‹ Récréations grammaticales et littérairesChapitre 20 sur 25 · I. Revue chrétienne du i er juillet · texte numérisé non relu

I. Revue chrétienne du i er juillet

a. L'Institut de France, i« novembre [8û5.

Faillir et Falloir.

(V. page 20.)

Faillir et falloir sont originairement le même verbe. L'analyse identifie et leurs formes et leur sens. L'identité était plus apparente jadis, quand on conjuguait régulièrement/mV/zr et qu'on disait : « 11 faudra dix pistoles », pour: Il manquera ; — « Le cœur me faut » ; — « Au bout de l'aune faut le drap. » Mais déjà ces formes étaient archaïques aux yeux de Ménage, qui dit seulement qu'elles « ne sont pas une faute ». Donc, l'usage prévalait, dès le xvne siècle, de conjuguer défaillir, tressaillir, assaillir, comme fera Sully Prudhomme dans ce vers :

Et c'est elle à présent qui défaille à son tour.

Vaugelas, croyant voir une contradiction entre la raison et l'usage dans l'emploi de falloir où il faudrait faillir, conclut, selon sa doctrine, pour l'usage contre la raison : « La raison voudroit que Ton dist peu s'en est failli; car il est certain qu'en ce terme peu s'en est fallu, fallu ne veut dire autre chose que mangue1... » Mais, faillir et falloir étant le même verbe, il n'y a point de contradiction.

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