‹ Récits des temps révolutionnaires; d'après des documents inéditsChapitre 10 sur 17 · LA MOUT DE IMCIIIX.IU · texte numérisé non relu

LA MOUT DE IMCIIIX.IU

après coup pour des motifs restés ignorés et incompréhensibles» Il raconte qu'effrayé parle silence et L'immobilité du général, et « craignant un accident », il est allé sur-le-champ prévenir le consierge fauconnier. Il craint un accident et il ne s'assure pas si sa crainte est ou non fondée, alors qu'il lui suffirait, pour s'en assurer, de s'approcher du lit, où il verrait ce que verront un peu plus tard les magistrats et les chirurgiens convoqués tardivement. Il ne se demande même pas si, à supposer que Pichegru ait été en effet victime d'un accident, il n'est pas temps encore de lui porter secours et de lui prodiguer des soins* Non, tel est l'effroi qui s'empare de lui qu'il ne veut rien savoir, ne regarde pas et quitte la chambre précipitamment. Il est vraiment impossible, on le reconnaîtra, d'ajouter foi à ce récit. La vérité qui s'impose, c'est que Papon a constaté la mort, et qu'alors, mais alors seulement, il a couru chez Fauconnier.

Celui-ci, du reste, ne se monlre pas plus curieux que lui. La chambré est au rez-de-chaussée, à deux pas de son logement. L'idée ne lui vient pas d'y entrer] il va lui même prévenir le colonel de gendarmerie Ponsard, préposé à la garde du

150 RECITS nES TEMPS REVOLUTIONNAIRES.

Temple. Ils se rendent ensemble chez le juge d'instruction Thuriot, qui envoie aussitôt au commissaire de police Dusser l'ordre de se rendre au Temple et d'y dresser procès verbal. Agirait-on avec cette lenteur si, dès ce moment, on ne savait que Pichegrn est mort?

Quoi qu'il en soit, il est plus de dix heures, lorsque, à la suite du commissaire de police qui a procédé aux premières constatations, arrivent à la prison les citoyens Desmaisons, Rigault, Bourguignon et Thuriot, membres du Tribunal criminel, André Gérard, commissaire du gouvernement, Delafeutrie, substitut, et Bore, commisgreffier. Sont également présents : les chirurgiens François Soupe, Mathieu Didier, Bernard Bousquet, Jean Brunet, Guillaume Fleury, le médecin Augustin Lesvignes, plus huit officiers qui ont servi sous les ordres de Pichegru et aideront à établir son identité.

Un examen sommaire du cadavre qu'on a trouvé étendu sur le lit permet de se rendre compte qu'il y a eu strangulation. La face est ecchymosée, la mâchoire serrée, la langue prise avec les dents. Le cou est entouré d'une cravate de soie noire, large de deux doigts, fortement nouée, dans laquelle

Page 1