‹ Récits espagnols --Chapitre 2 sur 11 · PRÉFACE DU TRADUCTEUR. III · texte numérisé non relu

PRÉFACE DU TRADUCTEUR. III

« ciements que ceux qui découvrent un contre-poison « et le propagent... »

Ses premières « prédications » furent Lecturas recreativas. Vinrent ensuite : Fange et Poussière que nous publions plus loin, le Premier Bal, la Médisance, Gorriona Pilatillo. Mal- Aima. Toutes ces nouvelles parurent successivement dans le Messager du Sacré Cœur de Jésus: il en fut de même du beau roman Bagatelles, publié en 1891, qui mit le sceau à la réputation de son auteur.

Cette fois encore, le romancier annonce franchement ses intentions au lecteur :

« N'oubliez pas, — lui dit-il, — que sous l'apparence « d'un conteur, je ne suis qu'un missionnaire. Comme « autrefois un pauvre moine grimpait sur une table, en « pleine place publique, et, s'adressant aux indifférents « qui n'entraient pas au temple, leur prêchait de rudes « vérités, dans le langage grossier à leur portée, ainsi « je dresse mes tréteaux entre les pages d'un roman : « de là, je prêche ceux qui ne m'écouteraient pas si je « leur parlais autrement. Je leur enseigne, en leur •• propre langage, des vérités évidentes et nécessaires, « qui ne se pourraient jamais professer sous les voûtes « d'une église... »

L'avertissement n'était pas inutile. Le roman suscita de nombreuses récriminations : tous les journaux s'occupèrent de lui, soit pour le louer, soit pour le critiquer; on voulut y voir, — en dépit des protestations de son auteur, — des attaques personnelles, des appels calomnieux aux basses passions du peuple en faveur d'un parti vaincu. En réalité, le Père Coloma y mettait à nu les vices et les travers de l'aristocratie espagnole.

Mais ce n'est point ici le lieu d'analyser cette œuvre du Père Jésuite. Nous citerons seulement les dernières lignes de la remarquable préface écrite par M. Marcel Prévost pour la traduction française de Pequeneces.

<i Ce roman demeurera un des plus curieux de l'époque, par l'intérêt de la fable, le choix du milieu, l'ardeur passionnée de l'écrivain, et surtout cette chaleur d'apostolat que, même en France, on commence à goûter chez les romanciers. »

IV PRÉ] .V I M' TRADUCTI

On pourrait décerner les mêmes éloges aux récits que nous présentons aujourd'hui à nos lecteurs, car ils renferment ces mêmes qualités essentielles qu'une traduction, forcément pâle et décolorée, ne saurait faire entièrement disparaître.

Ces petites esquisses de romans, si chrétiennes d'inspiration, nous semblent donc convenir à merveille à former l'esprit des jeunes gens. Elles contiennent un drame et des personnages, des expériences réelles de la « vie vécue », des crises d'âmes en lutte avec leurs passions et leurs épreuves, que la plume délicate du Père Coloma a su décrire avec assez de force pour en faire comprendre le danger, avec assez de charité pour en faire accepter le remède.

Convent of Perpétuai Adoration, Taunton, Somerset (Angleterre), le 31 Mai 1895.

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