‹ Récits du seizième siècleChapitre 15 sur 25 · JEAN CALVIN · texte numérisé non relu

JEAN CALVIN

A VALERAN POULAIN 1 (En réponse à une calomnie)

Mars 1547.

On m'accuse, dis-tu, d'avoir acheté un domaine au prix de plusieurs milliers de florins. Je serais bien fou en vérité de perdre mon temps à réfuter de si lourds mensonges. 11 n'est personne ici et dans les environs qui ne sache que je ne possède pas un pouce de terre. Ceux qui me connaissent savent que je n'ai jamais eu l'argent nécessaire pour l'achat d'un sapent, excepté quand je touche la pension que j'ai dépensée avant la fin du troisième mois. Je n'ai

1 Aumônier de M. de Falais, plus tard ministre de l'Eglise française de Francfort.

pu parvenir encore à user d'une vaisselle qui m'appartint en propre. La table à laquelle nous mangeons, le lit sur lequel je dors, ne sont pas à moi *. Pourquoi donc ces vaines rumeurs ? Ah ! c'est que les méchants espèrent en disant du mal de moi, flétrir l'Évangile ! Toutes leurs calomnies ne m'empêcheront pas d'être pauvre, et heureux de ma pauvreté qui vient en aide à plusieurs. Adieu, crois que je demeure toujours ton ami, et fournis-moi bientôt l'occasion de t'écrire sur un sujet plus agréable.

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