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a Chère dame et amie ,
« J*ai dû partir 8ao8 attendre votre retour des eaux. Le 15 juillet m'obligeait à quitter mon appartement, et, pour rester encore quelques jours à Paris , il m*eût iMn loger à Fhôtel. LWre si cordiale et bienveillante de M™* d*HerbevilIe m*assure un asile jusqu'à la fin du printemps prochain. J'en ai profité. Votre affection pour oioi veut des détails sur mon arrivée en Cotentin. Les Yoici : j'ai en le bonheur de voyager seule jusqu'au Mans. Là une bonne grosse fermière des environs de Caen a pris place dans le coupé avec sa petite-filie , qu'elle emmenait passer l'hiver avec elle. L'enfant était jolie et sa grand'mère en raffolait.
a J*emmène Pierrette pour égayer la maison , me dita elle ; nous sommes quinze cheuz nous, c'est vrai, mais a. tous des gens raisonnables, et, depuis que j'ai marié « ma fille, je m'ennuie. La petiote me distraira, pas « vrai, Pierrette?»
« La fillette embrassa gentiment sa grand'mère, et je ne pus m'empècher de pleurer. La bonne grosse femme, tout interdite, s'excusa.
a — Je vous prenais pour une demoiselle, dit-elle, vous êtes si jeune !
« — Hélas ! lui dis-je, je suis veuve, et ma petite fille « est morte il y a six mois à peine. »
<c Ma compagne de voyage me témoigna beaucoup de compassion. Elle fut aux petits soins pour moi, et, lorsqu'elle me quitta, me fit promettre d'aller la voir dans sa ferme de la Hautoie, si jamais je revenais à Caen. Je me retrouvai seule, et enfin j'arrivai au relais où j'espérais voir M™« d'Herbeville. Elle était souffrante et n'avait pu venir. Ce fut donc encore toute seule que je fis un trajet d'une heure dans le plus joli pays que l'on
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puisse voir. Le vert éclatant des prairies, la robe bigarrée des nombreux troupeaux qui, dans ce pays-ci, errent librement jour et nuit dans les herbages clos de haies impénétrables, Taspect propre et gai des habitations, le ciel pur où couraient^ chassés par la brise de mer, de légers nuages, tout semblait me sourire. Chose singulière, il me semblait être moins seule qu'à Paris I et, pourtant, qui Test plus que moi ?
« Enfin j'entrai dans le petit domaine d'Herbeville et je vis apparaître sur le perron la châtelaine, grande, mélancolique, vêtue d'une robe de soie grise et la tête couverte d'une écharpe de dentelle noire. Elle a fort grand air et son regard est empreint de bonté. Elle m'accueillit bien, moins bien cependant que ses lettres ne me le faisaient espérer. Mais sa froideur n'était mêlée d'aucune nuance dédaigneuse, bien au contraire, et elle me reçut comme si j'étais son égale. Rien de mieux tenu, de plus simple en même temps, que sa demeure. Il n'y a ici aucun luxe, mais tout le nécessaire, et dans une parfaite harmonie. Les domestiques parlent bas , ont des chaussures qui ne font aucun bruit ; il y a des tapis partout , à cause de la grande humidité du climat, et jamais je n'ai entendu pareil silence. Le tic -tac de l'horloge du vestibule et le timbre qui annonce l'heure sont les seuls bruits qui l'interrompent. Ne croyez pas que ce calme m'effraye. Je le préfère mille fois à ce tumulte incessant de Paris, qui troublait mes veillées douloureuses. Dans le silence et la solitude, peut-être une voix du ciel parlera- t-elle à mon ■cœur! peut-être arriverai-je à la parfaite résignation, au complet abandon à cette Providence qui m'a tout enlevé I Du moins, ici^ je me reposerai.
« D'ici à quelques jours je vous récrirai. Je vais essayer de dormir. Je viens d'ouvrir ma fenêtre : les étoiles brillaient, et j'ai pu m'orienter. Ma chambre est au le-
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Yant. Il y a bien longtemps que je n'ai vu le jour poindre, et l'aurore épanouir ses roses. Je voudrais que la nuit fût déjà passée I Ai- je donc encore un désir? je ne le croyais pas... »
Ciska laissa cette lettre inachevée : elle se sentait lasse, et, pour la première fois depuis bien des mois, dormit sans faire d*effroyables rêves. Le chant des coqs et les premiers rayons de soleil réveillèrent. Elle remercia Dieu du repos qu'il lui avait accordé, et, aussitôt habillée, ouvrit les fenêtres du petit appartement qui devait être le sien jusqu'à l'été suivant. L'air pur et vif des champs était mêlé d'un léger brouillard, et la femme de chambre qui vint offrir ses services à la jeune dame l'avertit qu'elle ferait bien de refermer les croisées.
a Madame désire-t-elle du thé, du café ou du chocolat? Madame veut-elle que je la coiffe? Madame veut-elle que j'allume du feu? »
De toutes ces offres , Ciska n'accepta qu'une tasse de thé que la femme de chambre alla chercher, et demanda l'heure où il fallait mettre les lettres à la poste.
a Le facteur sera ici dans vingt minutes et prend les lettres, lui fut- il répondu; mais, si Madame le désire, on enverra un domestique à la poste l'après-midi. »
Ciska, ne voulant pas donner cet embarras, se hâta de terminer sa lettre ; puis elle s'informa des habitudes de la maison.
a Madame va tous les matins à la messe à la paroisse, dit la bonne Renotte, tantôt à pied, tantôt en voiture, selon le temps. En rentrant elle écrit et s'occupe de ses affaires. A midi, elle dîne, et après Madame se tient au salon ou au jardin, lisant, faisant de la tapisserie, ou recevant de loin en loin des visites. Madame en fait peu. Elle travaille beaucoup pour les pauvres, mais de ma-
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nifefe à ce que penomie ne s*en dcRite. Elle fait des broderies el des tapisseries magnifiques, el les envoie à Paris ou à CberiNHirg, oà ces oaTiages sont vendos des prix foos dans les ventes de charité. A sept heures, Madame soupe légèrement, à neuf elle dit la prière avec ses gens, et à dix heures tout le monde est couché.
— J'aurais bien été à l'élise avec M^^ d'flerbeville, dit Gîska ; je lui demanderai la permission de raccompagner. Est-41 trop tard4MHir la rejoindre?
— Oh ! oui , c'est à la messe de sept heures que Madame est allée, et il est huit heures et quart. Si Madame veut bien passer dans son petit salon , je ferai sa chambre. »
Ciska passa dans le salon, et, y remarquant une autre porte que celle qui communiquait avec sa chambre, elle l'ouvrit, et se trouva dans une petite pièce sans meubles, où les Persiennes fermées d'une fenêtre unique ne laissaient pénétrer qu'un demi-jour. Il n'y avait , dans cette pièce, qu'un crucifix attaché au mur et un prie -Dieu, et elle avait un aspect si triste, que Ciska se hftta d'en sortir et de refermer la porte.
Elle voulait se distraire, et se mit à défaire ses caisses de voyage. L'une d'elles ne contenait que des vêtements, mais l'autre , sous des livres et des cahiers de musique , renfermait une cassette de marqueterie, encore toute fraîche et brillante. C'était cette belle cassette qui avait été la corbeille de mariage de la pauvre Ciska, et, au lieu des dentelles et des bijoux, empaquetés à part et qu'elle ne portait plus, Ciska y avait serré quelques lettres, sa couronne de mariée et les petites robes de sa fille, morte à deux ans, frêles et douloureux débris de ses rêves de fiancée , de ses chagrins d'épouse, et de son court bonheur maternel I
Ciska ouvrit ce cofi*ret, et le léger parfum qui s'en
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exhalait sembla l'étourdir un instant. £lle pâlit et ses larmes coulèrent.
Non, se 'dit-elle, il ne faut plus songer au passé. Prier pour Fâme de mon mari , travailler afin de n^être à charge à personne, et attendre patiemment Theure où j'irai rejoindre au ciel ma pauvre petite fille, c'est tout ce qui me reste à faire en ce monde.
Elle referma la cassette, la serra dans un bahut de chêne, et, prenant une broderie., .essaya de travailler. Mais une occupation matérielle ne suffisait pas à calmer son esprit, et l'aiguille s'arrêtait et les pleurs coulaient de nouveau.
Un coup léger, frappé à la porte, fit tressaillir Ciska. Elle se leva, ouvrit : c'était M°^® d'Herbeville, en mantelet noir et grand chapeau de paille.
LES AVETTBS
Au fond de ce calice où je bavais la vie , Peut-être restait-il une goutte de miel.
Lamartine.
]y[me d'Herbeville venait demander à Ciska comment s'était passée sa première nuit au château; mais, lui voyant les yeux rougis par les larmes , elle ne la questionna pas, et lui proposa une promenade. Ciska se hâta de s'apprêter, et la remercia de sa bonne pensée.
a*Mais d'abord, dit M^^ d'Herbeville, étes-vous entrée dans le cabinet de la tourelle? avez -vous vu vos petites voisines ?
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— Je suis bien entrée là , Madame , mais je n'ai point vu de voisines.
— Venez , je vais vous les montrer. »
Elles entrèrent dans la chambre ronde, et M"'^ d'Herbevilie fit voir à la jeune femme que , dans l'étroit espace qui séparait les persiennes fermées des vitres de la fenêtre, de nombreux rayons de miel obscurcissaient la lumière.
<( Approchez- VOUS; dit-elle, bientôt vous distinguerez les abeilles , entrant et sortant à travers l'intervalle des lames des persiennes , et celles qui travaillent à remplir les alvéoles et à nourrir le couvain. Le soleil est en ce moment sous un nuage , mais il va reparaître. »
Il reparut en eflet, et Ciska, émerveillée, s'écria :
« Que c'est joli! Sont-elles venues là d'elles-mêmes, Madame ?
— Assurément, et je tiens tellement à ce qu'on ne les dérange pas, que j'ai fait démeubler cette chambre et sceller la fenêtre. Mais venez au iardin, ma cousine. Profitons de cette belle matinée , le jardinier assure qu'il y aura de l'orage tantôt. »
Elles descendirent, et M'"^^ d'Herbeville se plut à montrer à Ciska ses belles roses remontantes et sa collection de dahlias. Ciska les admira, mais il était aisé de voir qu'elle était trop triste pour prendre grand plaisir à regarder les fleurs.
a Venez plus loin, dit M"^® d'Herbeville ; avez-vous remarqué que sur ces dahlias et même sur ces roses il n'y avait point d'abeilles? cependant les ruches sont près d'ici. Je vais vous montrer où les abeilles butinent. j>
Elles entrèrent dans un petit bois de sapins qui abritait le château du vent du nord , et suivirent une allée sinueuse, bordée de lierres rampants, d'un vert sombre; puis, à la lisière du bois, M'^^<^ d'Herbeville ouvrit ulo
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barrière et fit entrer Ciska dans une pièce de terre, enclose de haies et où croissaient en liberté des bruyères , des ajoncs, et surtout beaucoup de thym et de serpolet. Là, près d'une croix de pierre, étaient groupées quelques ruches, et des milliers d'abeilles tourbillonnaient alentour.
Sur le piédestal de la croix était tracée une date et ces mots : fiât voluntas tua !
CL Ici, dit M'"^ d'Herbeville, passait jadis un chemin. Mon mari y fut mortellement blessé en tombant de cheval. On le rapporta au château , et il vécut encore quelques jours. La chambre où il mourut est devenue mon oratoire, et vous verrez sa tombe près de l'église. Je fis tracer un autre chemin et enclore Tendroit où mon cher Henri était tombé. J'y venais souvent, et, pendant bien des mois, je ne sus faire autre chose que prier Dieu et pleurer mon bonheur perdu. Mon tils, déjà marin, voyageait au loin, et ne revint ici qu'un an après la mort de son père. Il devait* repartir bientôt. Je ne souhaitais que la mort, et mes jours s'écoulaient oisifs et désespérés.
a Mon confesseur m'ordonnait de lire, mais mon esprit ne pouvait se fixer sur rien.
a Un jour, pourtant, j'étais ici, à cette place, un volume de saint François de Sales entre les mains , et je regardais la terre. Elle s'était couverte de gazon et de thym, et de nombreuses abeilles butinaient sur les fleurs.
<c Je venais de lire, sans y faire attention, le chapitre de l'Introduction qui traite de la patience. Je me souvins que saint François y parlait des abeilles. Je rouvris le livre, et je lus : a Ressouvenez-vous que les abeilles, au a temps qu'elles font le miel , vivent et mangent d'une « munition fort amère, et qu'ainsi nous ne pouvons jamais a faire des actes de plus grande douceur et patience ni « mieux composer le miel des excellentes vertus, que «i tandis que nous mangeons le pain d'amertume et vi-
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ce vons parmi Jes angoisses. Le miel, qui est fait des « fleurs du thym, i herbe basse et amère, est le meilleur (( de tous. »
« Ces paroles de Tévêque de Genève m'ouvrirent une vie nouvelle. Et dès lors je ne songeai plus qu'à travailler, à me rendre utile , à obéir à Dieu , qui nous veut sur cette terre semblables à ce qu'il y fut lui-même, obéissants jusqu'à la mort, jusqu'à la mort sur la croix. »
Ciska pleurait en écoutant M"^^' d'Herbeville. Elle leva vers la châtelaine ses grands yeux bleus et lui dit :
a Je vous comprends , Madame , et je veux vous imiter, imiter vos abeilles. Et si je ne puis jamais retrouver la douceur du miel, priez pour moi, priez, afin que, devenue comme une cire docile , je sache élever vers le ciel la flamme de la prière. »
Souventes fois, un mot, un regard, en révélant la beauté d'une âme, lui valurent > d'impérissables affections. Il en fut ainsi ce jour-là, et, malgré la différence de leur âge, les deux veuves devinrent amies; mais, tandis que Ciska se livrait tout entière à l'affection et au respect que lui inspirait M^^ d'Herbeville , celle-ci continuait à observer de très près sa nouvelle compagne.
M'"^ de BoismoDt, l'amie à qui Ciska écrivait toutes les semaines, lui répondait fort exactement. Elle était cependant jeune , un peu étourdie , et fort lancée dans le tourbillon du grand monde; mais elle aimait sincèrement Ciska et elle s'occupait à lui chercher une place de gouvernante ou d'institutrice, lorsque le départ de la jeune femme pour Herbeviiie s'était décidé. Elle lui écrivit à ce sujet.
« Chère Ciska, je suis contente que nous ayons du tem(*s devant nous : cela no ralentira pas mon zèle,
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soyez-en certaine, mais nous permettra de choisir. Avec vos talents et votre charmante £gure ,^ je ne serai jamais en peine de vous trouver ce qu*on appelle une position lucrative, mais je ne veux pas que vous ayez à souffrir. Vous avez assez pleuré comme cela. Je vois ici , tous les jours, une certaine vieille priocesse, bonne, généreuse et honnête femme, le tout au fond, mais dont les étranges surfaces constituent un vrai martyre pour sa demoiselle de compagnie. La princesse lui parie fort gracieusement, la paye très bien, et exige qu'elle soit traitée à merveille; mais il faut que la pauvre demoiselle passe les nuits presqve entières A lui lire de vilains romans. La princesse ne s*endort qu'après plusieurs heures de cette musique. Dans le jour, c'est la Gazette des Tribunaux et les journaux les plus effrontés qu'elle veut entendre. Il lui faut des crimes , des catastrophes ou des gaillardises , et s'écrier : Quelle horreur ! quelle abomination I tous les quarts d'heure.
« La lectrice m'a avoué qu'elle aimerait mieux balayer les rues que faire Ce métier ; mais elle a sa mère et un frère infirme à soutenir, et elle est payée princièrement.
« Votre M"»® d'Herbeville m'inspire une grande sympathie. Que n'a-t-elle besoin d'une dame de compagnie ? Mais qui sait si cela ne viendra pas ? Elle ne doit plus être jeune, et un fils toujours absent doit lui faire souhaiter que vous restiez près d'elle. Pour moi , -je crois qu'elle y a pensé eh vous invitant à passer une année A Herbeville. Gela me paraît un essai... )>
Ciska de Clercy à Jlf"»® de Boismont.
tt Vous vous trompez, chère Madame! M. d'Herbeville doit se n^a^y^ip /auH.pcintemps prochain, et sa
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mère compte bien sur les instances de la future épouse pour le décider à quitter le service. Il habiterait alors Herbeville, dont les terres de la fiancée sont voisines, et la compagnie d*une belle-fille -rendra la mienne tout à fait superflue. M°*^ d'Herbeville m*a fait confidence de ces projets, et aujourd'hui même elle voulait m'emmener à Mont-Fontaine faire une visite à la future bellemère de son fils. Je Tai priée de m'en dispenser : à cause de mon deuil, et tandis qu'elle va parcourir les environs dans sa calèche, je vais m'en aller, toute seule avec un grand épagneul noir qui m'a prise en affection, dessiner les ruines d'une abbaye, ii une demilieue d'ici. Je veux offrir ce dessin à M"*« d'Herbeville pour sa fête : elle s'appelle Marie.
« Je serais si heureuse de lui faire un petit plaisir ! Vous ne pouvez vous imaginer combien elle est bonne pour moi. Elle me laisse une entière liberté, mais en même temps les attentions les plus constantes et les plus délicates me témoignent qu'elle veille sur moi maternellement. Elle a fait monter un très bon piano dans ma chambre, afin que je puisse étudier sans appréhender de la gêner. Son piano, à elle, est dans le grand salon, et elle m'a priée quelquefois d'en jouer. Elle ne l'a plus touché depuis qu'elle est veuve, mais elle prend plaisir à m'entendre dire les airs que son mari aimait. Elle aime aussi beaucoup ma voix, mais elle craint de me fatiguer, et me recommande de la ménager beaucoup. Je suis tout étonnée de pouvoir encore chanter. y>
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