‹ Récits et souvenirs [microforme]Chapitre 15 sur 26 · UN DEJEUNER CHEZ M. MARMIER · texte numérisé non relu

UN DEJEUNER CHEZ M. MARMIER

Le 27 septembre 1882, j'étais invité à déjeuner chez M. Marmier avec MM. Chapleau, Fabre et Bergeron. À onze heures du matin, nous nous r'encontrions chez l'éminent académicien, qui habitait alors, rue Suint-Thomas-d’Aquin, dans un appartement qu'il occupait depuis quarante ans et qu'il a été forcé depuis de quitter à son grand regret.

Comme nous faisons nos salutations au maître dé céans, arrive M. Jules Simon, sénateur, et aussi comme chacun sait, membre de l’Académie française. Il ost de taille moyenne, un peu gros, avec

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une figure ouverte et grassouillette, encadrée de petits favoris châtains grivonnants et taillés à l’anglaise. Il parle lentement, d’une voix douce, onctueuse.

— Vous voyez ici, Messieurs, dit-il, la retraite du sage. Que de livres!

— Oh! je n'en ai pas autant que toi, repart M. Marmior.

— Eh! mais, tous tes rayons en sont chargés; et, derrière ces volumes-ci, n’y en a-t-il pas beaucoupen t':vers ? Depuis combien do temps occupestu ce logement ? ;

— Dépüis quarante anë, et commo locataire encore ! C’est assez rare à Paris. Et toi?

— J'habite, près de la Madeleir e, le même logis depuis tiente-neuf ans, et comme locataire aussi,

Nous nous mettons à table. Au début, M. Marmier nous verse un excellent petit vin blanc ‘5 la Franche-Comté, qui chatoie dans nos verres comme un rayon de soieil liquéfié.

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La conversation tombe naturellement sur la politique du jour, sur la chute récente du ministère | Ferry, sur la formatior et la chance de durée du ministère Duclerc.

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