Journal de Knox, vol. IT, p
LA
o lemi-liyre
projectiles ent. le sol ) . français.
OP eXRO" du, coteau, , r. recevoir
es siennes, achement.
rie la plus même insds delà, et jusque sur artie, comjue et cou-
poses ? dit t quelques
tt les boule bois.
rer l’autre,
à vieux en
ane ration -
- l’objet de leur ‘désir.
se fra pu la poli c'est dé né avais pas féqu | là ! n bien des choées tiistes que jé n'âuräis pas été ré de voir,
—Vous persistez donc ? ;
—Oui; je voudrais embrasser encore une fois mon garçon. :
Allez 6 Ï
Le vieux partit en sautillint avec sa jambe de bois, Sa brule suivait.
—Mais pas vous, au moins, lui dit l'officier en
Pafrétant par le bras.
— Son gurgon, c'est mon mari, dit-elle,
—Alors, altez-y doné, à vos risques ct périls, fit le Heutenant avec un haussoment d'épaules.
En jéune femme suivit le vieillard, son enfant serré contro son cœur Un, par exemple, qui ne 8e doutait guère du danger, celui-ci, qui, les lèvres avides au sein de ra mère, puisait inconscient la vie au milieu de la mort. Car ils marchaient sur des fosses tout fraîchement remplies des malhou-. reux récémment tués. Et puis, au-dessus, autour d'eux, la mort insatiuble Pose dans l'air de sinistres clameurs.
Ils touchèrent pourtant suns encombre les derrières de la premiére batterie. Mais quand ils voulurent passer outre, on les arrêta. Ils exporètent
— Braves gens, leur dit la sentinelle, ravez-vous
que ga n’est pas sain du tout par ici. Voilà aujourd'hui notre dix-septième tué qu'on emporte là-bas. .—Oh ! dites-moi, s’écria la jeune femme, est-ce que Pierre Brassard .. , ?
Elle ne put finir, les mots s'étranglaient di sa
gorge.
Pierre Brassard? reprit le soldat, je l'ai vu servant sa pièce, il y a dix minutes,
—Oh ! Monsieur | laissez-moi le voir, je vous en suppliel
—Eh ! bonnes g ns, je n'y peux rien, moi. Mais, tenez, voici mon vapitaine; adressez-vous à lui. . : Un éclair de joie illumina la figuré du vieillard.
—Pardon, mon commandant, dit-il à l'officier qui passait distrait, ne me reconnaissez-vous pas?
—Tiens, Brassard ! .. .. Que diable viens-tu faire ici, mon vieux! Tu n’es plus guère propre au service !
—Hélas! non, mon capitaine. Mais j'ai profité. du convoi de vivres pour tâcher de revoir un peu mon garçon, dont on était sans nouvelles depuis l'automne passé. Et c’est sa femme que voici, Nous refuserez-vous, mon commandant ?
— Il est de service à sa pièce, et ça chauffe où il est, je vous en avertis!
—Oh! s'il vous plaît, Monsieur! murmura la jeune femme de sa voix la plus douce, .
Voilà aujour-
porte là-bas.
mme, est-ce ient dans sa
t, je l'ai vu
, je vous en
, moi. Mais, ous à lui. .
lu vieillard.
| à l'officier
‘vous pas ?
jens-tu faire )pre au ser-
j'ai profité.
voir un peu Îles depuis que voici, tn hauffe où il
urmura la
: æ+Vener-donc, fit l'officier, qui les guida lui-même vers l’'embrasure de l’épaulement dans laquelle était Ia pièce du canonnier Brassard, Avisant un artilleur assis sur une pyramide de boulets, et qui se reposait de son tour de service :
—Noël, lui dit le capitaine, remplace un peu
; Brassard, que son père et sa femme viennent voir.
Eh! le bas, Brassard, avance à l’ordre |
L’artilleur, en train d’amorcer le canon, 8e retourna. En apercevant sa femme et son père, la face lui blanchit sons la couche de pondre qui la recouvrait on partie, et, un instant il s'appuya sur Paffût pour ne pas chanceler.
—Viens donc, dit l'officier. Noël te remplace,
.… Il y eut trois cris délirants qui se perdirent dans une détonation voisine, et puis des bras qui s’enla-
cèrent, et. des lèvres sur lesquelles trois âmes se.
pâmèrent avec des spasmes d'ivresse,
La première effusion passée, l’artilleur s’aperçut du danger que couraient les siens, et s'empressa de les entraîner plus près de l’épaulement. Il fit asseoir 6a femme put terre, à l'endroit où.ces sortes. de travaux ent le plus d'épaisseur, Le vieux ne voulut pas, lui, Ça ne lui allait pas de baisser la tête devant les boulets anglais—trop d'honneur à leur faire,
Ce qui 56 dit alors entre ces trois êtres aimants
que séparait la guerre maudite, vous le pouvez deviner. Paroles bien simples, mais tellement
ee TPE PTE MES
acoentuées par les battements du cœur, et soulignées par. la caresse inexprimable du regard, que des mots écrits n’en sauraient pt rendre la poignante expression.
— Et ce petit... ? dit le soldat, qui, Le yeux humides, regarda l'enfant,
Entre deux coups de canon, celui-ci s'était endormi sur le sein maternel, et souriait, sa mignonne bouche entr'ouverte où perlaient des gouttes de lait.
— C'est vrai, tu ne le connais pas encore, et pourtant c'est notre enfant, Tu te souviens. ?
— Oui... fit-il,
— Embrasse-le, Pierre,
Il se baissa, prit avec précaution dans-ses grosses mains ce tôut petit être fait de son sang, et le baisa
sur la joue. La barbe du soldat, imprégnée de poudre, fit deux taches noires sur le visage de l'enfant; ce qui:les fit rire tous trois,
— Est-ce un garçon ? demanda-t-il.
— Oui,
— Tant mieux !
— Oui! gronda le vieux, pour faire: encore de la chair à boulet comme. nous |.
Il y eut entre eux un moment de silence: Car ces.pauvres; gens Convaissaient. assez tout: ce.que
Ja.guerre, a d'effrogable. pour les: bumbles.quei la
gloire en courant éerase.sous son:char.
; cœur, et souable du regard, nt jamais rendre
» qui, les yeux
lui-ci s'était enit, sa mignonne des gouttes de
pas encore, et souviens... ?
AnS-se8 grosses sang, et le bajsa
imprégnée de r le visage de
"e encore de ln
> silence, Car 2 tout: ce.que “abeuee la ir.
ui At de ”
- +Enfin, reprit le vieillard, ‘puisse-t-il vivre ‘en des temps :meilleurs que ceux-ci ! Car depuis des années, c'est à jalouser ceux. qui ont eu la chance,
:de partir avant nous. ’
.-Le.jour baissait. Leo vieillard fut le: premier à s'en apercsvoir.
—Ma fille, dit-il, voici l'heure de nous en aller. On ne nous souffrirait pas longtemps ici : tu sais
‘que:le pain et la viande y sont rarus, et nous som-
més des bouches inutiles.
Et puis, comme il voyait que la seule idéo de
leur départ bouleversait son fils, il ajouta pour le
distraire un peu :
—Je vois qu'on va tirer tr pièce. Demande donc à celui qui tient la mèche de me laisser mettre le feu. Ça me rappellera l’ancien temps, où, comme toi, j'étais. canonnier.
Pierre s’approcha du canon avec son père et parla au soldat, qui tendit la mèche au vieil invadide :
—Volontiers, l'ancien, dit-il, si ga-peut vous être agréable.
Au commandement: ‘ Haut 1a mèche !” le vieux se redressa comme autrefois.
+—Feul cria l'officier.
“Leicanon tonno.:et se cabre. Mais: en même temps, un boulet venu ‘de la ville frappe la'pièce, et, ricochant, coupe le vieillard en deux et fracasse la-poitrine ‘du fils. -Le vicux tombe comme uné masse inerte, tandis que Pierre, frappé de
flanc, tourne sur lui-même, et, pantelant, s’abat à côté de sn femme qu'il inonde d'un flot de sang, + D'abord paralysée par l'épouvante, celle-ci resta ! sans mouvement, sans voix. Et puis, avec un oi 1 qui n'avait rien d'humain, elle se jeta sur le corps | de son mari. Le cœur emporté, il étaitétendu sur ! = le dos, les yeux démesurément ouverts, Tout aune ” près, l'enfant, échappé-des bras de sa mère et roulé dans le sang de l’aïeul et du père, poussait de : pitoyables vagissements. F Comme on se précipitait vers ce lamentable groupe—la guerre est sans meroi—trois coups de M clairon retentirent.. :
—Cessez le feu! commanda l'officier. \ Un aide de camp accourait, si * —Qu'on encloue les pièces, cria-t-il, et qu'on se prépare à battre en retraite! Une FRS pour enterrer les morts |
M. de Lévis venait d'apprendre que Vauquelain, écrasé par le nombre, avait eu nos derniers vaisseaux foudroyés par l'Anglais. C'était l’espérance suprême que nous arrachait le ciel.
Comme la nuit venait, dans une fosse creusée en toute hâte, pêle-mêle on jeta les morts de la M journée. Ils tombaient avec un bruit mat, l'un couvrant l'autre, et mêlant leur sang dans un der-
nier holocauste à la France. 5
Autour du trou béant, muets comme des fantômes, s'inclinait un groupe d'hommes qui plenraient. Son surplis se détachant lumineux au pre-
Lire — 28 — at, s'abat à losaug, | mier rang sur ces ombres confuses, un prêtre ille-cirèss © doucement bénissait los martyrs. À soh côté, sou-
de Un dt 2 tenue par un sergent à barbe grise, la femte du ur le corps ne canonnier Brassard s'affaissnit sous le poids dé sa étendu sur | désolation.
. Tout au- Enfin, on entassa la terre sur cet sas dé dre et roulé cadavre, et ce fut tout pour eux, ici-bas.
poussait de : Lérhaut, dans l'üir qui s'obécurcissait toujours,
: une volée de corbeaux tournoyaiënt, jétant leurs b croassements moquéuts au-dessus du pliteaa bordé Aie 0 dela chiair des victimes de deux grarides batailles ; à tandis qu'au loin, sur les remparts de la ville où l'artillerie se taisait, les vainqueurs, informés de la perto de nos navires, poussaient dans l'ombre
lamentable is -coups de
et qu'on se : 4 montante des hurlements de triomphe, Vautouts cheurépour | et corbeaux unissaient leurs voix discordantes La # Fu no B avant do se ruer sur la dépouille des vainous. 4 Les funérailles terminées, le sergent qui soutepe k 0 nait.la veuve voulut l’arracher du bord da la fouse l'espérance M maintenant comblée, où la malheureuse semblait + ‘ |. voir encore celui qui pour toujours dormait dans a nn à k la terre des braves.
use Creuse | Mais elle résistait, | morts 2 ln : Mu pauvre damé, Vous ne pouvez pas rester ioi, ; ts A à dit-il; voici que la retraite a commencé. +. ps à : Elle remua la tête, mais ne bougea point. Poe Où demeurez-vous ?
.e des. fan- .— À l'Ange-Gardien, murmura-t-elle. ; es qui Pleu- , —Mais comment allez-vous faire pour y reeux -AU pre tourner ?
—Je no sais pas, moi. Avant de me tuer mon mari et le père, ils avaient brûlé notre maison... Je n'ai plus rien au monde.
—Æt votre enfant. ? dit la voix grave du prêtre.
—Abh! c'est vrail s'exclama la mère en embrassant son fils. ,
—Sergent, “dit l'aumônir, vous allez ls conduire : jusqu'aux premières maisons de Sainte-Foye. ŒElle y trouvera bien un asile jusqu'à ce qu'elle puisse retourner vers ceux qui la connaissent.
Quelques instants plus tard, l'arrière-garde qui couvrait la retraite, tournait le dos à la ville et s’engagenit à son tour sur la route enténébrée de Sainte-Foye. Soutenue par son guide, la mère emportant sou fils s’en allait avec eux.
Cette veuve de soldat qui portait cet orphalin dans ses bras, et qui, ployant sous le faix de la -douleur et de la détresse complètes, s'enfonçgait dans la nuit de l'inconnu, c'était l’image du Osnada - français vaincu par le nombre et la fatalité, A cette heure terrible, il semblait bien que c'en était fini de nous comme race. Et pourtant, merci à Dieu! nous sommes la postérité, nombreuse et vivace, de cet orphelin français abandonné dans l'Amérique du Nord.
Au temps présent, où quelques énétgumines ‘osent rêver tout haut de notre anéantissement, il est peut-être bon de rappeler ce que nous nm et ce que nous sommes : aujourd'hui.
Ottawa, mai 1886,
) tuer mos-
aison.. Je
e du prêtre.
en embras-
ls conduire
Foye. Œlle elle puisse
garde qui la ville et énébrée de a mère em-
t orphelin faix de la s'onfonçgait du Canada fatalité. À
e c'en était
1, merci à
nbreusé et
ionné dans
sigumènes ssement, il us fûmes….
KIROUET & CANTIN ETUDE DE MŒURS CANADIENNES | (Scènes de la vie commerciale.)
Saint-Omer, l'un des plus considérables de tons les. ‘‘ bourgs ” assis sur la rive droite du Saint-Lau-
“vent, compte un bon nombre de pêcheurs parmi sa
lenteur, plus-ou moiné fort en géographie, me fait
‘remarquer qu'il. n'existe sur tout le parcours du fleave. aucun. village appelé Saint-Omer, je me hétorsi d'ajouter que cette désignation ne s'en
e-pas.'moins à un endroit bien connu dans.
le. bag.du eus, d de même que les noms Kirouët et.
Cantin sont des masques qui voilent les traits des personnages vrais de cette véridique histoire.—Je disais donc qu'une partie de la population de Saint-Omer se compose de gens qui partent de compagnie, tous les printemps, pour aller faire la pêche à la morue sur les différents points du Golfe où l’on prend ce poisson en abondance. Le plus grand nombre de ces pêcheurs habite, durant la saison morte, cette partie de Saint-Ormer que les. gens du lieu appellent la Basse-Bretagne. Située ‘immédiatement sur le bord du Saint-Laurent, ceux qui résident en cet endroit ont sous les yeux les vaisseaux de toutes sortes qui, pendant l'été, sillonnent incessamment les eaux du fleuve, large ici de cinq grandes lieues. Il n'est donc pas suprenant. que la vue de ces navires qui défilent fièrement à toute vapeur on penchés sous leur blanche voilure, inspire de bonne heure aux fils de ces pêcheurs le goût desaventures et des hasards de la vie de marin. Aussi les voit-on, dès l’âge de quatorze ou quinze «uns, quitter la maison parternelle et s'emburquer avec leurs aînés sur des barges ou des goëlettus. Dans les premiers jours de mai, quand le vent est favorable, on peut voir une petite flottille appm'eiller dans le bassin de Saint-Omer, mettre à la voile, gagner le large et puiss'évanouir dans les lointains brumeux qui regardent le Golfe. Souvent, hélas ! quelques-uns de ces hardis travailleurs de la mer, que les épouses et les mères regardent s'éloigner sur de frêles barques, ne doivent plus jamais revenir au logis. Une goëletté, au
8 traits des istoire.—Je pulation de partent de ller faire la nts du Golfe e, Le plus >, durant ln mer que les.
gne. Située aurent, CeUX les yeux Îles ant l'été, silave, large ici c pas supreléfilent fièreleur blanche « fils de ces hasards de la l’âge de quaparternelle es barges ou urs de mai, oir une petite Saint-Omer, uis s'évanouir dent le Golfe.
les mères rees, ne doivent goëletté, au
hardis travail-
cu #7 D
retour d'un voyage dans le bas du flouve, apporte ‘an ‘jour la sinistre nouvelle de la perte de quelques pêcheurs, partis au printemps pleins de vie. Cette Fümeur saute comme une traînée de. poudre jusqu’à
“le Basse-Bretagne :=—(6 Le petit Jean Couture s’est
moyé avec Pierre Joncas et Thomas Fournir dans ‘un coup de vent qui a'fait chavirer leur barge à la ‘Grand’ Grave!” Et'le deuil oùvre brutalement de ea: main defer la porte des chaumières, qui retentissent des sanglôts d’une veuve ou d’une mère éplorée, que les voisines s'efforcent de consoler, en songoant que: peut-être la tempête. leur réserve un paréil malheur pour un ‘prochain avenir. De tels accidents n'empééhent cépéndunt pas ces pêcheurs de naissance, de suivre, pères et fils, la même voie dangereuse qui conduit tous les ans des milliers de -nos gens dans les régions lé du golfe Saint-Laurent.
Au nombre des familles qui habitaient la Basse. Bretagne en 1850, celle. des Kirouëät comptait cinq pécheurs;"le père, Thomas, avec ses quatre fils
aînés. (C'étaient de rudes gaillards, solidement
bâtis :hardis navigateurs, hâlés comme il convient
à des lonps de mer, durs à la misère comme des Ganadiens de la vieille roche; au demeurant, les
meilleurs gens du monde. Le plus jenne fils de Thomss Kirouët, Pierre, qui avait alors quinze ans,
-n6 paraissait pas être sorti du même moule que ses
aminés. Pptit, grêle. et faible, avec des yeux bleus xéveurs, tont en lui contrastait avec ses robustes frères, dont la musculature épaisse semblait avoir été
taillée à coups de hache dans. d'énormes blocs de chêne tordu. Aussi bien, le petit Pierre, comme on l’appelait, ne suivait-il pas encore les. autres dans leurs voyages, quoiqu'il eût alors passé quinse ans. Il fallait pourtant qu'il s’habituât à gagner sa vie; une bouche de plus à la maison eût fait à la fin une entaille trop large dans la pitance déjà fort maigre de la famille. Pierre fut placé comme domestique chez le médecin du bourg. Le service y était assez doux : prendre soin d’un chéval, faire les commissions, conduire l’été deux vaches au
Champ et les en ramener le soir, vaquét aux petits
travaux de l'intérieur, tels étaient 188 devoirs de Pierre chez le docteur Gérard, Côfime tout cela n’exigeait pas un rude exercice dt corps, Pierre Kirouët ne se trouvait pas trop mifl et ne songeait nullement à envier les fatigues ét la vie 4 misère dont ses frères se contentaient,. | 7 F,
Il y avait deux ans qu'il ét#it en service, lorsqu’un sentiment aussi nouvéäiu qu'étraige, qui depuis quelque temps germäit en lui, finit, en se développant, par provoquer ün grand changement dans son existence. Le doëteur Gérard avait deux enfants, un fils, Jules, qui était âgé de douse ans et fréquentait l’école du -villtge, et une fille, Hélène, qui blondissait dans son déinzième printemps. Eile était mignonne, avec dé grands yeux noirs pleins d’étincelles ét une bouclé petite et fraîche comme un bouton de rose à peiñé entr'ouvert. Elle arrivait du couvent, quand Piëire Kirouët, qui com ptait
s blocs de 6, comme les: autres assé quinse gagner 84 ût fait à la ce déjà fort cé comme Le service iéval, faire.
vaches au "aux petits devoirs de 1e tout cela rps,- Pierre ne songeait ie de misère
ervice, lorsrage, qui finit, en 8e changement d avait deux douze ans et lle, Hélène, temps. Eile noirs pleins îche comme Elle arrivait jui com ptait
alors dix-sept ans, s'apergut à son maintien plus réservé que l'enfant avait, durant l’année, fait place
à la jeune fille qui était déjà très jolie, Avec ses airs de petite dame et ges fraîches toilettes, elle lui semblait bien gentille à côté des grosses filles mal étriquées de ln Basse-Bretagne. Et comme les moindres paroles qui tombaient de sa fine bouche Jui paraissaient une musique ravissante et quasi divine, comparée au rude accent et au langage commun des filles de pêcheurs avec lesquelles il ayait grandi | D'abord, simple sentiment d'admira” tion pour la distinction, la grâce et l'élégance qui oruaient déjà la jeune personne, et la recherche dans la toilette, choses auxquelles il n'était pas habitué, ce mouvement intérieur ne devait pas tarder à s’accentuer chez le pauvre garçon. De l'admiration à l'adoration, la progression ne tarda pas à se produire.
L'heure du jour où il ne se sentait pas de joie, c'était quand Mile Gérard sortait en voiture avec sa mère; parceque alors il était plus près de la jeune fille. Pendant qu'il retenait le cheval trop ardent, il la contemplait aveg extase comme elle montait en phaéton, D'abord, 8na petits main, enserrée dans un gant de peau de couleur tendre, saisissait la garde en exposant sous.la manche de la robe un avant-bras blanc et déjà bien arrondi- Et puis son pied mignon s’avençait sûr le marchepied; laissant apercevoir lea délicates attaches: roses de la cheville à travers le léger tissu du bas
de soie blanc. Et dans un gracieux élan de jeune chatte, elle sautait en voiture et se laissait douvement tomber sur le siège avec nn grand froufrou de sa robe de soie gris de perle. OCotte rapide ot charmante vision, ce froissement de soie sur un corps souple e jeune où s'accéntuaient pourtant déjà de gracieux contours, faisaient frisonner Pierre jusque dans la moelle de ses 08. Le malheureux garçon sentait ses jambes lui flagéolér comme il allait prendre place sur le siège de devant. Tout le temps que dufait la promenade il Jui semblait que la voix d'Hélène causant avé sa mère lui venait d’un autre monde, et.que c'était celle d’un ange qui murmurait à son oreille dés chants du nr :
en lui, il eut frayeur. La distance qui le te de l'objet de sa vénération lui semblait un abîme béant dans lequel il ne pouvait manquer de choir « t dé ge casser les reins, Comme il était intelligent, il sé figurait entendre le grand éclat do rire que là fillé de ses maîtres lui jetterait au nez, si jamais ellé vonait à s'apercevoir que Pierre Kirouët était épris d'elle, La seule idée de sentir le poids de tout le mépris dont elle saurait écraser son audate lui donna froid dans le dos, et il se jura bien que jamais personnes au monde ne surprendrait rien de son terrible secret, qui resterait entre Dieu seul et lui, Dans un recoin le plus intime de son êtré, il n'en
m.de jeune sait douteid: froufrou > rapide ot joie sur un it pourtant
frisonner , Le niali flagéolér le siège de promenade usant avé que c'était oreille dés
le se prit à i s'allumait séparait de bte béant
hoir «t dé se
ligent, il sé e que la fille jamais ellé it était épris ls de tout le audace lui
n que jamais
rien de son u seul et lui,
être, il n’en
DL
éleva pas moins un autel à son idole et lui voua un culte voisin du fétichisme.
: Quelles pensées ruminait-il habituellement, tout ‘n luttant contre les désirs qui l’envahissaient, c’ost ce que le cadre de cette étude ne permet pas de développer. Nous dirons seulement qu’un jour—
c'était le dernier qu'Hélène devait cette année-là
passer à Saint-Omer, vu qu'elle retournait à son couvent le lendemain—comme Mme Gérard et sa fille faisaient leur promenade habituelle en voiture, Pierre ne frappa soudäin le front et dit tout haut : Qui sait ?.… Mme Gérard surprit le geste et entendit le mot. —Qu'as-tu donc, Pierre, demanda-t-elle.
—kRien, madame...., balbutia le jeune hornme qui sentit un tressailléement passer par tous ses Membres 6n voyant qu'on l'avait entendu.
—Voilà que tu parles haut sans t'en apércevoir, reprit sa maîtresse. Commencerais-tu à radoter ? ‘Pierre devint rouge, et il lui sémbla que le sang allait lui sortir par les oreilles qui lui chauffaient en arrière comme si elles eussent été frappées d’un coup de soleil.
Mme Gérard, qui était très bonne. remarqua la
confusion dans laquelle elle avait mis le pauvre
garçon, dont elle était du reste à cinq cent millions de lieues de soupgonner la folle passion, et elle se remit à causer avec sa fille,
Le soir, commo il sellait le cheval que son jeune maître montait tous les jours après souper :
—Monsieur Jules, lui demanda-t-il d’un ton suppliant, voudriez-vous bien me montrer meslettres ? Je veux apprendre à lire.
—Mais oui, répondit Jules on mettant le pied à l'étrier. Nous commencerons à la veillée.
— Oh! merci, monsieur Jules, cria Pièrre à l'enfant que son cheval emportait au petit trot.
Deux heures après, les vingt-quatre lettres de l’alphabet-dansaient devant les yéux écarquillés da Pierre Kirouët, à la lumière tremblante de la chandelle de la cuisine, comme autant de petits diables fantastiques qui semblaient lui faire la que et se moquer de lui. ie
—Jamais je ne viendrai à bout de rien compren+ dre à tout cela ! soupira-t-il, tandis que Jules téchait de lui faire retenir les sons que chaque lettre représente.
Ce qui n’empêcha pas que quinze jours après le départ de Mile Gérard, Pierre commençait à épeler passablement, et qu’au bout de sept à hit semaines, grâce à l'application, à la volonté qu'il sut y mettre, il lisait couramment. Alors il songes à s'initier aux mystères de l'écriture, Muis il devait se heurter ici à un obstacle qu'il n'avait pus prévu.’ Jules Gérard avait bien assez de ses classes à suivre et ne sentait pas pour l’école plus d'entraînement que n'en out la plupart des enfants de son âge,
son jeune pr :
n ton Aupes lettres ?
t le pied à Se.
èrre à l’enrot.
‘lettres de arquillés de ante de la t de petits ire la nique
n comprenüles téchait e lettre re-
1rs après le xngait à épet à huit senté qu'il sut ; il songea à uis il devait
t pus prévu.
sses à suivre
itraînement
te son âge.
Aussi :commengait-il à témoigner beaucoup d’hu-
‘meur, de passer une partie de ses soirées à rabâchor
les choses qui l'avaient lui-même tant ennuyé. An premier moment, Pierre se sentit bien malheureux
.de l'apathie de son jeune maître; mais, après deux «heures de réflexions profondes, il se jeta dans le
banc-lit où il couchait, en se disant :
— C'est égal, le pire est fait, puisque je sais lire;
‘et je crois que j'ai trouvé le moyen d'apprendre à écrire sans M. Jules,
L'automne était arrivé, et les pêcheurs revenus du golfe. Pierre, qui les connaissait tous, guetta les plus jeunes, le dimanche suivant, à la porte de l'église, et leur représenta avec chaleur tout le bien qu’ils pourraient retirer d’une classe du soir qu’un vieil instituteur à la retraite offrait de leur faire, trois fois la semaine, moyennant la modeste somme
-d’un écu-par mois, que lui donnerait chacun de ses élèves, s'ils pouvaient se réunir une douzaine. Plu- -sieurs rirent au nez de Pierre Kirouët et lui deman-
dèrent s'il avait la prétention de devenir aussi
-Savant que son maîtwe le docteur Gérard, D'autres
‘haussèrent les épaules en tirant de grosses bouffées de leur brûle-guenle. Quelques-uns, enfin après s'être fait tirer l'oreille, promirent à Pierre de
suivre avec lui l'école du soir, s’il pouvait trouver
un nombre suffisant d'élèves. Celui-ci fit si bien : qu'après quinze jours de démarches incessantes, après avoir sollicité toute la jeunesse oisive et ignorante des environs, il put annoncer au père
François Boulet qu'ils ‘étaient onre. prêts À suivre ses ‘leçons durant l'hiver. Sur une trentaine de
jeunes gens qu'il avait sollicités, dix seulement s'étaient laissé.gagner, et avec qualle:peine !
Le ,vieil instituteur avait :bien fixé le nombre des élèves de sa classe à douse ; :mais enfin, puisqu'il n’y en avait que onge-debonne volonté dans le village, il-faudrait .se.contentar de:ce ‘nombre. D'ailleurs les cing pisstres et.demie qu'ils lui donneraient chaque mois n'étaient pas:à dédaigner dans l’état de pauvreté où se trouvait le vieillard, On sait à quelle vie d’abnégation sont condaninés nos instituteurs ; on conpaît l'insuffisance du traite. ment qu'ils regoivent pour. leur ingrate beéogne gt l'exiguité de la pension qui leur permet'à peine de ne pas mourir de male-faim après toute une vie vouée à l'instruction de la j jeunesse,
C'était chose-curieuse de voir les -ouxe:gare:tfunis Je soir dans :le grenier de:la maisonnette du père François Boulet. Alice auraient, :certes, ménèté d'être saisies sur place par le pinceau d'un Ténietn
-toutes ces grosses figures, hélées par :les êâpres caresses du soleil et de la mer, st dont les yeux s'ouvraient grands comte des :éçus ion face des signes cabalistiques de l'alphabet; tout commeile second groupe de ces giaulls écoliers qui, plus avaneés que :les -promicrs, tragaiont. d'üne :main lourde, ‘avec ‘Idurs doigts noueux :crispés sur ‘ln ‘plume, des bétons traditionnels titubatit entre de nombreux pâtés. Ils suaient:à grosses gouttes 'ot
à suivre entaine de seulement peine !
le nombre enfin, puis yolonté dans çe.'nombre.
ils lui donpe a le vieill ‘condaninés ice du traito-
si une vie
DUEe:ŒArS :1sonnette du d'un Téniets
ir los pres
ont les yeux it commeile rs qui, plus d'üne ‘main JB gouttes ot
semblaient fatiguer bien plus que s'il se Mt agi de tirer à bord d’une barge un flétan de cinq centslivres, Quant au père Boulet, qui était assis, en face de ses élèves, sur une petite estrade improvisée, pour mieux jouer son rôle de professeur, avec sa tête au crâne dénudé et surmonté de deux touffes de cheveux blancs qui «e tordaient en cornes sur les, tempes, ses grandes lunettes rondes aux fortes
montures de cuivre à califourchon sur son gros nez rouge, et cette bonne figure vieillote et placide, animée pourtant pur le sourire un peu dédaigneux que l'ignorance profonde et la balourdiso de ses élèves faisaient courir de sa bouche lippue jusque sur ses joues tombantes et creusées de rides profondes, il offrait le plus benu sujet d'étude que pôt caresser le pinceau si finement observateur du grand peintro flamand, autour de ces admirables scènes villageoises, mi-grotesques, mi-sérieuses, et partant si vraies. Et puis, quel merveilleux effet de c'air-obsour le peintre n’eût-il pas tiré de lu
lutte fantastique à laquelle se livrait la lumière
douteuse et vavillante qui tombait de cinq ou six chandelles de suif, avec l’ombre épandue dans lu vartio supérieure du comble, où les poutres et les chevrons s’entre-croisaient dans do: mystérieux acdouplements.
; Malgré l'attrait que peut offrir un pareil tableau, nous n6 saurions, pour l'étudier davantage, rester
assis plus longtemps sur les bancs do l’école du
père Boulet, et nous dirons tout de suite qu'au prin-