GRIVES PARLANTES
» lesquels, pour l'amusement de leur propriétaire, ledit » Heuvin devait dresser à parler et babiller comnie font » les oiseaux de cette espèce... » [Lettres de rémiss. de 1348.)
On n'a jamais ouï dire que des alouettes eussent appris à parler, mais oui bien des grives. « Quelques » auteurs anciens ont écrit que les grives apprenaient » autrefois à parler; mais, quant à présent, elles ont » cessé, ou bien l'on a perdu l'usage de les enseigner. » (Trévoux.)
L'acte cité plus haqt montre que cet art était encore bien connu en France au xiv' siècle [loqui ut faciunt aves hujus modi), et il dit que la fille du savetier Heuvin , qui avait entrepris l'éducation oratoire des mauvis de l'écuyer Gribeauval, y était particulièrement experte. L'antiquité nous paraîtrait moins fabuleuse si nous connaissions bien le moyen âge.
Voici l'autre texte : « L'an de grâce lZi08, l'biver * fut si rude que presque tous les oiseaux du genre des » mauvis et des merles tombèrent morts de froid et de !) faim. » [Chronique d'Otterbounie.)
Le rapprochement des mauvis et des merles dans ce passage est presque aussi clair que dans le proverbe : « Faute de grives on prend des merles. »
Le Ménagier de Paris fait le même rapprocheiment : « Item, en la fin dudit mois de septembre... l'on
peut voler... aux merles, aux mauvis. » (Tome II, [page 311.)
La grammaire de Palsgrave (pages 280 et 281) rend