‹ Récréations philologiques; ou, Recueil de notes pour servir à l'histoire des mots de la langue françaiseChapitre 108 sur 259 · MAUVIS, MAUVIETTES · texte numérisé non relu

MAUVIS, MAUVIETTES

de démêler les deux courants aujourd'hui confondus dans un fleuve unique et majestueux, et de chercher à reconnaître les flots envoyés de l'une ou de l'autre source.

J'ose avancer que tant qu'on n'aura pas en main des principes sûrs pour opérer cette séparation , l'histoire de la langue française ne pourra être qu'imparfaitement connue.

I Mauvis et Mauviettes. — Il est venu deux réclamations sur ce que j'ai traduit mauvis par grive, dans ce vers de Gérard de Viane :

L'orious cbaate et li mauvis s'escrie.

On me dit que mauvis est une alouette , et l'on m'allègue en preuve une foule d'autorités contemporaines. Tous les éditeurs de textes du moyen âge qui ont rencontré ce mot sont unanimes à le traduire par alouette. Je le savais et n'en [)ersiste pas moins à croire que le mauvis, si fréquemment cité dans nos vieux poiHes, est une grive.

Du Cange, au mot Malvicius, évidemment calqué sur le français malvis (mauvais visage, mauvaise mine), ne se prononce pas , ne donne aucun équivalent moderne du vieux nom, mais il cite doux textes dont la traduction peut éclaircir celle diflicullé : « Garin de Gri- » beaUval, écuyer, ayant confié à Pierre Heuvin, save- » lier, deux oiseaux nommés efn français mauvis,

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