‹ Récits normandsChapitre 18 sur 31 · UO CISKA DE CLERC Y · texte numérisé non relu

UO CISKA DE CLERC Y

prie, dit Taimable fille en attirant à elle M">® de Clercy : je vous aime déjà tant !

— Chère petite Claire, appelez-moi Ciska, » dit M"*» de Clercy en Tembrassant.

On vint les appeler; M"*® de Mont -Fontaine avait demandé 8a voiture.

Les deux nouvelles amies se séparèrent, en se promettant de se revoir bientôt.

Ciska à JtP" de Boismont,

Herbeville, 5 septembre.

ft... Le croirez-vous ? J'étais au bal hier. 11 Ta fallu. Claire le voulait, et M°*« d'Herbeville elle-même Ta presque exigé. Il va sans dire que je n'ai rien changé à ma toilette de deuil, et JQ suis restée presque cachée sous les rideaux , dans une embrasure de fenêtre , tout le temps que Ton a dansé; mais enfin j'y étais, et ce qui ne vous étonnera pas moins, c'est que j'y ai pris grand plaisir. Je m'oubliais moi-même, j'étais là comme un miroir reflétant une fête charmante. Rien dans les réunions que j'ai vues à Paris, à l'ambassade de Russie et chez M"^^ de Vatry et de la Rochetaillée , ne m'avait donné l'idée de cette familière simplicité. Oc avait ouvert la chasse le matin même; plusieurs des chasseurs étaient en veston de velours , toutes les jeunes filles en robes blanches, couronnées de fleurs naturelles. On dansait dans un vaste salon, dont la porte principale donnant sur le parc était restée ouverte. Il y avait de l'espace , de l'air, un brillant éclairage ; tout le monde se connaissait et , sauf le pauvre petit moi , paraissait bien joyeux. M"^« d'Herbeville elle-même était gaie. Elle avait reçu le matin une lettre datée de Bordeaux et lui annonçant la prochaine arrivée de son fils.

CISKA DE CLERCY 111

Tout heureuse, elle changeait souvent de place, causait avec ses amies, et depuis une heure ne semblait plus penser à moi.

a Un excellent musicien se mit au piano et joua la valse d*Indiana. Vous savez combien je l'aimais , et vous vous rappellerez aisément qu'un jour vous vous étiez étonnée de me voir pleurer en Técoutant au concert des Champs-Elysées. Elle me rappelait mon heureux temps de jeune fille, et pourtant, alors, mon mari vivait encore, ma petite enfant aussi, et je pouvais espérer... Hier soir, dès les premières notes de cette valse, je sentis les larmes venir, et, reculant mon fauteuil, je m'approchai de la fenêtre, et je regardai dans le parc, en essuyant la buée qui obscurcissait les vitres.

Cl J'aperçus un homme debout contre la fenêtre, et je le reconnus, j'avais vu son portrait à Herbeville. Il me parut si pâle que je crus voir un fantôme. Mais c'était bien un vivant. Dès que les valseurs se furent arrêtés, un domestique vint prévenir M°^p d'Herbeville. Elle sortit du salon fort vite, et, un instant après, reparut triomphante au bras de son fils. Toute la compagnie s'exclama, et le capitaine d'Herbeville fut embrassé par tous les messieurs, et accueilli à merveille par toutes les dames. Sa mère me le présenta, et il fut avec moi d'une politesse exquise et toute cordiale. C'est un grand et beau cavalier à barbe noire , l'air sérieux , et paraissant plus flgé qu'il ne Test. Il était en uniforme de capitaine de frégate , et sa belle tenue contrastait avec le négligé des chasseurs. Sa mère aurait voulu qu'il dansflt, mais il assura qu'il avait oublié depuis longtemps les figures , et brouillerait tous les quadrilles.

« M°^® de Mont-Fontaine donna un signal , et le piano préluda. Elle dansait dans le même quadrille que sa belle-fille et ses deux filles, et paraissait s'amuser au-

112 CISKA DE CLERCY

tant qu*elles. J'entendis une de ces bonnes daines qui, tout en faisant tapisserie, communiquent volontiers leurs impressions , dire à sa voisine :

a — C'est la belle-mère et non la belle- fille que ce (( marin devrait épouser. D'ailleurs^ cette sylphide n'est (( pas mariable. »

ce Elle baissa la voix, et je regardai Claire danser, toute vêtue et chaussée de blanc, et couronnée d'une légère guirlande de ce feuillage pâle que Ton appelle, je crois, séneçon maritime. Son collier et ses bracelets de nacre brillaient de reflets irisés. C'était une ondine , une sylphide, un être idéal. Mais qu'elle était jolie 1 qu*elle paraissait contente !

a A minuit , on soupa , et en revenant au clair de la lune, dans la calèche de M"^® d'Herbevîlle , le capitaine avoua que M^^^ Claire était bien la plus charmante personne qu'il eût jamais vue.

a Je ne doute pas que nous n'ayons bientôt une belle noce à Mont-Fontaine. M°*« d'Herbeville aura toute autre chose à faire qu'à s'occuper de moi. Je compte sur vous, chère amie, pour me trouver bientôt uoe plac«. J'aimerais être près d'une personne malade, plutôt que d'avoir à m'occuper d'enfants. Je ne puis en regarder, sans me rappeler ma petite fille. Au couvent, je n'étais jamais si contente que lorsqu'on me permettait d'aller distraire mes compagnes malades et quelquefois une bonne religieuse, aveugle et impotente, qui se réjouissait d'être infirme et de faire son purgatoire en ce monde.

a Vous me demandiez, dans votre dernière lettre, des nouvelles de l'oncle de Claire, M. de Champvallon. Il est en Angleterre, à un congrès d'archéologues, et ne reviendra que dans huit jours. Claire se promet de beaucoup travailler avec lui et veut que jo prenne comme

CISKA DE CLERC Y 113

elle des leçons de blason. Mais je croi^ que ces beaux projets-là vont s'en aller en fumée... »

M™® de Boismont à M™* de CAercy.

Paris, septembre 1855.

a Y pensez-vous, chère Giska? vivre auprès d'une personne malade ! Mais c'est un supplice affreux , un vrai martyre. Non, je ne puis me résoudre à vous aider à vous assassiner ainsi. Je vous trouverai autre chose : une grande jeune fille à promener, à amuser, à faire chanter. Quelque jeune héritière pourvue d'une mère paresseuse ou souffrante, que vous suppléeriez. J'ai en vue une certaine petite personne, nouvellement sortie du Sacré- Cœur, et dont la mère a une ophtalmie qui l'oblige à vivre dans l'ombre. Vous promèneriez au soleil la petite personne, dont le père est ambassadeur au Japon, je crois. Mais ces dames sont encore à la campagne. Dès leur retour je les verrai. Patience, mais ne me parlez pas de vous enterrer vivante! Jamais je ne me prêterai à pareil méfait. Vous, si aimable, si jeune , vous, ma chère petite amie 1 Ne me parlez plus de cela , ou je me fâche tout de bon.

« Adieu , je vous embrasse à la condition que vous ne formerez plus contre vous-même de si noirs projets.

« Votre amie,

« HORTENSE DE BOiSMONT. »

114 CISKA DE CLERCY

LA GROTTE DE l'ÉCHO

La mort est là qaand des jours de l'enfance Aux mains da Temps le sable est écoulé.

Avec effroi la vive adolescence Distingue alors son fantôme voilé.

Mm* Amable Tastu.

Deux jours après le bal , M°*^ d'Herbevîlle et son (ils allèrent faire une visite à Mont- Fontaine. Il» insistèrent en vain pour y emmener Ciska. Elle préférait rester , et prit pour prétexte que les ouvriers qui ajustaient la grotte de l'écho feraient de la mauvaise besogne si elle ne les surveillait pas.

Cette grotte était une des merveilles du domaine d'Herbeville.

Elle avait été autrefois ornée de rocailles et d*un petit orgue hydraulique fort curieux; mais, abandonnée depuis de longues années, les eaux Tavaient presque détruite. Ciska en avait retrouvé une peinture dans un vieux trumeau de la chambre qu*elle habitait, et elle avait décidé M™* d*Herbeville à faire restaurer cette grotte. Les plantes parasites arrachées, les conduits d'eau remis en état, il ne restait qu'à déblayer l'intérieur de la grotte, niveler et sabler le sol, et orner de pierres et de mousses choisies les bords du petit bassin où tomberait la cascade artificielle. Puis il fallait deux crampons de fer destinés à suspendre un beau hamac rapporté d'Australie par le capitaine. Ciska présidait à ce travail et y prenait plaisir.

« Vous direz à M"® Claire de venir bientôt voir la

CISKA DE CLERCY il»

grotte, n*e8t-ce pas, Madame? dit Ciska à M"^® d'Herbeville. J'espère que tout sera fini demain.

— Vraiment 1 mais vous êtes une fée. Jamais nos gars normands n'ont travaillé si vite. Comment donc faites-vous?

— Ahl Madame, c*est bien simple. Mon père était architecte, et je me souviens bien de lui avoir entendu dire que, pour activer le travail de ses ouvriers, il posait souvent la pierre lui-même. Je fais de même à la grotte, et cela m*amuse beaucoup. Vous verrez quelles jolies pierres j*ai choisies et posées moi-même hier matin, tandis que Blaisot gâchait son mortier rougi avec des briques pilées. Nicolas, piqué, d'honneur , a découvert dans les brèches à Gricault des morceaux de pierres meulières couverts de mousses magnifiques, et m'en a charrié plein trois brouettes. Vous verrez comme la grotte va devenir jolie.

— Nous appellerons cette grotte de votre nom. Madame, dit le capitaine, ce sera justice.

— Ce serait dommage , Monsieur ; elle a un trop joli nom. Il ne faut pas la débaptiser.

— C'est un nom qu'elle ne mérite pas , Madame. S'il a existé un écho dans cette grotte, je le veux bien croire, mais il est détruit. Jamais je n'ai entendu là le moindre écho.

— Les anciens du pays disent qu'il existait, mais qu'on le détruisit sans le faire exprès , en abattant des arbres. Il est temps de partir, Henri, dit M™<^ d'Herbeville. Adieu, Ciska. Travaillez ,. jeune architecte paysagiste , mais prenez garde de ne point vous faire mal en maniant ces pierres. Vous n'avez point des mains de maçon , ma chère amie.

— Ah 1 certes non I » dit le capitaine en jetant un regard sur les mains fines et blanches de la jeune veuve.

116 CISKA DE CLERCY

Aussitôt monté en voiture avec sa mère, il se mit à la questionner sur M"*« de Clercy. Tout le temps que dura le trajet, elle voulut détourner la conversation et parler de Claire ; mais le marin revenait toujours à parler de Ciska, et, comme tout le monde, du reste, s'étonnait qu'une femme si charmante eût été si malheureuse en ménage.

« Que voulez -vous? elle n'est pas la seule, dit M"*® d*Herbeville. Son mari était joueur; pendant plusieurs années il avait gagné des sommes folles, et le tuteur de Ciska , ébloui par cette fortune mal acquise et les manières séduisantes de votre cousin, lui donna sa pupille sans prendre d'informations. Ce mariage fut décidé en quelques heures. Clercy s'était passionné pour la belle Ciska Branika, enfant de dix-sept ans, sortie de pension depuis huit jours, riche, élevée à merveille. Ce fut un feu de paille: 11 l'emmena en Italie, puis à Paris, se remit à. jouer, se ruina, devint sombre, injuste, oiéchant, et finalement mourut fou. En cinq années cette pauvre jeune femme a connu bien des douleurs. Je ne pense pas qu'elle se remarie. Je l'aime beaucoup, et, si elle le veut, je la garderai toujours près de moi. M^^^ Claire s'est prise aussi d'une grande amitié pour elle. Cette jeune fille est si affectueuse ! C'est un ange : que vous seriez heureux si vous l'épousiez I

— Elle est bien gentille, ma mère. Mais c'est une enfant, et elle paraît si frêle...

— Oh ! elle n'a jamais été malade. Elle est active : elle monte fort bien achevai. Tenez, la voyez- vous là-bas?»

Les trois sœurs faisaient galoper leurs poneys . dans l'avenue du château de Mont- Fontaine. Elles passèrent comme l'éclair près de la calèche, puis revinrent sur leurs pas, et M™® de Mont- Fontaine, qui les suivait de loin sur une petite jument fort paisible, mit pied à terre

CISKA DE CLERC V 117

au bas du perron pour recevoir ses hôtes, et les fit entrer dans le grand salon tout embaumé d*œillets et de résédas.

Af"»® de Clercy à JJf™« de Boismcynt,

Herbeville, 15 septembre 1855.

a ... Ha petite grotte est terminée, chère amie, et le croquis que je vous envoie vous vaudra mieux qu'une description pour vous en donner Tidée. Je suis heureuse du plaisir que j*ai fait à M>°® d*Herbeville. Le capitaine aussi paraît charmé de cette grotte , et chaque jour s'amuse à y placer quelque curiosité rapportée de ses voyages, coquillages, coraux, pétrifications. C*est un ▼rai musée. Il n*y manque plus que les sièges qui sont commandés à Paris, et la cascade, qui ne va pas encore : on a si bien détourné la source pour faire les travaux, qu'elle a pris un autre cours, et qu'il faut en amener yne autre d'assez loin. La grotte, du reste, n'en est que plus habitable pour le moment, et nous y prenons le thé quelquefois. Claire aime beaucoup à se balancer dans le hamac, et voudrait faire construire une grotte semblable à Mont-Fontaine.

(( Le capitaine y va tous les deux jours avec sa mère. La demande officielle n'est pas faite, mais c'est tout comme. On attend le retour de M. de Champvallon, qui voyage en Ecosse. M^^ de Mont- Fontaine et ses filles accueillent fort bien le capitaine...

« On vient m'annoncer leur visite. J'en aperçois une autre qui arrive par l'avenue... A demain, chère amie, la suite de ce journal que vous êtes assez indulgente pour trouver supportable. »

118 CISKA DE CLERCY

La même à la même.

Mont- Fontaine, 16 septembre.

... Hier, je croyais terminer ma lettre le soir, et j^étais loin de me douter que je passerais la nuit à Mont- Fontaine. Il fait à peine jour, et c'est à la lueur d'une bougie que je vous écris les étranges événements d'hier. Ne vous eiïrayez pas : il n*y a ni fâcherie ni catastrophe, et c'est pour obliger mes amies que je suis venue ici.

<c Lorsque les dames de Mont-Fontaine arrivèrent hier, leur voiture était suivie par ce que M°^« de Sévigné aurait appelé une « chienne de carrossée ». C'était la berline des demoiselles Maingot, riches propriétaires du voisinage et les plus mauvaises langues de tout le dépars tement. Elles avaient avec elles leur neveu et sa femme, deux jeunes nullités, et leur affreux petit chien Bijou, que Fidelio est toujours sur le point d'étrangler. Le capitaine, qui les déteste, avait su qu'elles viendraient, et était allé se promener à cheval, suivi par Fidelio.

« Une autre voiture, un grand break, arriva bientôt, amenant une très aimable comtesse, ses six enfants, leur gouvernante et une nourrice, puis arrivèrent d'autres dames.

<K Le salon était plein, et M°^« d'Herbeville, contrariée de l'absence de son fils, et voyant l'air malheureux de Claire, me pria de l'emmener, et de donner l'ordre à ses gens de préparer un goûter pour les enfants et les jeunes filles. Elle engagea Blancheflor et Rosemonde à faire les petites mamans, et les deux pensionnaires, ravies de s'échapper du salon, emmenèrent toute la bande enfantine à l'escarpolette et au jeu de boules.

a Claire me dit : a Allons à la grotte. J'ai à vous a parier, Ciska. J'espère que l'on nous y laissera en « repos.

CISKA DE CLERC Y 119

« — N'y comptez pas, lui dis-je. Ces demoiselles « Maingot ne viennent que pour la voir. On en cause « dans tout le pays. Tenez, justement, les voilà qui se (( dirigent de ce côté avec leur nièce.

a — Cachons-nous, dit Claire, elles n'y resteront pas « longtemps. »

« En effet, les deux vieilles fées et leur compagne eurent bientôt fait leur examen, et, au lieu de rentrer au chAteau, continuèrent à se promener dans le parc. Elles font toujours de fort longues visites, et il était évident qu'elles attendraient pour s'en aller que les autres dames fussent parties.

(c Nous allâmes à la grotte, et Claire s'étendit dans le hamac.

d — Chère Ciska, me dit- elle, je suis bien heureuse. Savez-vous pourquoi ?

oc — Oh 1 certes oui, il y a plus d'une raison pour ce cela. Dieu veuille vous garder votre bonheur, chère <( petite amie.

« — Maman m'a défendu de vous dire mon secret, a Ciska; mais je suis tellement sûre que vous le savez « que je n'obéirai pas.

(( — Il faut obéir, lui dis-je en l'embrassant. Ce serait a mai. Je ne veux rien écouter.

« — Si, si, je le veux. Ne vous enfuyez pas... »

(( Mais je m'éloignai en riant, et j'allai cueillir des fleurs à peu de distance.

<c J'aperçus de loin les dames Maingot : elles étaient allées s'asseoir sur uh vieux banc de pierre, situé sur le penchant de la colline qui fait face à celle où est percée la grotte. C'est de ce banc, paraît-il, qu'autrefois on entendait l'écho.

a Cinq minutes après , je revins vers Claire et je fis un cri en la voyant. Elle était d'une pftleur livide, les yeux

120 CISKA TjE CLERGY

fixes, et tremblait de tous ses membres. Je la pris dans mes bras, je la caressai, la suppliant de me parler. Elle restait muette et glacée. Je n^oçais la quitter pour appeler au secours. Enfin elle me dit : « Elles ont menti , « n'est-ce pas? ô Ciska, je ne veux pas mourir I «

« Et elle fondit en larmes. .

a — N'appelez personne, dit-elle, je vous dirai tout « plus tard. Ne me quittez pas. » Et la pauvre enfant s'attachait à moi en sanglotant. Une demi -heure après , sa belle- mère nous envoya chercher. Claire essuya ses yeux, baissa son voile, et fît assez bonne contenance. Mais au moment de partir, elle me dit tout bas : a Si je « vous envoie chercher, promettez -moi que vous vien— « drez. » Je le lui promis.

(( Vers le soir, un domestique à cheval arriva de Mont-Fontaine, apportant un billet presque illisible de la belle- mère de Claire à M"»« d'Herbeville ; elle disait : « Ma pauvre Claire , en rentrant ici , a eu des attaques (( de nerfs effrayantes. Le médecin ne sait à quoi les « attribuer. Elle a la fîèvre et demande instamment a M™« de Clercy. Envoyez-la-lui , je vous en prie. »

oc On fit atteler, et le capitaine voulut m'escorter à cheval. Je trouvai tout le château dans Teffroi. M°^® de Mont-Fontaine perdait la tête, ses filles pleuraient, personne ne pouvait décider la malade à accepter quoi que ce fût, et les trois médecins du pays étaient là et parais, saient fort inquiets. Â ma vue, la pauvre malade sourit, et se calma. Je la fis boire , et elle s'endormit en tenant ma main. Son sommeil fut souvent interrompu par des rêves pénibles. A chaque réveil , elle prenait une potion calmante, et la fièvre diminuait. Depuis deux heures elle repose très paisiblement. Mais quel étrange mystère y a-t-il là-dessous?

a Faites, je vous en prie, recommander ma pauvre

CISKA DE CLERGY 121

Glaire à l'archiconfrérie de Notre-Dame des Victoires. Je vous donnerai de ses nouvelles demain. Dieu veuille qu'elles soient meilleures! Hélas! n'ai -je pas fait un souhait funeste l'autre jour en disant que j'aimerais à être auprès d'une malade ? . . .

« Votre amie ,

« ClSK4. »

Page 1