LES JEUX DE DEMOISELLES
LES Grecs se plaisaient à donner à presque tous les jeux des jeunes filles une forme orchcstrique. Quand une fête s'approchait, ne fallait-il pas préparer les cérémonies, répéter les chants, s'instruire dans les évolutions du chœur? Les fêtes étaient nombreuses par toute la Grèce et les choeurs d'une diversité intinie. Leurs jeux devaient donc refléter leurs occupations préférées. Tantôt, elles se tiennent toutes par la main et l'une d'elles conduit le chœur qu'elle enroule et déroule à son gré, comme la jeune Orithie d'Apollonius aux bords de l'Ilissus. Tantôt, une ronde se forme, un collier, tel que nous le décrit Lucien. Les jeunes garçons alternent avec les jeunes filles; tous se tiennent par la main et forment ainsi un collier, les jeunes garçons donnant à leur danse une allure martiale, les jeunes filles affectant une tenue modeste et décente. C'est ainsi que l'on pourrait considérer comme des jeux de jeunes filles la plupart des danses qui nous sont décrites par les auteurs anciens (Les Jeux des Anciens, p. 35).
Les rondes enfantines, les colliers ou rondes alternées, les promenades des jeunes filles par deux ou par trois donnent lieu E. LvcAS. — Récréations mathém. y 11. ii
i62 Sixième récréation.
à un certain nombre de problèmes nouveaux et intéressants qui se rapportent à la théorie des combinaisons. Parmi les diverses méthodes qui nous ont été indiquées, nous exposerons, de préférence, les solutions simples et ingénieuses de M. Walecki, professeur de Mathématiques spéciales au lycée Gondorcet.