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Findsor
entral, brillamtrique.
s guère fez me
vier. nous, qui croit avoir affaire à un filou en veine ni d'exploitation, le regarde du haut de toute sa | Der dignité et lui dit, avec une sévérité ques déconcerte À mnt tout à fait notre homme : ; À pr — Who are you ?
fumée —dJe suis le propriétaire de l'établissement, encore répond l’hôtelier tout penaud. Es Après E —Voyez donc à ce que notre déjeûner soit pre heures au plus tôt. l, iagara, —Qertainement, certainement, gentlemen, repart int nos l'hôte, qui disparaît comme par cnuhentemént ssaillis, Su 1e aie d’un sr Poser: ont
rs tous
Pendant que nous déjeûnons—assez mal, du reste —ilse trouve que l’hôtelier est catholique, Ila reconnu un abbé et se fait de plus en plus aimable.
À onze heures, nous montons en voiture, et nous arrivons, en quelques minutes, au nouveau pont suspendu, à l'entrée duquel on nous fait payer un dollar et demi pour prix de passage. LA nous avons le premier aspect do la chüta,, Mais notre euriosité est beaucoup distraite par la Sensation pénible que nous éprouvons de nous voir sur ce pont do 1,800 picds de longueur et tendu, tout
d'un trait, à 198 pieds au-dessus d’un abîmo qui
n'a pas moins, lui-même, de 200 pieds de profondeur de la surface au fond de la rivière, Plus nous
nous arrêtons à y penser et plus nous devenons .
siléncieux. Le cocher, s’ingérant tout à coup de lancer ses chevaux au trot au beau milieu du pont, nous poussons tous deux une exclamation qui n’en fait qu'une seule:
—Pour Dieu! au pas!
Enfin, nous touchons la rive canadienne, et nous exhalons un énorme soupir de satisfaction en nous sentant rouler solidement sur lo prosaïque mais plus sûr pavé des vaches.
De primo abord, celui qui aperçoit la chute éprouve une déception, Lu grande largeur de la rivière fait que l’on ne so rend pas bien compte de
la hauteur et de l'énorme masse d’eau qui croule
là, dans un gouffre de cent cinquante pieds. Muis,
une fois que l’on est descendu au-dessous de ce qui reste du table rock, l'on reste stupéfñé de l’imposante majesté de la cataracte la plus justement célèbre du monde entier.
En cette saison de l’année, le Niagara nous apparaît couvert de frimas comme le diou de l'hiver. A part le torrent qui bondit et s'effondre, tout autour de lui n’est que neige et que glace. Dans le voisinage, les arbres qui couronnent et bordent les deux falaises, tantôt coupées à pic et tantôt surplombant la rivière, sont revêtus de verglas et de frimas formés par la pluie de l'immense nuage de vapeurs qui montent constamment des profondeurs ; tandis qu'aux abords immédiats de la cataracte, les parois du roc sont couverts d'une épaisse couche de glace jaunâtre qui affecte les. formes les plus fantuisistes. Stulactites, immenses stalagmites, colonnades gigantesques d’un temple merveilleux, statues étranges composant des groupos bizarres ot qu'on croirait venus directement du temple de Jaggrenat, tout co fouillis d’une architecture indescriptible vous apparaît à travers une buée qui jette un demi-jour mystérieux sur l'éphémère et fantastique édifice,
Comme nous arrivons à la tour d'observation du table rock, le propriétaire de la maison d'en face nous invite fort poliment à entrer pour contempler la chute du haut de la terrasse qui couronne son logis, en nous assurant que cela ne coûtv rien que la peine d'y grimper. Séduits par une aussi graciouse
ipvitation, nous nous empressons d'entrer dans cette demeure hospitalière. Nous n’en étions pas sortis | | : Après avoir gravi quatre étages, nous émergeons sur le toit, où nous pouvons à peine rester un moment, t-!llement la pluie froide qui monte de la profon leur est épaisse. À peine redescendus, nous sommes assaillis par le perfide propriétaire qui nous pousse, malgré nous, dans un musée bondé de photographies et de curiosités de toute espèce. Le monsieur poli, sa dame non moins prévenante, leurs demoiselles plus engageantes encore, nous présentent, qui des vues de la cataracte, qui des bibelots de tout genre dus à l'imagination inépuisable des naturels de l'endroit. De guerre lasse, nous allions acheter quelque objet dans le but de négocier.le truité de paix le plus avantageux pour nous, lorsque notre homme s’avisa de nous proposer de faire notre portrait avec une vue générale des chutes. — À quel prix ? lui demandons-nous.
—$Seulement douze dollars la douzaine, répond-il avec son plus doux sourire; ou bien encore sept . dollars pour six copies ou cinq dollars pour trois exemplaires...
—C’est un peu-cher, répondons-nous sèchement, et nous profitons du froid que notre bref refus jette sur le déluge des offres de cette intéressante famille,. pour nous élancer hors de-cette caverne d’exploiteurs émérites,,
Mais cette tactique savante ne nous conduit que jusqu'au vestibule, où notre cher hôte que nous vouons à toutes les divinités infornales qui doivent habiter les cavernes sans fond de l’abîme du Niagara—se précipite, toujours. souriant, entre nous et la porte de sortie.
—Au moins, s'écrie-t-il, vous ne pouvez pas partir sans descendre au pied de la chute par la tour d'observation! Ça ne coûte rien.
— Nous allons être trompés !
—Je vais vous prêter des vêtements imperméables.
—$Sortons-nous de la tour ?
—Oui.
—Mais, nous glisserons sur la glace.
Nous avons des souliers de caoutchouc avec des crampons de fer.
Nous nous regardâmes à bout d'arguments.
Le perfide industriel profite de ce moment d’hésitation pour nous pousser dans une soupente, où de larges sacs et. dos pantalons de toile huilée pendent sur les quatre parois du réduit. Nous enfourchons les pantalons, revêtons les sacs, nous coiffons d’un bonnet informe, et partons d’un immense éclat de rire on nous upercevant dans ce grotesque accoutrement. Ainsi fagotés, nous avons l’air de deux Esquimaux. Nous traversons gravement la rue sous l'averse et descendons les cent
vingt marches de la tour, d’où nous sortons en nous glissant avec mille précautions sur la pente raide et glacée de la falaise. Un faux pas et nous tomberions dans le gouffro, | |
Mais nous sommes récompensés de notre hardiesso en contemplant le spectacle grandiose que nous offre la cataracte aperçue de bas en haut. Quelques pieds à peine nous séparent do cette gigantesque trombe qui précipite l'énorme épuiésour de ses flots dans des abîmes insondables et dont le soieil n’a jamais vu le for 1. Sous nos pieds, le sol tremble au fracas de la masse de ces eaux de uos mers intérieures qui s’engouffrent là, dans un espacede moins de trois mille pieds. Eclatant comme le pétillement de la fusillade sur le grondement du canon entendu à distance, des crépitements'secs 86 détachent en pizzicati de l’ensemble de la symphonie monstrueuse hurlée par les millions de voix de l’abîme en délire. Ces bruits stridents sont causés par le fracas des blocs de glace qui, balayés par cette tourmente des eaux, vont se broyer sur les rochers dont les robustes épaules reçoivent sans broncher, au pied de la cataracte, le poids formidable du fleuve gigantesque précipité davs un incommensurable effondrement.
Nous avions peine à nous arracher à la contemplation de ce spectacle stupéfiant, lorsque, lévant. la tête pour examiner les colonnes de gluce qui s'élancent de la base à la cime de la falaise, nous
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1e, lévant.
glace qui aise, nous
.remarquâmes la saillie formée par cotte partie du
table rock qui existe encore ct projette son lourd entablement par-dessus nos têtes. Le sol qui frémit sous nos pieds, la pensée que si cé qui reste ‘encore de ce bloc de rocher allait profiter de cet instant pour se détacher de la torre formo, nous
donnent subitement la chair de poule, et nous
remontons l'escalier en colimagon avec toute la précipitation que nous permet une aussi raide ascension.
De retour à la maison du gardien, nous entondons celui-ci, toujours empressé, nous proposor de nous photographier dans notre costume d'occasion.
— Jamais! nous écrions-nous, avec un geste de dédain; nous sommes pur trop ridicules dans ce déguisement!
. La figure de notre hôte s’est singulièrement rembrunie, et il nous dit:
— Vous savez que c’est une piastre et demie pour chacun de vous.
Nous nous hâtons de nous exécuter et de nous échapper de la demeure de ces trop aimables gens.
Nous revenons au Park House, où notre Irlandais -nous inonde d’un déluge—presque aussi épais que celui du Niagara —d'information de toute espèce au sujot de l'endroit. Nous n'avons rien de mieux à fuire que do l'écouter en attendant le train qne nous prenons à deux heures.
De deux heures à cinq, nous träversons différents villages, entre autres ceux d’Albion et de Charlotte, tous coquettement bâtis de blanches maisonnettes et entourés de terres qui sont de la plus grande fertilité. Nous sommes en plein pays iroquois, Les temps ont peu changé depuis deux siècles, et s’il était donné à quelque chef agnier ou tsonnontouan de sortir un instant du tombeau pour voir passer notre convoi à toute vapour dans cette plaine, depuis longtemps ouverte à la civilisation, l'épouvante le ferait aussitôt rentrer sous terre.
A cinq heures, le train s'arrête à la ville manufacturière de Rochester, où l’on a quinze minutes pour prendre le souper. Nous cherchions la salle à manger, quand on nous conduisit au buffet de la gare, encombré de populaire.
Nous nous frayons assez difficilement nn passage entro les rangs pressés d’une bande d’affamés qui nous montrent des mâchoires menagantes, et nous parvenons à nous installer en face d’un buffet sale à tenir en échec un appétit ordinaire et encombré des victuailles les plus suspoctes. Nous hésitons à engager la bataille avec nos habitudes révoltées. Mais la faim qui nous éperonne, jointe à la perspective de n’avoir rien à mettre sous la dent jusqu’au lendemain, nous contraignent à vaincre notre répugnance; et nous attaquons un sandwich au jambon, qu’il nous faut avaler en deux temps, pour éviter de constater le goût par trop équivoque qu'il peut avoir. Pour achever d’enfoncer l'ennemi,
nous fnondons son arrière-garde de deux verres de bière avalés coup sur coup.
C’est ici l'occasion de constater que l'on est généralement bien mieux et plus proprement servi aux stations de nos voies ferrées où l’on donne à dîner et à goûter, que sur tous les chemins de fer américains que nous avons parcourue.
Le train se remet en marche et atteint Canandaïgua à la nuit tombante.
. Après avoir fumé un cigare, en arpentant la plate-forme de la gare pour nous délasser un peu, nous repartons pour commencer un ennüyoux trajet de nuit qui ne prendra fin que demain matin à Washington.
Successivement défilent Stanley, Penn, Watkins, Havana, Elmira, bourgs ct villes entrevus confusément à travers la nuit, et yiqués de points brillants qui sont autant de lumières éclairant les rues ou s'échappant des habitations. À dix heures, le garçon dresse nos lits, où, brisés par la fatigue do vingtquatre heures de voyage, nous ne tardons pus à nous endormir d’un sommeil troublé pourtant par les soubresuuts du convoi qui va d’un train d'enfer. De temps en temps, un autre train, allunt en sens inverse, passe à côté du nôtro avec lu rapidité de la foudre. Comme un éclair scintillent les lanternes des wagons, tandis que le sifflet et la cloche de la locomotive jettent un sinistre hurlement dans la puit, Si nous allions rencontrer un convoi courant
BA
re
RS Sn PSE Re.
og éme = = €
mm re rl or Tes 28 x
= 16 — SOS ous avec doite vitesse affolée, quelle mar melade!
Et, c'est en n roulant ces sinistres pensées que nous
étiéaons sur la pente irrésistible d'un sommeil pourtant inquiet,
Wasmaron, ler février 1882.
Sur les sept heures du matin, comme nous traversions Baltimore, en lisant le Post de Washington, notre attention fut attirée sur un article concernant les derniers moments de Edgar Poë qui vint, dans la ville même que nous allions laisser derrière nous, finir si tristoment une existence tourmentée. Le talent original de Poë est trop justement apprécié pour que nous ne citions pas les quelques lignes intéressantes qui nous frappèrent ainsi au moment où nous passions par l'endroit qui le vit expirer.
On a toujours prétendu que Poë était mort des suites d’une débauche de taverné. Or, l’article du Post, commentant une conférence faite dernièrement par le docteur Moran, à Falls-Church, Vermont, à qui il a été donné d'assister le poète aux derniers instants de sa vie, tend à prouver que cétte version, trop accréditée, n'est qu’une calomnie propagée par les ennemis de Poë ou par des esprits enclins à adopter les assortions du vulgaire, s'ingérant de condamner sans rémission, sur los apparences, des esprits supérieurs comme l'auteur du Corbeau, de la Cloche, de la Lettre volée, du Searabée d'ôr, de Lyÿéia et de Gordèn Pym.
7 prédit
À quelle mar-
**e8 que nous Dmmeil pour.
vrier 1882.
6 nous tra- Washington, icle concer- O8 qui vint, ssor derrière tourmentée, ment appréques lignes au moment
it expirer, It mort des l’article du te dernière.
urch, Ver.
> poète aux rouver que 1e calomnie des esprits ire, 8 ‘ingé.
‘les appaauteur da à Scarabéé
“En parlant de la fin de la vie de Edgar Poë, le docteur Moran, dit le Post, donne la version vraie ‘do la dernière visite du poète à Baltimore. Il dit
‘que Poë, s'étant rendu à cette ville, s'arrêta à un
hôtol pour y faire les dernicrs préparatifs d’une excursion à Philadelphie. IL se mit en route et atteignit la Susquehanna, qu’il fallait alors'traverser on chaloupe, Mais il faisait un vent de tempête, et les eaux de la rivière étaient si tourmentées qu'il n’osa point risquer de la traverser sur une aussi légère embarcation. Il s’en revint à Baltimore, laissa sa malle à l'hôtel et sortit pour faire une promenade par la ville. Ceux qui l’apcrqurent en dernier lieu remarquèrent qu'il était suivi par deux ou trois individus à figure suspecte qui s'attachaient obstinément à ses pas, Comme les ombres du soir s'épandaient sur la ville; Poë, toujôurs-ftpant, atteignit un endroit où il n’était pas sûr de g'aventurer seul. Ici, les gens qui. l'avaient suivi “le rejoignirent et l’entrafnérent dans uñ bouge, où, après lui avoir fait prendre un narcôtique, il lui volèrent son argent, le dépouillèrent .-de' ses habits et le revêtirent des baillons de l'un d'entre eux; et puis, ils le jetèrent à la porte. Il 8 'en . alluit, ‘errant au.hasard et chancelant à chaque pas, sous l'effet de la drogue empoisonnée, quand ses pieds “héurtérent contre un obstacle, et il 's’abattit four.
“älémont'sur le trottoir, où, pendant plusieurs hèttrés :
il resta étendu sans: connaissance, e£posé # l'air
shumide et froid d'une nuit d'octobre: Quelqu'un “Qui passait roconnut le poète; il-béle ausaitôt un
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cocher et lui confin lo malhoureux écrivain pour le mener à l'hôpital Washington. Il eut soin de donner sa carto au cocher pour que celui-ci la remît au docteur Moran, en écrivant dans un coin le nom de ‘ Poë.”
‘ A l'hôpital, on prit le plus grand soin du poète et on lui administra les stimulants los plun énergiques pour le tirer do la prostration où il restait plongé. Quand son patient roprit connaissance, le docteur Moran lui demanda :
‘Comment vous trouvez-vous, monsieur Poë ?
“Très mal,
‘… Depuis combien de temps êtes-vous malade ? ‘“—Je ne sais pas.
‘__ Où êtes-vous descendu ?
‘A un hôtel situé sur la rue Pratt, en face de la gare.
“Avez-vous une mallo ou quelque chose que nous puissions envoyer chercher ?
“…Ma malle no contient rien que mes papiers et mes manuscrits. °
‘“ Leo docteur Moran examina attentivement son patient et ne découvrit rien qui pût indiquer que le malade fût sous l'effet de l'alcool.
° Le conférencier insiste sur le fait, que l’onn'a. que trop répété. jusqu'aujourd'hui,-que.-Roë-était
in pour soin de ui-ci la un coin
du poète un énerl restait hissance,
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l'on n’a.
où était
mort en état d'ivresse, et affirme que uerienn est] plus faux + he cèlte accusation. psp
— À l'arrivée du poète à l'hôpital, dit Je docteur Hs je questionnai le cocher qui l'avait amené. ct il m'assura que Poë n'était pas ivre et qu'il ne sentait nullement l'eau-de-vie, lorsqu'il l'avait reçu dans sa voiture.
“Comme la dernière heure du mourant approchait, lo docteur Moran se poncha vers lui, et lui demanda s'il n'aurait pas un adidu où quélqué ré: commandation suprême à adresser à un ami. Poë Spa les yeux et répondit:
— Never more.
. Quelques instants après, il s'agita sur sa cou- ‘ke et murmura :
— O Dieu! n'est-il donc point de pardon pour Ty im mortel ?
“Et il ajouta :
“ — Celui qui guide les étoiles et gouverne les mondes écrit sa destinée sur le front de ‘chacun dés humains,
‘Il continua de balbutier des paroles incohérentes et s'affuiblit do plus en plus. Soudain, une convulsion secoua ses membres, il poussa un léger soupir et l'âme de Edgar Allan Poë avait franchi la limite qui sépare le temps de l'éternité."
Pendant que le souvenir de :la triste fin de ce
pra pes bob pe Jos Pope cosemeee tr pe avdopeute reg. se re
poète aux conceptions bizarres, ingénieux inventeur de tant de contes étranges et de récits toujours attachants, hantait notre esprit, nous avions sous les yeux une grande scène de nature morte. La neige, que nous avions cessé de voir en quittant Niagara, déroulait maintenant à perte de vue son blanc linceul sur la campagne engourdie par la froidure de l'hiver, Il en était tombé, durant la nuit, une épaisse bordée, qui nous devait suivre bien au delà de Washington.
A huit heures du matin, nous aperçûmes le dôme du Capitole, découpant sa masse blanche et imposante sur le ciel terne d’une journée d'hiver, et dowinant la capitale des Etats-Unis, comme de loin,
De dans la campagne romaine, on voit le dôme de “*%. Saint-Pierre — avec lequol il a de la ressemblance %— planer, dans sa majesté séculaire, au-dessus de la
ville éternelle.
Encore quelques minutes, et nous descendions à la gare du chemin de fer “ Baltimore et Potomac,” rendue malheureusement célèbre par l'assassinat du président Garfield, A l'endroit où il tomba frappé par son meurtrier Guiteau — dont nous devions avoir, à Washington même, la satisfaction d'apprendre la condamnation à mort — à la place où porta la tête de la victime en s’affaissant, on a incrusté dans le parquet une étoile en cuivre, et sur le mur,en face, on a posé un marbre, assez modeste, destiné à perpétuer le souvenir de ce déplorable événement. Entre we aigle éployée qui le surmonte et deux faisceaux
rénieux invende récits touit, nous avions nature morte.
voir en quità perte de vue engourdie par mbé, durant la devait suivre
‘mes le dôme nche et impo-
‘hiver, et dopmme de loin, t le dôme de ressemblance u-dessus de la
descendions à et Potomac,” assassinat du tomba frappé nous devions ion d'apprence où porta la ncrusté dans mur,en face, stiné à perpénent, Entre
ux faisceaux
de lictouvs, en relicf, de chaque côté, se lit l’inscription suivanto:
JAMES ABRAHAM GARFIELD PRESIDENT OF THE UNITED STATES Juy 2, 1881.
Après nous être fait raconter, par celui des gardiens de la gare qui arrêta l'assassin, les incidents de cette tragédie, nous nous inscrivions sur le livre de l'hôtel Saint-James, en face de la station, très bonne maison où, comme on ait dans l’endroit, on logo à l’européenne. Pour un dollar par jour yous aveg votre chambre et vous êtes libre de prendre vos repas à la carte, à l'hôtel même où l'on est très bien servi età bon marché, ou d’allor manger dans un des nombreux restaurants de la ville,
Autant pour nous débarrasser de la poussière de charbon de terre que nous avions amassée sur la route, que pour délasser nos membres engourdis par lu longueur du trajet, nous nous hâtons de prendre un bain, Le nègre qui procède ensuite à notre toilette de tête, nous apprenant que nôus pouvons fuire d'excellents repas au restaurant du
Capitole, où L cuisine estsous Le contrôle d’un chef
français, nous estimons qu'il est de la dignité de notre estomac d'aller déjeuner sous les portiques et les lambris de marbre du palais de lu législature américaine.
Pendant ce temps, le ciel qui viont d'ouvrir son manteau de nuages, refermé sur lui durant la nuit, brille durs tout son éclat. Nous sortons sur l'avenue Pensylvania, et, à droite, la Capitole, nous apparaît, fermant la ruc, à cinq minutes de marche. Nous hâtons le pas, et bientôtse dresse majestueusement devant nous l'immense palais de marbre avec son dôme gigantesque, ses larges portiques et ses hautes colonnades du plus pur style grec, qui resplendit dans une radieuse matinée du printemps virginien.
Comme celui do la Rome ancienne, le Capitole s'élève sur une coline d’où il domine, à l’ouest, un panorama que le grand voyageur Humboldt a déclaré être l’un des plus beaux qu'il cût jamais contemplés.
Ce monument s'étend sur un espace do 751 pieds de long et de 324 pieds de large, et couvre un terraiu de 153,112 pieds carrés. La partie centrale — la première terminée — qui mesure 352 pieds de façade, est bâtie en pierre jaunâtre de la Virginie, peinte en blanc. Les pavillons, ornés chacun d’un portique de 142 pieds de front, sont en marbre blanc de Massachusett, légèrement veiné de bleu ; les cent colonnes monolithos qui en supportent les portiques corinthions, provieuuont d'une carrière de marbre blanc du Maryland. :
la dignité de s portiques et lu législature
d'ouvrir son urant la nuit, s sur l'avenue ous apparaît, arche. Nous jestueusement rbre avec son es et ses hautes qui resplendit ps virginien.
e, le Capitole , à l’ouest, un * Humboldt a u'il cût jamais
ce de 751 pieds couvro un terpartie centrale re 352 pieds de de la Virginie, és chacun d’un ont en marbre veiné de bleu ; supportent les d'une carrière
La, structure du dôme, dont les lignes harmonieuses et hardics rappellent à la fois celles de l'Lôtel des Invalites et du Panthéon, à Paris, est tout en fer et peinte en blanc, Une statue de la Liberté, en bronze, haute de vingt pieds, couronne la coupole, et se dresse avec fierté dans la nue, à 287 pieds de lu buse de l’éditice,
C'est avec lu façade de l’ouest du Cupitote que les étrungors sont les plus familiers, Elle consiste en trois portiques, dont celui du centre x cent pieds de front, «vec dix colonnes, lu plupart doubles, et un nombre correspondant de pilastres.
À l'endroit où l’uvenue Persylvania débouche sur le terre-plein qui règne devant la façade de l'ouest, un monument de marbre de 42 pieds de haut, érigé en l'honneur des services importants que la murine américaine a rendus pendant la dernière guerre, attire de prime-ahord l'attention du visiieur. Deux statues allégoriques le surmontent : l'Amérique et l'Histoire. L'Amérique pleure, -la têto appuyée sur l'épaule de l'Histoire qui ui montre res tablettes sur Inquelle es: gravée l’inscription suivante :. ‘Ils moururent pour le salut de lu patrieL” Au-dessus, debout sur le soclo et de chaque côté du piédestal, se tiennent les stutues de ka Victoire et de la Puix. Ce monumont fut fuit par souscription et sculpté d'uprès un dessin de M. Franklin Simmons. Le gouveruement souscrivit &25,000 pour son érection.
a principale fagado du Capitole out celle da l'ont.
Le portique central mesure 160 pieds de large sur une projection de 65 pieds. Vingt-quatre colonnes et douze pilastres de marbre blanc supportent le fronton. Immédiatement en face, apparaît la statuo colossale de Washington, sculp'ée par Greenough. Au pied des degrés qui montent au portique, sur un fauteuil orné de feuilles d’achantes et de têtes de lions, Washington nu jusqu’à la ceinture, est assis avec la dignité d’un dieu de.l'Olympe. Sa main droite tient une épée, sa gauche montre le ciel. Il nous a semblé que cette épée que le grand homme, assis comme sur u e chaise de malade, tient dans sa main gauche et qu'il présente la poignée en avant, comme s'il rendait son arme à un “ainqueur, ôte un peu de sa majesté au libérateur des Etats-Unis.
Quand on gravit les degrés qui conduisent à l'entrée principale, on se tronve en face de deux groupes en marbre, dont l’un représente Christophe Colomb et la Civilisation.
Lu manière étrange dont Colomb tient le globe qui semble menacer le ciel, l'attitude, fort peu dis« tinguée que lui donnent ses jambes écurtées et sôn buste jeté en avant, le font plutôt ressembler à àn athlète qui va lancers on disque, ou mieux encoreà un vulgaire joueur de boules, qu’à l'illustre et grave découvreur du Nouveau-Monde. La femme sauvuge, grotesquement accroupie à côté, ajoute éncore au ridicule de cette œuvre d'art qui n'est cer'es pas d'un véritable artiste. Ce groupe, dû au signor Persico, n'en a pas moins coûté 824,000.
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colonnes ortent le t la statuo rcenough.
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nture, est rmpe. Sa montre le e le grand e malade, nte la poiarme à un libérateur
duisent à » de deux Cbristophe
t le globe rt peu diss tées et s0n mbler à an IX encoreà e et grave e sauvage, éncore au 20r!e8 pas au signor
Celni de droite, la Civilisation, nous montre un pionnier américain qui désarme un sauvage. Le colon qui saisit l’homme des bois par derrière, la femme du pionhier, piteusement courbée à côté dans l'attitude de la frayeur, tandis que le chien de la maison, la queue en cor de chasse, regarde tranquillement cette lutte qui ne nous paraît nullement désespérée, comme notre guide se plaîtà Île dire, tout cela formeune œuvre tout à fait ridicule, Son auteur, M. Greenough, n’en mit pas moins huit années à la parfaire et reçut, pour prix de son travail, la jolie somme de 824,000.
Avant d'entrer dans le portique, en levant la tête, on aperçoit sur le tympan du fronton trois figures allégoriques, d'une grandenr colossale, attribuées au crayon de John Quincy Adams, et sculptées par M. Persico, Comme idée et comme dessin, ce groupe vaut beaucoup mieux que les précédents. Au centre, se tient lo génio d'Amérique couronné d’une étoile, et s'appuyant sur un bouclier au centre duquel ressortent les léttres U. S. À. Cé bouclier repose sur un autel au milleu duquel, dans une guirlande de feuilles de chêne, est inscrite cette date: July 4, 1776.” Au pied du génie est un aigle ; à gauche, l'Espérance appuyée sur une ancre. L'Amérique attire l'attention de l'Espérance sur la Justice qui, de sa main droite, déploie la constitution des Etats- Unis.
Nous voici maintenant en présence des portes de bronze; de chaque côté, deux autres statues, la Guerre et la Paix, sorties, on le voit tout de suite,
dû oîreat do M. Persicb, qui n’a coftei phñ retrouve celui de Michel-Ange ou de Cunova, semblent mon: ter Ja garde, Les portes de bronze qui s'ouvrent sur l'entrée principale du Capitole, sont l'œuvice dë Randolphe Rogers, qui en dorna le dessin, les modela en plâtre à Rome, en 1858, ct les fit couler à Munich, en 1871, par F. Vor Muller, Otto portè pèse vingt mille livres, a dix-sept picds de huüt, neuf pieds de large, et coûte 838,000. Chacun des vantaux tourne sur un cadre qui projette d’un picd et contient, à chaque anglo, quatre figures en hautrelief, représentant l'Asie, l'Afrique, | Europe et l'Amérique, Entre elles court une Lorduie en:blématique où se détachent les insignes de là guerre et de la navigntion.
À part le tympan qui couronne la porte, chacün des panneaux renferme, en haut-relicf, un épisode de la vie de Colomb et de la découverte de l’Anié, rique.
Pour l’ingéniosité du dessin et le fini de l’exécution des figures, cette porte nous a paru de beaucoup supérieure à celle qui donne accès au Sénat, par le portique de 1 Est, Celle-ci, qui est l’œuvre de M. Crawford, et a pourtant coûté 618,500 de plus que celle de M. Rogers, fut fondue à Chivopee, dans le Massachusetts, par James F. Ames. Le vantail de gauche représente trois phases de lu vié de Washington concernant la paix et l’agriculture ; celui de droite des épisodes de la guerre de l'Indé. pendance.
retrômve nt mon»
ouvrent Du vie dë , les mocouler À tto portb de haüt, acun des ‘un picd on hauturope et ie en bléguerrë
>, chacun épisode v l’'Amé
l'exéceude beauu Sénat, , l’œuvre 8,500 de hivopec, nes. Le de la vié iculture ; le l'Indé.
Quelqio mérite qu'niont cos den portés, ellES fie éont quo des imitations réduites ot impr fuitos dés fameuse portos du baptistère, à Floronce, dünt nous vimes à Wakhington même, dans le musée Corcoran, nne très belle reproduction en plâtre, et que nous devions avoir le bouheur d'ulmiretr, quelques années plus tard, dans la cité des Mi dicis.
Aù centre dun Capitole, se tronve là rotonde, pièce qui, par ses grandes proportions, produit un effet saisissant, Elle a 97 picdæde diamètre et 300 pieds de eirconférenco, sur 180 pieds d'élévation, Huit grands tableaux ornent les panneaux du mur circulaire, Ces toiles, traitant de sujets histôriques, ne nous ont frappé que par l’uniformite de Ja couleur, qui nous a paru de plus manquer de vivacité. Pour ce qui est de la conception et du dessin de ces toiles, dues au pinceau de peintres américains, ils ne nous ont guère paru mériter une étude rpéciule..
Nous avons admiré davantage, comme œuvre d'art, les groupes, en haut-relief, que l’on aperçoit au-dessus de chacune des quatre portes de la rotonde, Le groupe de l’est reproduit la descente des Pélerins à Plymouth, en 1620. Comme celui de la porte du sud —le combat de Daniel Boone avec les sauvages, en 1775 — le premier groupe est sorti dn ciseau de Enrico Causici, élève de Canova, # Po-ahôntas sauvant la vie du capitaine Smith, en 1606,” qui se voit à l’ouest, est aussi l’œuvre d'ün
élève de Canova, Capellano. Le dernier groupe, qui nous montro Guillaume Penn concluant le traité de paix avec les sauvages, fut exécuté, en 1827, par un artiste français, M. Gevelot.
Au-dessus de l’architravo, règne, autour do la rotonde, une ceinture de neuf pieds de hauteur, sur ‘laquelle on termine en ce moment une fresque circulaire, composée do sujets de l'histoire nationale. Elle est si bien réussie, que c’est à peine si on peut constater, d’on bas, que ce n’est pas de la sculpture. Quelques pieds au-dessus de la frise, trente-six larges vitraux laissent tomber des flots de lumière, qui, comme dans tous les édifices éclairés par le haut, p'oduit un effot magique.
Euün, au fond de lu coupole, apparaît uno remarquuble fresque, de Brumidi, 1epiésentant l'apothéose de Washington. O:tto peinture, qui couvre
4,664 pieds carrés, valut $39,500 à son auteur.
Il nous resterait encore bien des salles à décrire, à l'intérieur du Capitole, entre autres, l’ancienne chambre des représentants, faite sur le modèle d'un théâtre grec. Vingt-six pilicrs ct pilastres de marbre de Potomac en soutiennent le dôme, dont les caissons et la voûte sont décorés de fresques du pcintre italien Bonani. Conformément à la suggestion du sénateur Morril, du Vermont, “ qu'il fût “permis à chaque Etat d'envoyer au Capitole l’ef- ‘figie, en marbro ou en brouze, de deux de ses “hommes les plus populaires,” cette salle a été convertie en un musée do statues des principaux
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Hein | roprésontants, Mais, l’espace nous manque, et nous de NE ne pouvons que jeter un rapide coup d'œil sur la
té, en nouvelle sallé où siègent les députés, ainsi que sur | la bibliothèque. La première forme un parallélo- : do ]a ro- gramme de 139 picds de long sur 93 piedsde large. eur, sur U La galerie, circulaire, peut contenir douze cents que cir- personnes, Une partie est destinée au corps diplotionale. matique, deux autres à la presse et au public, et la on peut quatrième aux noirs, exclusion qui nous a paru ' ulpture, :! singulière dans la république égalitaire. Le pla- ‘ente-six fond, immense treillage de fer à grands jours lumière, garnis de vitraux peints, dont chacun laisse voir spar le ! les armes d’un Etat de l’Union, fait descendre — dirons-nous du ciel ? —une lumière voilée sur les
c remar- È représentants de la grande république.
18 l'apo- Les sièges, comme chez nous, accompagnés de leur SOUrES pupitre, sont rangés en demi-cerele faisant face au PAUE président, Grâce à la politesse d’un sénateur du décrire, Michigan, pour qui nous avions une lettre d'introancienne duction, rous pûmes assister à une séance. Peu- , modèle | dant l'heure que nous restâmes dans la chambre, on astres do discuta, de la fagon la plus paisible, sur la nécesne, dont | sité d'une addition de quelque doux ou trois sques du cent mille piastres au budget des dépenses pos- \ SUggCs- | tales.
qu'il Un très grand nombre de sièges étaient vides, et tole l’ef- la plupart des députés présents — beaucoup avec le x de ses chapeau sur la tête et quelques-uns mêmele cigare lo 8 été aux lèvres — nous semblèrentoccupés de bien autre incipaux
chose que des intérêts dé la patrie. : Môme, cértütn
d'entre eux — il faut avoucr que nous avons vu cela chez nous — lorgnaicnt les dumes qui étalaient leurs riches toilettes dans les tribunes. Honni soit qui mal y pense! dirons-nous avec lu devise de l'Angleterre, à qui nous devons nos libortés par lementaires, Somme toute, cotte séance nous parut ne lu céder on rien comme succès d'ennui à une, réunion de certains de nos corps délibérants.
La bibliothèque, où l'on arrive par la porte de. l'ouest de la rotonde, est à l'épreuve du feu, Les divisions ot les rayons sont en fer, le pavé en tuiles cneuustiquées, Un grillage de fer, formant à, clef, défend l'uccès des rayons aux. profanes ; saxo précaution qui met les livres à l'abri des indiscrétions. de cette clusse de pirates qui sont le fléau dæ nos. bibliothèques.
Noûs fûmes reçus avec lu plus grande courtoisie, par le bibliothécuire, M. Ainsworth Spofford, I nous dit que ln biblivthèque du Capitole compte aus . jowd'hui 420,000, volumes. Venant à parler des ous vrages qui. traitent de l’histoire de l’Amériquo, ik. prit pluisir à, nous citer l'élan généreux qui, en. 184, porta M Gaurcld à appuyer chaleurcusément, la demando d’une somme do 510,000 pour l'impros-, sion do manuscrits concernant los premières, dés, couvertes des Français au Nord Que:t ot sur: le Missipeipi, L'un des membres du Congrès s'étant opposé à cette dépense, parco, que les manuscrits, étaient écrits en français, Gurficld fit un éloquent
dasaur pour appuyor la demaude d'argent; 5, elle fus,
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Les 1 tuiles à.ciof, 4e prés rétions, dæ uos.
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sément, inprose, res. dés, sup lo “étant uscrits, Paquet,
11e fut
accordée. La sympathie que ln France a récemment montrée en faveur de Garfield n'était donc qu’un écho do celle qui animait de son vivant le cœur de l’infortuné président.
Quoique la bibliothèque du Capitole soit spécialement destinée à l’usago des fonctionnaires publics, elle est cependant ouverte à tout visiteur au-dessus de seize ans, qui peut se procurer et lire, dans la salle même, les ouvragos qu'il demande.
Lo rez-de-chaussée do l'édifice est occupé par les salles de comité, les dépôts de papeterie, lex bains, etc., et lo restaurant, où le déjeuner que nous fimes était dans le meilleur goût parisien.
Si quelques détails — par exemple, certaines statues et peintures qui out pour objet do dévorer le Capitole — peuvent prêter à la critique, ce palais v'en est pas moins superbe dans sa masse imposante ct sa noble structure. Le premicr plan en fut dessiné par le Dr Thornton, né aux Antilles, ot qui s'occupa do génie civil et d'architecture on amateur: Le premicr architecte de profession qui présida, en 1793, aux travaux préliminaires de la construction du monument, fut un Français, nommé Hallet, lequel modifia le plan du Dr Thornton. Celui-ci, mécontent, parvint à le faire remplacer par un Hoban, à quisuccéda, en 1808, M. Latrobe, Anglais de descendance huguenote, qui donna le dessin de Ja rotonde ct du dôme commencés sous sa direction en 1818. Tel qu'il est aujourd’hui, avec les additions
considérnbler qu'on y a fuites depuis 1852, le Capitole a coûté #13,000,000.
Outre ce monumont splendide, Washington ren.
forme un grand nombre d'édifices publics, entre lesquels nous avons remarqué: les départements de lg guerro et de lu marine, stylo, Renaissanco, ot ceux du trésor, des brevets ct des postes, dont les colonnades rajpellent les beaux souvenirs do 1n civilisation grecque.
Washington est uno ville bien bâtie et d’une grande propreté; la chaussée des principales avenues est en asphalte, et les trottoirs en brique ou en larges dalle: do pierre, sur lesquels nous pronions plaisir à marcher en songeant à nos impraticables rues Ce Québec, où l’on est toujours en danger de se rompre les os. La lumière éloctrique qui illumine les grandes artèros do ln ville, ne contribuuit guère aussi à nous fuire regretter le modo d'éclairage de notre pauvre petite capitale, où, trop souvent, hélus ! les raros reverbères, éteints mal à propos, comptent sur uno lune par trop capricieuse, 1
Après avoir donné un coup d'œil aux principaux édifices de la ville ct visité les deux musées Corcoran et Smitheonian, nous nous rendîimes à l1 Maison
(1) N'oubliez pas que j'écrivais cela en 1882. Depuis ce temps, la ville de Champlain est aussi entrée dans la voie du progrès, et la fulgurante lumière poudroie du haut de l’ancien rocher de Stadaconé, soi
Blanche, où lo Présidont reçoit tous les jours los personnes qui voulent lui présenter lonrs ré octs ou tout simplement le voir do près. Tout le m do étant admis à lui serrer la main, nous saisîmos l'occasion de voir lo succosseur de Garfioll. Hommes
0, ot politiques, gens do la finance ot du commorco, bourt los geois, artisans, uncions soldats, nègres du plus beau de ln noir, tons, pêle-mêle, encombrent les antichambres,
attendant, pour y pénétrer on bloc, que la porte de la sallé do réception vienne à s'ouvrir. Mualhceu- ï
d'une reusement pour nous, nons no dovions pas avoir la | BF | chance d’un shake-hand avec lo Président, qui sv Ph trouvait retenu ce jour-là par dos affaires d'Etat. l'ond Lo sans-wêne lo plus démocratique préside à ces s en récoptions populaires, et nous no fûmos pus pou sui « ‘ique pris d'y voir des hommes le chapeau sur In tête, ot, con: chose plus étrane encore, des femmes, très bien modo mises, du reste, assises sur les marche: d'un çsere où, lier. J'avais déjà été souvent choqué, dans des bals sints donnés par les gcrs du moilleur monde, au Canada, D Ca- de voir lès jeunes filles s’assooir dans los escaliors avec mossieurs leurs cavaliers ; muis, j'avoue que co manque do convenance qui m'avait déplu chez AUX des particuliers, je no m'attondais guère à lo ren- RE contrer à uno réception chez lo président des Etuts- Di < Unis. Cet exemple partant de haut lieu ne m'em- PA pêchera pas do trouvor toujours un tel procédé do e du fort mauvais ton chez nos élégantes, et des plus 1lé
cie placés dans l'habitation du premier dignituire do | là république américaino.