxquels les tortures de la faim avaient fait parcourir 650 kilomètres à la recherche de leur nourriture. Une partie de ses troupeaux finit par se retrouver dans deux États différents et dans divers Territoires de l'Union.
Tandis que des milliers de ses anciens camarades des mines étaient revenus dans leurs résidences de l'Est à moitié affamés et que des centaines avaient trouvé une tombe dans les montagnes du Colorado, un petit nombre — très petit, hélas ! —
LES RANCHEMEN DU FAR-WEST
favorisés par le hasard, avaient mis la main sur de grandes richesses, destinées à être de nouveau gaspillées avec la plus incroyable imprudence, il avait, lui, poursuivi sa voie avec une persévérance singulière, et, outre qu'il a laissé ses héritiers millionnaires, il a joui, pendant les sept dernières années de sa vie, par le fait de son industrie des bestiaux et tout à fait en dehors d'autres spéculations, d'un revenu annuel de plus de 650,000 francs.
La première ferme d'élevage inaugurée au Colorado fut celle du colonel J.-D. Henderson, qui, parti du Kansas, au printemps de 18-09, pour les mines d'or de Pike's Peak, fut des premiers à comprendre que l'élevage des bestiaux était plus profitable que le travail des mines. Il avait avec lui une voiture chargée d'épiceries et de quelques barils de genièvre. Sa première opération commerciale avec une bande d'Indiens UU lui assura, pour deux barils de genièvre, la possession d'une grande île sur la rivière Platte, au-dessous de Denver. Une grande et solide cabane de troncs d'arbres et un corral à bestiaux furent érigés avec l'aide des femmes indiennes, qui, tandis que leurs nobles seigneurs et maîtres étaient assis à boire leur acquisition, aidaient, elles, à tirer les charpentes de
242 SCÈNES DE tA VIE AMÉRICAIKR.
la forêt la plus proche. Bientôt l'île d'IIenderson devint le rendez-vous favori et le lieu de halle des chercheurs d'or et des émigrants se rendant a la montagne. En 1 8G I , Henderson avait déjà 2,000 (êtes de bétail, et son commerce allait rondément. Le genièvre, vendu au détail à 2 fr. 50 le verre, rapportait j 25 francs par gallon de 4 litres, tandis qu'une vache pouvait s'acheter infiniment moins cher.
Le développement merveilleusement rapide de l'élevage au Colorado — constitué en État depuis 187G — est démontré par le fait qu'en 1871 il n'y avait que 145,91 G tètes de bestiaux recensés pour l'impôt, alors que, six ans plus tard, on en comptait 483,278, et qu'aujourd'hui le nombre en est estimé à 850,000 ou 900,000 (I).
80,000 bœufs en 1877 et 88,000 en 1878 ont été embarqués, c'est-à-dire envoyés par le chemin de fer, la plupart à Chicago, taudis que la demande pour l'intérieur du Colorado, celte dernière année, s'est élevée à 20,000. Ainsi, en une année, la vente de 108,000 boeafs réalisa, pour le nouvel État (à raison de 125 francs par tête),
encnr™ } c * . mmn °'"> lamentation a été plus rapide
20 uj ) 'if >, ,nJ '?. , « l î e . e M* ; '. I* Colorado en avû.i auunt de
sali p, n ÏÏJSu^'lî "iiiluas eu «78. Ces derniers ctiilfnw
empruntes au sérieux ouvrée de M. Kosset sur le Colo-
tES RANCHEMEN DU FAR-WEST,
une somme de beaucoup supérieure à 1 2,500,000 (V. La conduite d'un troupeau de bétail, cette opération que les Américains appellent ridmg on trail et dont il a été question plus haut, est une entreprise qui exige de la part du chef une grande expérience : le talent naturel intuitif du trappeur, habile dans tout ce qui lient aux choses des plaines, le génie d'un général en chef, un coup d'œil prompt el ferme, une main plus prompte encore armée d'un pistolet. Des principaux centres à bestiaux du Texas, il faut de quatre à six mois, et de l'Orégon pas beaucoup moins, de voyuge constant pour atteindre le Wyoming nordoccidental. On a à traverser de grandes chaînes de montagnes, de vastes étendues de plaines sèches absolument nues, des rivières pleines de sables mouvants dangereux où l'on a vu des troupeaux entiers périr, et des cours d'eau sujets à des crues soudaines de l'espèce la plus terrible, d'immenses espaces de désert gris-cendre absolument secs, ou pendant des trajets de 50 à G0 kilomètres on ne rencontre pas une goutte d'eau, et tout cela avec trois mille, quatre mille ou cin | mille bestiaux à demi sauvages, tirés tout droit de leurs parcours sans limites, inaccoutumés à la vue d'êlrcs humains et faciles à prendre une panique
SCÈNES DE LA VIE AMÉRICAINE
qui se résume en un désastre général. Ajoutez à cela que les pays traversés sont infestés d'Indiens qui, sinon positivement hostiles, sont toujours prêts à faire un mauvais coup, et que la nature elle-même, sous la forme d'orages effrayants et de tempêtes de neige, y semble se faire un malin plaisir d'anéantir toutes les chances de l'aventureux pionnier des frontières.
Examinons l'équipement général, Youtfit, d'un groupe engagé dans cette diabolique entreprise avec un troupeau par exemple de quatre mille bêtes, Oui fit, dans le langage de l'Ouest, comprend pour ainsi dire toute espèce de choses, depuis une épouse avec six enfants ou une collection de bestiaux jusqu'à la marmite de campement d'un groupe de sportsmen anglais en partie de chasse. Dans le cas que nous venons de dire, l'oulfit se compose du capitaine et de quatre ou' cinq bouviers (cowboys), d'un grand chariot avec bâche goudronnée pour porter les vivres et la literie, d'un garçon cuisinier et d'un certain nombre de poneys - de quarante à soixante qui, si l'on part du Texas, peuvent s'acheter là à raison de moins de 75 francs pièce et se revendre le double arrivés à destination. Comme on aura beso.n de ces chevaux au ranche, habituellement
LKS RANCHEMEN DD FAR-WEST.
on ne les vend pas, le voyage fini. Souvent on en amène cent ou deux cents avec les bestiaux comme spéculation, les bouviers se cotisant pour couvrir les frais de l'achat et de la location spéciale d'un homme pour les soigner.
Jusqu'à une époque très récente, le voyage se faisait de compagnie entre deux ou trois oulfits, car les pays que traverse la vieille route à bestiaux bien connue du Texas étaient infestés d'Indiens hostiles et de bandes également dangereuses de voleurs de grand chemin mexicains. Les hommes sont tous bien armés, et il se rattache à la route de terribles histoires de massacres.
Les orages, principal danger de ces régions en été, jettent les bestiaux dans une terreur extrême. Lorsqu'on en voit un menacer, tout le monde, le cuisinier compris, est mis sur le quivive, les chevaux de réserve sont soigneusement attachés, le troupeau est massé dans le plus petit espace possible, tandis que les hommes chevauchent constamment autour de lui, s'appelant les uns les autres à voix modérément haute, car, comme les chevaux, les bestiaux en pareille circonstance se sentent encouragés par la voix et la proximité de l'homme. Tandis que le tonnerre gronde et que les éclairs brillent avec une inten-
SCÈNES DE LA VIE AHÉBICAIW
silé d'éclat inconnue en Europe, les bêtes effrayées
pas len et ferme du cavalier, et sans nul doute en -eue lent quelque chose comme un sentiment réconfortant de protection. Très souvent cependant un jeune taureau, plus alarmé que le res.e et Capable de maîtriser ses terreurs, fait une
po.n.e folle en profitant d'un espace ouvert dans a chaîne de garde. La crise va éc.a(er, car exemple sera sûrement suivi et en deux minu.es te troupeau entier de qualre mille lé.es se sera <parp,lle effroyable déroute de bêles mugissantes, affolées, courant à la mort au milieu de 1 obscurité.
U"e grande panique est une scène à n'oublier amais. Jmag.nez une nuit noire comme de l'encre a voix mennçanie du tonnerre, le terrain non
seu'oment complètement étranger aux hommes, ™,s très haché, plein de trous, sillonné d, cours
d eau aux rives à pic, et vous auroz une idée de la tache d un bouvier en pareille occurrence. Coûte
que coûte, il faut que ces hommes commandent la tête du troupeau. Une fois lancés, ils par .
courront 30, 40,50 k.iomètres d'un trait avec la troupe effarée, nombre de bétes se tuant dans d effroyables chutes ou étant foulées aux pied des
LES RANCHiïMIÎN DU FAR-WEST.
aulres, tandis que des groupes s'échappent du gros du troupeau.
Non seulement les audacieux cavaliers, lancés à un infernal galop en pleine obscurité sur un sol hérissé de dangers, mais aussi les chevaux — insignifiantes petites bêles, sans rivales toutefois pour la vigueur et le courage — savent parfaitement combien leur salut dépend de la vitesse qu'ils ont à déployer dans cctle effrénée course de nuit. Inerte jusqu'au dernier moment, le pesant fouet de cuir de bœuf entre en danse, puis les puissants éperons, moins cruels cependant que les noires, avec des molettes larges comme des écus de G francs. Au signal donné, lesgardiens galoppent sur les flancs des bestiaux terrifiés jusqu'à ce qu'ils arrivent à atteindre les chefs du troupeau et, finalement, les tournant sans se préoccuper des terribles cornes, ils s'efforcent de presser les brutes beuglantes de se porter d'un même côté. Tous les hommes suivent la même tactique; la course folle touche enfin à son terme; les animaux soufflant bruyamment et se frappant les côtes de leurs queues, finissent par s'arrêter, et le troupeau, ou ce qu'il en reste est rassemblé.
Ou comprend tout le danger d'un pareil travail, et. plus d'un brave cowboy a perdu Ja vie
SCÈNES » E U VIE AMÉRICAINE
dans les paniques des (roupeaux ; tout à l'heure jeune homme insouciant et joyeux, il suivait' tranqu.llement assis sur sa selle, la longue file de' -s betes: cinq m inu,e S plus tard, son e orpsn . est Plus qu une masse informe, foulée aux pieds de
la bande effarée passant par-dessus cheval et cavaher que ,a fatalité vient de précipiter contre un tronc d arbre ou au fond d'un ravin. La course a entraîné le troupeau bien loin de la route, Zl. duit peut-être tout p rès d'un campement d'Indiens hostiles ou de quelque bande organisée de brigands mexicains; alors, quand enfin l'aube a lui, de nouveaux dangers peuvent atteindre le petit contingent qui, comme cela arrive souvent en pare.lles circonstances, n'a pas quitté la selle de trente-six heures, si ce n'est pour changer de chevaux. C'est spécialement dans cet office de conducteurs de troupeau que brillent les exceptionnelles qualités des bouviers mexicains - toujours à la condition que leur chef soit selon leur cœur.
Troupeau et hommes, fatigués et gris de poussière au bout de leur long voyage de l'été, arrivent enfin au point qui désormais va devenir leur résidence. Alors seulement commence le travail II faut construire le ranche ou habitation et le «r cor-
LES RANCHEMKN DU FAR-WEST
rai » ou enceinte aux bestiaux ; il faut emmagasiner du foin si l'on peut s'en procurer ; il faut marquer les bêtes et les distribuer avec soin sur le range ou parcours; ici mille têtes, là deux mille, plus loin cinq cents, et ainsi de suite jusqu'à ce. que tout le troupeau soit casé.
Le long voyage ne se fait pas toujours en une seule saison ; des obstacles imprévus — tempêtes de neige inattendues et autres causes — peuvent avoir retardé la caravane dans le trajet, l'obligeant alors à hiverner. Pour cela, on s'arrête à la première terre à pâture inoccupée qu'on rencontre. On érige un ranche temporaire ; la voiture, avec une couple d'hommes, est envoyée à l'établissement du colon le plus proche, situé souvent à 150 kilomètres de là, chercher des provisions pour l'hiver; puis on reste sur place jusqu'au printemps. Alors le cow-camp (camp de vaches) est levé, et l'on se remet en route pour le point de destination définitive. Dix-huit mois et plus se passent en pareil cas entre le jour où l'acquéreur du troupeau s'est mis en marche et celui où il atteint son logis futur.
Les caractères sociaux de l'élevage sont aussi tranchés que le sont les caractères naturels, et pour peu qu'on suive les pas des ranchemen les
SCÈNES DE LA VIB AMÉRICAINE
pl" aventureux poussant vers l'ouest et, dépouillant I homme ronge de ses heureux territoires de
classe, remplaçant le bison et Jelnn par les es pèces dom es(iqiies , on voit en même temps se dérouler devant soi „ n morceau d'hisloire de la frontière.
Le peuplement d'un nouveau Territoire est une élude intéressante. Le flot de l'émigration attirée par la découverte de l'or se répand sur le sol ; une période d'ardente spéculation et d'actes de brigandage s'ensuit, pour ne finir que dans un autre départ, toujours à l'ouest, à la recherche de champs nouveaux d'exploitation, laissant en arrière, comme fondateurs d'une société nouvelle »n peut résidu de mineurs - la couleur qui reste cm fond de la poêle du laveur dor - ou en d'autres termes, les moins aventureux, mais les plus laborieux et les plus économes, c'est-à-dire une porlion précieuse de la horde émigrante Le emps marche, et celte société, arrivant graduellement à dépasser les Ii mi , es d'une population de Terr.Jo.Ye, est transformée en État, ajoutant ainsi une éto.le de plus au grand drapeau naliona!
Dans le laps des dix ou douze dernières années qui viennent de s'écouler, les ranchemenont joue un rôle très important dans le peuplement
LES RANCHEMÈ.N DU FAR-WEST. 251
des nouveaux pays et généralement de ceux qui, par l'altitude ou la pauvreté de leur sol, n'auraient pas pu servir à d'autre usage. Bon nombre des villes de l'Ouest vivent du commerce des bestiaux, et le Wyominget le Montana seraient sans doute encore, sans les éleveurs, les steppes inhabités qu'ils étaient il n'y a pas quinze ans.
En terminant sa nerveuse esquisse des hommes et des pays du Far-West qu'il a visités avec tant de profit pour ses lecteurs, M. Biillie Grohman a tenu à réhabiliter les Américains de l'Ouest sur le caractère général desquels courent encore tant d'idées fausses. Ou trouve dans les écrits d'auteurs américains de mérite, remarque-l-il, des séries de portraits, aussi fidèles que peu flatteurs, des chercheurs d'or du vieux temps; nuis ce serait une grande erreur que d'appliquer ce moule à tous les autres, et particulièrement aux hommes engagés dans l'industrie de l'élevage et le commerce des bestiaux, aux slockmen, qui, règle générale, constituent une classe laborieuse, énergique et fort hospitalière. Les étrangers seront frappés de ce dernier trait et l'accueilleront avec d'autant plus do plaisir q je dans notre imagination ces régions no \ civilisées sont peuplées par une race de gens sans aveu dont la loi suprême
SCÈNES DE LA VIE AMÉRICAINE
est le revolver, le seul dieu le whisky, la seule prière un blasphème.
, Non, s'écrie notre voyageur, telle n'est pas cette société, bien que naturellement, comme dans tout pays neuf, la population se compose des éléments les plus hétérogènes: où, par exemple, votre voisin de droite est un gentleman de naissance et d'éducation que l'amour des aventures a poussé à échanger l'existence luxueuse des cités de l'Est contre la vie active et brûlante de l'Ouest, tandis que votre voisin de gauche, étrange contraste, est un rude et grossier personnage à longue barbe, à long couteau, élevé dans les régions occidentales et qui, après vingt-cinq années d'aventures dans les solitudes de l'Arizona, du Nouveau-Mexique ou du Texas, a fini par s'établir à poste fixe et à travailler avec ardeur à son ranebe. Là, le colon arrivant d'Europe, — et particulièrement le colon anglais, habilué dans son pays à une cerlaine déférence de la part des intérieurs, — sera quelques temps à chercher, et à chercher en vain, les lois qui gouvernent les rapports mutuels des difleren les classes dans l'ancien monde. Tout d'abord il trouvera peu de son goût l'indépendance du cowboy placé sous ses ordres, lequel par son altitude et ses allures ne manquera
LES RANCHEMEN DU FAR-WEST
pas de lui faire comprendre que la question de savoir lequel vaut le mieux, du maître ou du serviteur, a été depuis longtemps réglée dans son esprit. Les mains lui démangeront quand quelque impertinent « faites-le vous-même » sera la seule réponse qu'il recevra à quelque injonction concernant une affaire qui n'est pas précisément du ressort de son assistant (hclp). Avec le temps il s'accoutumera aux façons et aux mœurs du pays et, s'il n'est point entiché de quelque sot orgueil, les bons procédés qu'il saura franchement mettre en œuvre — qualité de caractère que personne ne saisit plus vivement que ces libres et indépendants hommes de l'Ouest, — lui auront bientôt gagné non seulement le bon vouloir, mais l'attachement dévoué des rudes et insouciants personnages qui l'entourent.
11 faut faire en Amérique comme font les Américains. Ce trait accusé de l'Union américaine: l'égalité sociale, tout en se manifestant souvent d'une manière aussi extravagante que désagréable, n'en est pas moins un facteur important dans le développement si extraordinairement rapide du Grand- Ouest et ne doit jamais être oublié du colon européen. Un homme dans l'Ouest est un homme ; fut-il le plus pauvre des bouviers, il
254 SCÉNES DE " m mwn