‹ RecommencementsChapitre 14 sur 25 · SAIDA · texte numérisé non relu

SAIDA

grâce et de mélancolie dont il avait certainement rêvé de consoler le veuvage.

— ce Non, » lit-il, ce et cette absence d'enfants était aussi un des motifs que Ton supposait à cette étrange froideur des deux époux l'un pour l'autre. Beaucoup d'hommes sont ainsi : ils ne se marient que pour avoir un fils, et ne pardonnent pas à leur femme une déception de paternité. Ce n'était pas le cas pour Rodier. D'ailleurs, je ne veux pas jouer aux énigmes avec vous, et je vous épargnerai les hypothèses plus ou moins saugrenues dont cet étrange ménage était l'objet, pour vous dire en deux mots la vérité, telle que je l'ai sue plus tard, telle, je vous répète, que je l'ai pressentie dès lors. Mais il faut que je vous pose d'abord une question, car suivant votre réponse, vous admettrez ou n'admettrez pas une situation que je n'ai vue bien traitée nulle part. Elle a été vraie pourtant cette fois-ci comme bien d'autres, de la vérité pour moi la plus évidente. Croyez-vous que des malentendus fonciers puissent s'établir et durer longtemps entre gens qui vivent sous le même toit, mangent à la même table, respirent le même air, ont les mêmes intérêts, les mêmes besoins, — et qui s'aiment?... »

— ce Si j'y crois!... » lui répondis-je. ce C'est le fond même des tristesses de famille, ces malentendus-là! Que de fois un père meurt qui aimait son fils et qui en était aimé, persuadé de l'ingratitude

de cet enfant et sans savoir que ce fils lui-même avait le cœur percé par l'indifférence de son père! Et les mères avec les filles, et les frères entre eux!... C'est-à-dire que le recul, l'impossibilité de se montrer tel qu'on est, la contraction douloureuse devant ce que l'on chérit le plus, forment le lot commun de tous les êtres tendres et timides. Un lot cruel et de cruelles tendresses! Que de mal on se fait, que l'on ne se ferait pas si Ton pouvait voir les âmes, comme on voit les corps ! ... » — « Et vous n'ajoutez pas que l'amour, qui devrait aider à cette claire vision des cœurs, achève encore de les troubler! » reprit Êlie après un silence, comme s'il y avait de l'écho à mon exclamation dans son plus cher passé, ce Hé bien! c'est un de ces malentendus-là qui séparait Rodier de sa femme... Par leur faute à tous deux, comme il arrive. Rodier avait été, dans le commencement de son mariage, éperdument, maladivement, outrageusement jaloux d'elle. Elle s'était révoltée parce qu'elle était fière, et aussi, pareille en cela à toutes les femmes jeunes, elle ne soupçonnait pas quel poison c'est pour un caractère d'homme que la jalousie, quel venin distillé dans un cœur, et qui le ronge, qui le flétrit jusque dans sa fibre la plus intime. Elle avait tenu tête à son mari. Elle, une des créatures les plus exemptes que j'aie connues du funeste péché de coquetterie, elle avait été coquette, par bravade. — Oh! bien peu!...

Ils habitaient la province, alors. Vous voyez cela d'ici : un bal de préfecture où elle avait dansé deux ou trois fois de trop avec celui-ci ou celui-là, une partie de campagne où elle avait accepté des fleurs, quitte à les jeter cinq minutes plus tard, offertes par quelqu'un qui déplaisait au mari. Et ce dernier, vous le voyez aussi en proie à la folie du soupçon et se soulageant par des scènes de colère, de brutalité peut-être, jusqu'à ce que, dans un coup de frénésie, il commette quelque irréparable folie. Celle de l'ingénieur avait consisté à signer un engagement pour ce port de Syrie sans prévenir sa femme. Il l'avait en huit jours enlevée, arrachée à son pays, à sa famille, à ses amis, pour l'arracher en même temps à un rival imaginaire !... Elle avait obéi, avec quelle indignation et après quelles paroles échangées, vous le devinez encore. Je vous épargne vingt détails que j'ai sus depuis. Ceux auxquels j'arrive, j'y ai assisté en personne. Je voulais que vous vissiez bien nettement ces deux orgueils, ces deux amours blessés, et emprisonnés dans cet exil d'Orient l'un en face de l'autre : une femme ulcérée de rancune, malgré sa passion, et décidée à ne jamais pardonner, — un homme convaincu que cette femme ne l'aime plus et qu'elle en aime un autre. 11 ne pouvait plus être jaloux des faits, ici, à des centaines de lieues de France et avec la vie qu'elle menait. Il l'était, jusqu'à la rage, de sa mélancolie et de ses silences qu'il in-

terprétait comme un mortel regret, — un regret de quoi? Il ne le savait pas et il se détruisait systématiquement. On vous reproche à vous tous d'abuser de ces suicides-là dans vos romans. Ils sont plus fréquents encore dans la vie, quoique moins conscients et moins volontaires, et c'en était un qu'accomplissait cet ancien élève de l'École polytechnique, devenu, à côté de cet être qu'il adorait et qui l'adorait, un maniaque de jeu et d'alcool en même temps que le plus effréné des casse-cou. »

— «Il n'avait qu'à se casser, en effet, non pas le cou, mais la jambe ou le bras, » interrompis-je. « Rien de tel comme une maladie grave ou comme un réel dangerpour résoudre ces insolubles problèmes. La vue d'une souffrance physique de ce que l'on aime abolit tout, quand on aime... j>

— « Cette fois vous avez deviné juste, » dit Laurens qui me regarda du regard de quelqu'un qui se demande si on le mystifie. Mais non. J'avais, par un simple hasard de logique, démêlé le sens général de l'aventure qu'il allait me raconter, sans prévoir la singularité exceptionnelle de

son anecdote. Il vit que j'ignorais tout du dénouement avec lequel il comptait un peu m'étonner. Car si les diplomates aiment à plaisanter les littérateurs, ils aiment davantage encore à les déconcerter par des documents inédits, et il continua :

— a Ce goût des sports dangereux avait pris, chez Rodier, la forme la plus naturelle dans un pays d'admirables chevaux comme celui-ci. Mauvais cavalier à son arrivée ici, puis moins mauvais, puis bon, puis excellent, il avait fini par ne plus vouloir que des bêtes difficiles, et il troquait sans cesse un cheval contre un autre, à la recherche des phénomènes, des coureurs et des sauteurs extraordinaires. Il avait acheté ainsi, d'un chef Bédouin, une jument blanche qu'il avait appelée Saïda, du nom de l'ancienne Sidon dont vous Voyez le cap là-bas à gauche, derrière les sables... C'était une bête de quatre ans, d'une robe merveilleuse, toute blanche avec une seule tache noire au poitrail, sur ce poil étincelant. Un peu courte, mais une souplesse, des actions, un feu incomparable. Quoiqu'elle fût, en temps ordinaire, douce comme un agneau et intelligente comme un être humain, elle avait, lorsqu'on l'excitait, des accès d'une folie presque indomptable qui avaient causé déjà deux malheurs. Elle avait tué deux de ses cavaliers, deux Arabes du Hauran, à quelques jours de distance, et, une superstition de fatalité s'at-

tachant à elle, Rodier l'avait eue pour un morceau de pain. Il en était lui-même comme fou! J'ai vu beaucoup de hardis monteurs d'animaux, ici et en Egypte, tant parmi les indigènes — quoique leur fantasia défie toutes les règles — que parmi les Français et parmi les Anglais. Je n'ai rien vu qui me donnât l'impression du périlleux tour de force comme ce gros Normand, montant cette Saïda.

Les naseaux de la fine bête palpitaient et s'injectaient de sang, quand elle le sentait en selle. Ses larges yeux humides dardaient un regard de fureur. Son sabot creusait le sable. Tout son poil blanc frémissait de fièvre. Un frisson secouait sa longue crinière et sa longue queue. Avec l'amulette de verre bleu attachée à son garrot à la manière arabe, elle semblait un animal de rêve, quelque fabuleuse et redoutable licorne, sur le point de partir, de voler plutôt vers un pays aussi fabuleux qu'elle-même, et ils partaient en effet, elle et son téméraire cavalier, et c'étaient des voltes fantastiques, des galops désordonnés, des sauts surtout; aujourd'hui une vraie rivière, demain une haie de cactus ou d'aioès, après-demain un rocher où se briser cent fois les os, jusqu'à ce qu'un soir, au cercle, causantde sa jumentavec le consul Anglais d'alors, qui avait la politesse d'en être jaloux, et tous deux un peu exaltés par le whiskey, Rodier paria — écoutez bien — qu'il franchirait avec cette bête une table chargée d'un dîner de douze couverts! »

— ce Et il a fait cela! Mais quel homme! »

m'écriai-je. Tout déploiement de courage, même extravagant, ne comporte-t-il pas je ne sais quelle poésie presque sauvage, et qui nous fascine, quoique nous en ayons ? Ce constructeur de voies ferrées que j'avais si fort plaisanté tout à l'heure m'apparaissait maintenant sous un jour de témérité qui me le rendait pour une minute aussi intéressant qu'un des personnages de la légende impériale, un héros des Mémoires de Marbot ou de Fezensac, sublime d'audace devant le danger.

Quand on a consumé dix ans de sa vie à tracer à la craie des x et des y sur un tableau noir, cette audace-là est encore plus saisissante, et j'ajoutai : or Vous étiez là quand il a sauté? Vousl'avez vu?... »

— « Patience! » dit Êlie avec un vague éclair de triomphe dans ses yeux. Il constatait son effet et il le filait, comme les banquiers au baccarat s'amusent à filer la carte qui les fait gagner, la découvrant aux pontes, pouce par pouce, ligne par ligne, afin de savourer l'émotion qu'ils leur infligent, ce Si habitués, » reprit-il, ce que nous fussions aux coups de tête de ce grand garçon énigmatique et déséquilibré, vous pensez bien que ce pari-là ne passa pas inaperçu. C'était un jeu à y rester, presque aussi certainement que s'il eût marché contre la gueule d'un canon chargé, la mèche une fois allumée. Dès le lendemain, j'en étais averti, Rodier ayant demandé quatre jours

pour s'entraîner. Je me donnai ma parole de tout faire pour prévenir cette absurdité. Je considérais cela comme un devoir professionnel. N'étais-je pas son consul? Et puis je le savais un homme de premier mérite, égaré momentanément par une souffrance, que je ne comprenais pas. Mais risquer de mourir ainsi ou de se rendre à jamais infirme pour un enfantillage de conscrit en goguette, c'était par trop misérable! Enfin, je vous l'ai dit tout à l'heure, j'avais mon idée sur ce ménage. Après avoir bien réfléchi, je pris mon chapeau et ma canne, et j'allai tout droit chez M me Rodier lui raconter ce pari fou, comme je l'ai raconté à vous-même et sans plus de commentaires. Je la verrai toujours m'écoutant, plus pâle, à mesure que je parlais, d'une émotion qui achevait de me convaincre qu'elle aimait du plus profond amour ce mari dont elle était si cruellement abandonnée. Elle ne me répondit rien d'abord. Puis, se levant, elle me demanda : « Voulez-vous m'attendre cinq « minutes, et m'accompagner cinq autres? » Le ton dont elle avait dit ces mots fit que je demeurai, pendant les quelques instants qu'elle passa hors de la chambre, dans une inquiétude inexprimable. Je venais de voir en elle, tout d'un coup, une créature poussée à bout et capable, de son côté, d'une folie égale à celle que je voulais à tout prix empêcher l'autre d'accomplir. Quand elle reparut, elle avait dans ses mains un des fusils

de son mari, une carabine que je connaissais pour m'en être servi moi-même à la chasse. Elle me dit: a Venez-vous?» et je la suivis. Je sentais qu'il ne fallait ni lui désobéir ni la quitter. Nous descendîmes l'escalier sans échanger une parole. Nous traversâmes le jardin pour gagner l'écurie. Je commençais à soupçonner son projet. Je pçnsai qu'elle allait me demander de tuer la bête. Et, ma foi, j'aurais obéi. Je n'avais deviné que la moitié de la scène qui se préparait et que j'ai là devant moi, comme si elle datait d'hier : Saïda dans sa stalle, la tête tournée du côté des arrivants, les oreilles dressées, frémissante, comme si elle eût compris le danger; et, froidement, implacablement, cette femme si fragile épaulant le fusil et visant, là, entre les deux yeux; et je continuais à me taire, paralysé d'anxiété, en sentant aussi qu'il fallait que cela fut... Le coup partit, l'animal poussa un cri d'agonie que j'entends encore, se cabra une seconde, et tomba comme une masse... »

— ce Et le mari? » demandai-je sans plus cacher mon émotion au narrateur, lui-même encore remué de l'étrange tragédie à laquelle le hasard l'avait mêlé comme témoin, presque comme acteur.

— oc Le mari? » répondit Laurens, 0: il se trouvait, au moment où avait lieu cette exécution, dans le jardin, à examiner quelque plantation nou-

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velle. Au bruit du coup de feu, il accourut. En le voyant entrer dans l'écurie, mon premier mouvement fut de me mettre devant ma compagne qui, son action faite, s'était appuyée contre le mur, une main sur son cœur, l'autre tenant toujours le fusil, à demi morte de ce qu'elle avait osé... Rodier regarda la jument morte, il me regarda, il regarda sa femme, et je vis, avec quelle stupeur, dans ce visage si sombre, deux larmes rouler, deux grosses et lourdes larmes. Je vous jure que je ne les oublierai jamais. Et m' écartant d'une main, comme je fais cette chaise, avec une force et une fougue que je ne peux pas plus vous décrire que les bonds de la pauvre Saïda, il se précipita vers sa femme en jetant ce cri : « Ah ! <c tu m'aimes! tu m'aimes! » et il l'emporta, évanouie, entre ses bras. Leur bonheur était sauvé. Le malentendu était brisé... Croirez-vous encore qu'il a lieu d'être jaloux de votre ami Laurens?... »

Londres. Juillet 1893.

A Quarante ans

A Quarante ans

sous avions passé cette après-midi . romancier Julien Dorsenne et n ! chez un de nos amis communs ( j'aurai assez désigné aux connaisseurs du Pi intellectuel, quand j'aurai dit que son cabinet travail, une vaste pièce revêtue de livres, avec hautes fenêtres sur des jardins, se transfoi chaque dimanche en un salon, où ne vienn d'ailleurs que des hommes. C'est le dernier ■ droit, je crois bien, où l'on cause idées. Def plus de quatorze ans que j'y fréquente, j'ai tendu, dans ce décor presque abstrait, Tourg niew parler de l'art du roman, avec sa belle fig large de bon géant russe; Ernest Renan expliq l'art de l'histoire en secouant son énorme vis;

éclairé par deux yeux bleus si fins; notre cher maître Taine esquisser le plan de son livre sur la Volonté; tandis que d'autres fois, un général, fameux par sa bravoure, analysait le mécanisme de la guerre moderne; ou que notre premier historien diplomatique résumait, en quelques phrases, la crise actuelle de l'Europe. Si la démocratie continue de monter, comme il est trop probable, — ou mieux, de nous abaisser, — ce coin d'un vieil hôtel du faubourg Saint-Germain d'où Ton voit luire au soleil le dôme des Invalides, aura été un des derniers asiles de la dernière aristocratie : celle de la culture. Mais le maître du lieu n'oflfre-t-il pas un exemplaire accompli de la noblesse intellectuelle, lui qui est tout ensemble un grand érudit et un grand lettré, après avoir été, à ses heures, un voyageur et un mondain? Le Monde, qui détruit les hommes de pensée quand il les absorbe, leur donne en revanche, lorsqu'ils ont su y passer, puis s'en passer, une liberté supérieure de jugement, et comme une élégance aisée de leurs facultés. C'est pour cela, sans doute, que la conversation, dans le rare cénacle dont je parle, déborde sans cesse la spécialité professionnelle. Les questions de sentiment y alternent de la manière la plus naturelle avec les questions d'esthétique et de science, de philosophie et de politique, surtout quand une santé trop délicate permet à l'exquis artiste, qui est le poète de ce groupe,

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d'assister à quelqu'une de ces réunions. Il était justement venu ce dimanche-là, un des premù du mois de mai 1887, et il nous avait enchant en parlant, comme il parle, de sa voix où tremt comme un écho de la musique étouffée de s vers. Une théorie, en apparence étrangère à tou application sentimentale, celle d'une école ne veïte sur l'emploi de la comparaison dans poésie, lut avait servi de prétexte à vanter la < vination merveilleuse des vieux Aèdes. IL av; soutenu cette thèse, que les plus subtiles nuanc de l'Ame moderne peuvent s'exprimer avec 1 mêmes images qui ont servi à ces poètes antiqu à traduire L'Ame primitive, tant ils ont su saisit fixer les rapports éternellement vrais du cce humain et de La nature.

— a ... N'y a-t-ÎI pas, » disait-il, a bien aut chose, par exemple, qu'une analogie arbitraire littéraire dans cette intuition par laquelle ces pi miers poètes ont tout de suite associé les âges ■ l'année aux saisons de La vie? Ne semblent-ils p avoir deviné d'instinct le mot subtil : le paysa est un état de l'âme?... Encore aujourd'hui, hr ginez-vous d'autres harmonies que celles qu'ils o célébrées? Celui qui aime une jeune fille rêve-tautour de ce frais visage, un autre horizon que c horizon de printemps évoqué par Virgile auto de ses Lycoris et de ses Amaryllis, — ■ &Çunc ft mosissimus annus... C'est maintenant que tannée .

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en beauté... Et celui qui sent vieillir un être qui lui fut cher, l'homme qui éprouve auprès d'une femme de quarante ans un de ces attendrissements douloureux où la pitié se mélange à la volupté, celui-là n'évoque-t-il pas nécessairement autour de cette beauté finissante les mélancolies de Tannée finissante aussi : les ramures jaunies, le vaste silence des bois touchés par l'automne, les agonies du soleil derrière des taillis à demi dénudés ? Pourquoi, sinon pour le même motif qui faisait dire à Simonide après Homère, queles générations humaines ressemblent au feuillage des arbres?... Vous ne changerez pas plus cela que vous ne changerez le mystérieux rapport qui unit à Tété la trentième année avec ses maturités épanouies, au froid hiver la sérénité glacée de la vieillesse- Si vous avez eu le bonheur, petit enfant, d'avoir une aïeule sous la main de laquelle poser votre tête bouclée, n'est-ce pas dans un jour clair de janvier que vous l'évoquez toujours, et la maîtresse de trente ans qui vous a paru la plus'belle, par une aprèsmidi du mois de juin ou de juillet lumineuse comme le plein et chaud souvenir que vous gardez d'elle?... »

— « Je l'ai laissé parler, » me dit Dorsenne, lorsque nous nous retrouvâmes seuls sur le trottoir de la rue, quelques minutes après avoir écouté te couplet dont j'ai très imparfaitement rendu la

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