‹ Récréations philologiques; ou, Recueil de notes pour servir à l'histoire des mots de la langue françaiseChapitre 100 sur 259 · PICARDS ONT LA TÊTE CHAUDE · texte numérisé non relu

PICARDS ONT LA TÊTE CHAUDE

Adrien de Valois semble avoir mieux rencontré. Mais ici je laisserai parler un de nos correspondans , M. E. ftl..., de Nancy :

« M. de Valois, dans sa Notice des Gaules, donne la raison de cette dénomination. Après avoir rejeté l'opinion du président Fauchet, parce que ce sont les Flamands qui ont ramené l'usage des piques ^ il ajoute : « Le vin ou la moindre contestation excite leur colère : » s'irriter ainsi sans motif s'appelle, dans notre langue, » se piquer, et une querelle s'appelle une pique. Les » habilans de cette partie du Belgium, ayant donc l'ha- » bitude de s'enflammer sur-le-champ et sans motif, » ont été nommés par plaisanterie Picards^ et le pays » qu'ils habitent, Picardie. » — Cette explication nous paraît satisfaisante. »

Et à moi aussi. J'y ajouterai quelques mots. Si les Picards avaient dû tirer leur nom des piques militaires, on les eût appelés Piquicrs cl non Picards, attendu que cette terminaison ard désigne non-seulement une habitude, mais une habitude qu'on blâme. Figaro à Antonio : « (lombien le faut-il, pleurard, pour » la giroflée? » De même criard, bavard^ musard, paillard, etc.

Le proverbe reproche aux Picards d'avoir la tète chaude; c'est ce que signifie leur nom : c'était un sobriquet injurieux. — « Icelui Pertatditau suppliant : » Comment, sanglant Picard banny, avoies tu paour (jue » je ne te pousse payer?... A quoi eust respondu ledit » suppliant : Je fte sids pas Picart, car je sueffre bien

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