CHAPITRE IV
Des divers modes de préparation actuellement usiiés pour
les produits opothérapiques
L'organe est soumis à une préparation. Celle-ci diffère suivant les spécialistes. On se préoccupa, dès le début, de conserver le mieux possible tous les principes actifs de la glande .Pour cela il fallait en retirer l'extrait total en la maltraitant le moins possible.
I faut que l'extrait se rapproche le plus possible de la -'glande vivante. Nous ne pouvons prétendre obtenir un produit identique à ce dernier, bien que certains s'en flaltent, sans d'ailleurs le justifier, mais notre idéal doit être de nous y efforcer. Aïnsi l'avait compris, au début de l'opothérapie, le professeur GILBERT qui avait formulé : « Obtenir l'extrait total de l'organe en le maltrailant le moins possible, car, dans l'ignorance où l’on est du principe actif de l'organe, on a d'autant plus de chance de ne pas le détruire qu'on est moins brutal, »
L'extrait était alors obtenu simplement par dessication
à une température au-dessous de 32°. On avait ainsi une
poudre grossière, grasse, qui s’agglomérait aisément,
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douée d'une odeur spéciale, sui generis. On en faisait des
pilules, parfois des capsules. a ;
Au point de vue pharmaceutique, la préparation ainsi Eee obtenue paraissait imparfaite : la graisse suintait, alté- | E rait les enrobages, rendait presque impossible la préparation sous forme de cachets. L'odeur en était désagréable aux malades qui y voyaient à tort un signe de > putréfaction. Au point de vue thérapeutique, elle donnait »- des produits d'autolyse et pouvait être dangereuse.
Les extraits altérés peuvent donner des phénomènes | Ë : toxiques banaux : troubles digestifs, rappelant ceux d'une intoxication alimentaire, ou plus simplement malaises, palpitations, éruptions cutanées, urticaire ; nous avons observé de l'érythème papuleux. Bien souvent des :
praticiens ont cru que ces accidents prouvaient l'efficacité, l’activité du produit alors qu'ils prouvaient son altération.
Les spécialistes se sont efforcés de perfectionner cette méthode. Ils ont introduit deux ordres de modifications :
1° Le premier consistait à traiter au préalable l'organe È
par des solvants pour enlever les graisses et les lipoïdes
et obtenir un produit pharmaceutique de bon aspect. ë- Nous montrerons que celte pratique à été péjorative: ñ=
»° Le second consista à diminuer l'autolyse en desséchant au vide et au froid. Ici il y a eu amélioration.
Examinons successivement ces deux modifications.
D) Délipoïdisation
Les pharmaciens crurent perfectionner leurs produits
en enlevant la graisse et en désodorisant. [ls ne se con-
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tentèrent plus de dégraisser la thyroïde légèrement par pressions entre couches de papier filtre. Ils employèrent des solvants, alcool, éther, acétone, chloroforme, enlevant à la fois graisses et lipoïdes. On sait que les lipoïdes ont les propriétés physiques des corps gras sans en avoir Ja constitution chimique. C'était pour eux tout avantage, puisque les lipoïdes étaient regardés alors comme inactifs ; on avait même découvert la toxicité d'un
lipoïde de la thyroïde.
= Gette méthode de délipoïdisation est en train de devenir officielle. La commission internationale de Genève propose que la poudre de lobe postérieur d'hypophyse, desséchée et épuisée par l’acétone constitue un standard dont l'adoption sera recommandée en vue du titrage des extraits hypophysaires. Et la 14° sous-commission du Codex propose de soumettre la glande surrénale à la dessication et au traitement consécutif à l’éther. Même proposition pour le pancréas, la moelle osseuse, etc..., pour
: obtenir la poudre.
“2 Les chimistes trouvaient d'autant plus naturel de traià ter les glandes endocrines par le chloroforme que ee traitement est classique pour retirer la pancréatine du pancréas. Voici comment Dorvaurzr prescrit cette opération : « Les pancréas, débarrassés des parties étrangères %& qui les accompagnent, sont délayés dans l’eau légère- ‘2 ment chloroformée pour empêcher l’altération. Après d quelque temps de contact, on jette sur des filtres, le résidu est exprimé et le liquide est obtenu filtré. On évapore rapidement dans un courant d'air et dans des vases à
large surface, à une température ne dépassant pas 38°,
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