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LA MACHINE DE SCHEUTZ

On doit à Georges Scheutz, éditeur d'un journal technologique à Stockholm, et à son fils Edouard Scheutz, la réalisation du

Le calcul et les machines à calculer, j'S

rêve de Babbage. Soutenus par les encouragements de l'Académie des Sciences de Stockholm et du roi de Suède, ils ont construit une machine merveilleuse qui a été admise à TExpocition universelle de Paris, en i855, et admirée par Babbage lui-même. Cette machine a été achetée par un riche négociant des États- Unis, M, Rathbone, et offerte par lui à Tobservatoire Dudley, d'Albany. Un autre exemplaire a été construit pour le gouvernement anglais et sert à faciliter les calculs du Nautical Almanac,

Elle a la forme d'un petit piano, et le fonctionnement n'en est pas plus compliqué que celui d'un orgue de Barbarie. Elle permet d'obtenir à chaque tour de manivelle les termes successifs des progressions arithmétiques non seulement du premier ordre, mais aussi du deuxième, du troisième et même du quatrième. Bien plus, les résultats sont imprimés en creux sur des lames de plomb, et Ton en fait des clichés en relief que Ton peut immédiatement livrer à l'imprimeur pour le tirage. C'est ainsi que Ton a pu éditer des tables de logarithmes, de sinus et de logarithmessinus ne contenant aucune erreur arithmétique ou typographique. La machine calcule et stéréotype à l'heure 1 20 lignes prêtes à être mises sous presse. Des essais comparatifs ont prouvé que la machine produit deux pages et demie de chiffres dans le temps qu'il faut à un bon compositeur pour assembler les caractères d'une seule page. — Nous voici donc bien loin des tables stéréotypées de Callet, éditées par Firmin Didot vers la fin du xviii® siècle !

Vous pourriez croire qu'après tant d'efforts, après tant de difficultés vaincues, l'esprit de l'arithméticien se reposerait pour contempler son œuvre !

74 Deuxième récréation.

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